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Culture / Culture

Ouverture du 11e Festival International d’Oran du Film Arabe

Le Fiofa peine à trouver sa place !

Les membres du jury long métrage lors de l’ouverture. © D.R.

Cette édition qui se déroule jusqu’au 31 juillet a été inaugurée dans la soirée de mercredi à la salle Maghreb. Malgré la présence d’une pléiade d’artistes algériens et étrangers, ce festival qui en est à sa onzième année n’a jamais réussi à trouver sa place dans le cœur des Oranais et dans le paysage cinématographique arabe.

La 11e édition du Festival international d’Oran du film arabe (Fiofa) a été officiellement lancée dans la soirée de mercredi dernier par Ali Ardjane, chef de cabinet du ministre de la Culture, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée au cinéma Maghreb, en présence d’un parterre de figures du cinéma algérien et arabe. Dans son discours de circonstance, lu au nom du ministre de la Culture, Ali Ardjane a notamment souligné “l’importance” de cette manifestation culturelle devenue, selon lui, “un rendez-vous incontournable pour les professionnels du 7e art arabe”, et réaffirmé la volonté des autorités algériennes de continuer à soutenir le Fiofa.
Parmi les vedettes du 7e art algérien et arabe qui ont traversé le tapis rouge, déroulé sur une partie de la rue Larbi-Ben-M’hidi, le public a pu reconnaître et applaudir Salah Aougrout, Hassan Kachach ou encore Hacène Benzerari, les Égyptiens Mohamed Henidi ou encore Afaf Chouaïb. Après la présentation des 38 films en compétition, dans les catégories longs métrages, courts métrages et documentaires, et les membres composant les trois jurys devant décerner les Wihr (prix récompensant les meilleures œuvres) à la fin du festival, des hommages ont été rendus aux figures du cinéma algérien et arabe. Farouk Beloufa, auteur algérien du film Nahla (1979), décédé il y a quelques mois, a ainsi été honoré en présence de son frère. Un hommage a également été rendu à la légende du cinéma égyptien Chadia, de son vrai nom Fatima Kamel Chaker, disparue en 2017 après une carrière riche de plus de 100 films. D’autres cinéastes ont par ailleurs été honorés au cours de la cérémonie, à l’image de l’acteur égyptien Mohamed Henidi, comédien connu des grands et petits écrans, son compatriote Khaled Youcef, ancien collaborateur du célèbre Youcef Chahine, et réalisateur du film Karma, sorti cette année. Un vibrant hommage a également été rendu aux représentants du cinéma syrien qui, malgré l’horreur de la guerre, continuent de lutter pour des lendemains meilleurs. Dix longs métrages, 14 courts métrages et 14 films documentaires de 12 pays (Algérie, Maroc, Tunisie, Égypte, Syrie, Émirats arabes unis, Irak, Liban, Palestine, Bahrein, Libye, Arabie Saoudite) sont en compétition dans ce 11e Fiofa.
L’Algérie sera représentée par deux longs métrages Nous n’étions pas des héros de Nasreddine Guenifi, et Jusqu’à la fin des temps de Yasmine Chouikh ; deux courts El-werka el-beida de Mohamed Najib Lamraoui et Champ de bataille d’Anouar Smaïn ; cinq films documentaires Sur les traces des camps de regroupements de Saïd Oulmi, La bataille d’Alger, un film dans l’histoire de Malek Bensmaïl, Souvenir dans un exil de Mokhtar Karboua, Des moutons et des hommes de Karim Sayad et Il était une fois le film La bataille d’Alger de Salim Aggar. La clôture est prévue le 31 juillet au théâtre de verdure Chekroune-Hasni.

Fiofa : les raisons d’une déconvenue
Onze ans après le lancement en grande pompe du Festival international du film arabe, qui allait devenir le Festival international d’Oran du film arabe, les Oranais continuent de s’interroger sur la nature de la manifestation culturelle dont les préparatifs bouleversaient, chaque année, tel ou tel quartier. Le 11e festival qui a été lancé mercredi n’a pas dérogé à la règle, et le remue-ménage qui s’est installé dans le voisinage de la salle de cinéma Maghreb quelques heures avant le déroulement de la cérémonie d’ouverture officielle n’a pas été sans susciter la curiosité des passants. “Que se passe-t-il ? On organise un salon, un gala musical ?”, demandaient les passants et les automobilistes sans se douter qu’il s’agissait d’une manifestation cinématographique censée être connue dans le monde arabe et devant mettre l’Algérie sur le devant de la scène culturelle régionale. Onze ans après son inauguration dans le luxe de l’hôtel Sheraton, en présence de vedettes de cinéma algériennes et arabes, le désormais Fiofa n’a jamais réussi à trouver sa place dans le cœur des Oranais et dans le paysage cinématographique arabe. La raison première en est, sans doute que sa création en 2007 n’avait pas pour objectif de relancer le secteur du cinéma en Algérie, comme le soutenaient le premier commissaire Hamraoui Habib Chawki et ses successeurs, et l’ancienne ministre de la Culture Khalida Toumi et ses remplaçants.
À l’évidence, le festival a été fondé sur une lubie présidentielle qui voulait que l’Algérie dispose d’une manifestation culturelle d’envergure internationale (à porter au crédit de Abdelaziz Bouteflika) quand bien même son propre cinéma serait à l’agonie, que ses centaines de salles de spectacles tomberaient en ruine et que ses artistes demanderaient une réhabilitation qui ne venait pas. Lors du lancement de la première édition, HHC avait assuré que le festival serait “le déclic qui va permettre au cinéma algérien de revenir au premier rang”, tandis que d’autres responsables officiels promettaient que la manifestation culturelle allait ouvrir la voie à des changements qui hisseraient Oran au rang de capitale du cinéma dans le bassin méditerranéen. Rien que ça. Plus de dix ans, deux ministres de la Culture (Nadia Labidi et Azzedine Mihoubi) et trois commissaires (Mustapha Orif, Rabéa Moussaoui et Brahim Seddiki), rien n’aura changé pour le cinéma algérien ni pour la ville d’Oran dont aucune salle de cinéma n’a été réhabilitée. “Le festival a été créé pour de mauvaises raisons. On aurait d’abord restauré les salles de spectacle, amélioré la condition de l’artiste et mis en branle des mécanismes pour la relance du cinéma national, le pari aurait peut-être été réussi. Mais tout le monde sait que la survenue du Fiofa répondait d’abord à des considérations de prestige”, ont déploré de nombreux artistes à chaque édition. Alors que la raison veut que le festival ait gagné en maturité en termes d’organisation, à défaut d’avoir amélioré la situation du cinéma algérien, force est de constater que les mêmes carences et les mêmes insuffisances continuent de ternir le festival.
Parmi ces lacunes, le manque d’information et l’absence de l’affichage à travers la ville qui n’ont pas permis aux Oranais d’être au courant de la tenue du festival, le non-respect de l’horaire de la cérémonie d’ouverture officielle, l’absence de Azzeddine Mihoubi qui a délégué un de ses collaborateurs, la prestation convenue des acteurs choisis pour animer une cérémonie marquée par quelques approximations, insuffisances qui, en toute logique et en dépit des efforts consentis par le commissariat, ne devraient pas subsister dans une manifestation culturelle déjà vieille de onze ans.


Samir Ould Ali

 


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