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A LA UNE / Culture

Cinémathèque d’Alger : douloureuses évocations d’anciens détenus des camps

Le journaliste Abane Meziane, lauréat du prix Abdelhamid-Benzine

Comme au temps béni des débats à bâtons rompus d’un ciné-club où les adeptes du septième art faisaient escale au musée du cinéma, la Cinémathèque d’Alger a recouvré durant l’après-midi du samedi 3 mars, son enseigne de relais des cinéphiles ! C’est à l’association Les amis d’Abdelhamid Benzine à qui l’on doit l’éveil de l’écran magique d’Alger, lors d’une séance-souvenirs, où l’évocation de l’homme par d’anciens détenus rescapés des honteux camps de la mort, à permis de guider nos jeunes sur la passerelle-mémoire qui s’ouvre sur l’itinéraire de l’enfant de Béni-Ourtilane et le journaliste d’Alger républicain.
Et à mesure que se dévidait le fil mémoriel, d’autres ombres s’esquissaient au fil d’émouvants récits de rescapés de camps d’internements militaires “Morand” à K’sar El Boukhari, dont celles de Mustapha Khalef et Maâmar Senouci, victimes d’une “corvée de bois”. Avec tant d’apitoyantes “dépositions” à la charge de l’envahisseur, il a fallu arrêter, la mort dans l’âme, la succession des témoignages, eu égard à l’implacable timing inhérent à la feuille de route de l’octroi du prix du journaliste Abdelhamid-Benzine au titre du quinzième anniversaire de la disparition de l’auteur du  livre-témoin Le camp (1961).
À ce titre, notre confrère Abane Meziane du journal El Watan a été auréolé  du Prix Abdelhamid-Benzine pour son article “Parti en Syrie combattre Daech” (in El Watan du 17 novembre 2017) et pour son apport à la noble profession qu’est le journalisme.
“Recevoir le prix Abdelhamid-Benzine est d’abord un grand honneur pour moi, eu égard à la stature du révolutionnaire, du journaliste et du communiste qu’il était et dont on ne parle pas. Notamment de ceux qui ont contribué à l’indépendance de l’Algérie, dont Maurice Audin ainsi que Pierre Chaulet, son épouse Claudine née Guillot et Bachir Hadj Ali. Pour ce qui est de l’article primé, le lauréat a déclaré : “C’est un Algérien qui a fait le choix d’aller en Syrie combattre aux côtés de l’armée syrienne contre Daech !”
Pour une première c’en est une, du fait que l’article du lauréat s’oppose ainsi aux dépêches écrites à coups de balles par des médias étrangers, où l’on a tendance à glorifier de prétendus Algériens qui s’enrôlent dans le camp de Daech.
Et ce qui a trait à la mémoire continue, avec la projection du film long métrage d’une heure et 55 minutes Nous n’étions pas des héros, de Nasredine Guenifi, où le comédien Ahmed Rezzak incarne feu Abdelhamid Benzine qui relate d’un bout de crayon et à la lueur d’un bout de chandelle, sa détention et le sort de ses compagnons de lutte à Lambèse puis au camp de Morand, où sévissait le capitaine Samary (Amirouche Ahmed) avec l’horreur de la “question” que pratiquaient les légionnaires d’obédience nazie. Ne devaient-ils pas être jugés pour leur cruauté à Nuremberg ?… : “Si je raconte aujourd’hui par le détail ce que nous avons souffert dans cet enfer de Boghari, ce n’est pas pour mettre en relief nos propres souffrances, mais pour souligner la conduite des colonialistes français… À Boghari, nous étions insultés, écrasés, humiliés, rien ne manqua, pas même la folie, pas même l’assassinat. L’homme valait moins qu’un chien. Oh non, nous ne valions pas même un chien, selon le caporal K…” (Le camp, préfacé par Sadek Hadjeres à la réédition de 1986). Autant dire qu’il était difficile de retenir ses larmes à la fin du film qui fut suivie d’une standing ovation pour ce peuple de héros. Pour rappel, le film à été produit par l’Agence algérienne pour le rayonnement cultuel (AARC) à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance. Certes, il y eut des larmes mais aussi de la joie au cours d’un après-midi où le cinéphile s’est réconcilié avec la fréquentation d’une salle de cinéma et c’est bien.

Louhal Nourreddine


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