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Culture / Culture

Conférence sur la vie et les combats de l’académicienne Assia Djebar

Le fabuleux destin d’une “immortelle” !

Assia Djebar est décédée le 6 février 2015. ©D. R.

Le chercheur et universitaire Mohamed-Cherif Aghbalou a animé mardi, à la maison de la culture de Bouira, une conférence autour de la vie de l’écrivaine. Il est revenu également sur ses engagements pendant et après la guerre de Libération nationale.

La salle de conférences de la maison de la culture Ali-Zaâmoum de Bouira a abrité, dans l’après-midi d’avant-hier, une conférence autour d’une des figures emblématiques de la littérature algérienne, feue Fatma-Zohra Imalayene, plus connue sous le pseudonyme littéraire d’Assia Djebar. Animée par le chercheur et universitaire Mohamed-Cherif Aghbalou, ce dernier a préféré axer son intervention sur la vie de cette écrivaine et historienne, et surtout ses engagements pendant et après la guerre de Libération nationale. Cette native de la ville de Cherchell, soulignera Aghbalou, a “bousculé l’ordre établi en étant la femme qui ose”, a-t-il indiqué d’emblée. Pour cet enseignant à l’université d’Alger, Assia Djebar est l’exemple type de la femme Algérienne, dans ses dimensions plurielles. “Avant d’être l’historienne et écrivaine qu’elle était, Assia Djebar fut une jeune fille émancipée, curieuse de tout et surtout portant des idéaux de liberté et des valeurs propres à la femme algérienne”, fera savoir l’orateur. Pour lui, sa témérité et son audace ont été extériorisée à la fleur de l’âge par la publication de son premier roman, La Soif, en 1957, alors que l’Algérie entière fut ravagée par les affres de la guerre. “Son premier ouvrage contenait des signes et des indices de ce qu’elle allait devenir : une femme qui respirait la liberté et réprouvait toute forme d’injustice. Elle avait la soif de vivre et la rage de vaincre toute forme de répression”, insistera Mohamed-Cherif Aghbalou. Il dira également qu’Assia Djebar, l’étudiante qui a répondu déjà en 1956 à l’appel à la grève de la révolution, a été une “incomprise” à ses débuts. “Une œuvre littéraire peut véhiculer plusieurs sens et comprise de différentes manières”, indiquera le conférencier, en évoquant le “malaise” généré par La Soif. Néanmoins, précise-t-il, en rejoignant le maquis après son premier mariage, elle réalisera une série de reportages sur les affres subies par les Algériens dans les camps de réfugiés, publiée en quatre parties pendant la Révolution et rééditée après l’indépendance sous le titre générique de Carnet d’une maquisarde. “
À travers ces écrits, elle réussit à témoigner des affres de la guerre et gagner l’opinion publique. C’était une héroïne des temps modernes !”, a-t-il soutenu. Et de poursuivre, en affirmant s’il faillit encore le démontrer que Assia Djebar a opté très tôt pour la cause de son peuple et s’est débarrassée sans rechigner de ses rêves de jeune fille qu’elle pouvait aisément exhausser. Les changements dans la vie d’Assia Djebar, où plutôt sa consolidation se lit aisément à travers ses œuvres qui prennent source de sa patrie et se diffusent à travers le monde et le temps. Par la suite, ce chercheur nous apprendra que l’auteure des Enfants du nouveau monde, étudia à partir de 1959 et enseigna l’histoire moderne et contemporaine du Maghreb à la Faculté des lettres de Rabat (Maroc). En 1962, l’année de l’indépendance, elle retourna en Algérie où elle enseigna l’histoire et la philosophie à l’Université d’Alger jusqu’en 1965 avant de retourner vivre en France, car l’enseignement de ces deux matières se fit, à partir de cette date, en langue arabe.
Entre 1974 et 1980, elle enseigna de nouveau la littérature française et le cinéma à l’Université d’Alger. De 1983 à 1989, elle fut choisie par Pierre Bérégovoy, ministre français des Affaires sociales, comme représentante de l’émigration algérienne pour siéger au Conseil d’administration du FAS (Fonds d’action sociale). Ultime concertation pour cette grande dame de la littérature algérienne, le jour où elle devînt “immortelle”, le16 juin 2005, où elle fut élue au fauteuil 5 de l’Académie française. Là encore raconte Mohand-Cherif Aghbalou, et signe de son attachement à ses racines, elle fera un pied de nez aux académiciens, en arborant fièrement une épée taillée forgée par ses ancêtres. Le 6 février 2015, elle rendra l’âme à Paris, laissant derrière elle plusieurs dizaines d’ouvrages qui marqueront à jamais la littérature universelle.  

Ramdane Bourahla


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