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Culture / Culture

REDOUANE AOUAMEUR, FONDATEUR DU GROUPE “LELAHELL”

“Le metal n’est pas une musique nouvelle en Algérie”

©D. R.

Dans cet entretien, le fondateur de la formation s’illustrant dans le “death metal” revient sur la création et le parcours du groupe, ainsi que sur le premier album, sur les tournées et sur les difficultés de se produire en Algérie lorsqu’on pratique ce style de musique.

Liberté : Comment est né le groupe Lelahell ?
Redouane Aouameur :
J’ai créé le groupe en 2010. Au début, c’était un one man band (un groupe avec une seule personne), parce qu’à l’époque, l’ancienne génération de métalleux ne pratiquait presque plus cette musique, et la nouvelle n’était pas assez mature. Je me suis retrouvé tout seul et je me suis mis à la guitare, avant, je jouais à la basse. Ensuite, j’ai fait un EP (mini album), et après avoir fini l’enregistrement, j’ai été contacté par un batteur qui s’appelle Lemir, c’est d’ailleurs lui le batteur de Lelahell. Lemir a contacté son ami Rafik, qui a rejoint le groupe en tant que bassiste. En 2012, on est devenu un trio. Notre EP intitulé Al Intihar est sorti en Pologne chez le label Goressimo Records. On a fait des concerts en 2013, et la même année, on a entamé une tournée qu’on a appelée Al Intihar Tour. En 2014, on a enregistré un album qui est sorti aux États-Unis et on a fait une tournée européenne juste après.

L’album en question sorti l’an dernier s’intitule “Al Insane… The (Re) birth of Abderrahmane”. Pourriez-nous parler de l’univers de ce disque ?
On chante en arabe, en anglais et en français. Et dans nos textes, on parle de tout : du vécu, des expériences personnelles, de sujets philosophiques parfois… C’est très vaste en fait. Concernant la musique, nous l’avons nous-mêmes composée, nous avons également écrit les textes et réalisé les arrangements. Il y a une petite touche algérienne mais très subtile, parce que notre but ce n’est pas de faire de la fusion ou d’algérianiser notre musique. On joue un style pas très basé sur les mélodies mais sur les rythmiques, et si on met trop de mélodies, le style peut perdre son identité. Il y a, certes, des gens dans le métal qui sont très mélodiques, qui fusionnent des musiques traditionnelles, mais notre style de métal c’est le death metal.

Comment présenter le death metal ?
C’est un style qui est apparu vers la deuxième moitié des années 1980 aux États-Unis. La voix est caverneuse dans le chant, les rythmes de batterie sont très rapides, et la guitare à un gros son avec beaucoup de distorsions. En fait, c’est basé sur le rythme, des rythmes très speed avec la double grosse caisse.

Le metal c’est un mouvement, un état d’esprit, d’après vous qui en êtes imprégné, c’est quoi un métalleux algérien ?
Le principe de base c’est écouter et aimer le metal. Après, c’est très vaste. C’est une certaine liberté, c’est une liberté d’expression. On recherche peut-être une certaine originalité.
Pour moi, ça me permet de m’évader, de m’exprimer d’une autre façon, et quand on monte sur scène, c’est comme une pièce de théâtre. Quand on monte sur scène, on se donne à fond, on a une façon de bouger, une façon de nous exprimer avec le public.

Le public existe, c’est indéniable, mais est-ce qu’il y a de la demande de la part des organisateurs de spectacles ?
Le mouvement metal en Algérie existe mais malheureusement il a été déraciné, parce qu’avant il y avait plein de groupes, il y avait des endroits où jouer, mais maintenant, quand un groupe de metal se forme en Algérie, il n’a pas où se produire ; quand il va faire la tournée des organismes culturels, on lui dit : “On vous rappellera”.
Malheureusement, il n’y a ni de petites salles privées ni d’espaces d’expression, donc on est obligés de passer par le circuit officiel, or le circuit officiel nous tourne le dos. Pourtant, le metal n’est pas une musique nouvelle en Algérie, il a deux décennies d’existence.

Pourquoi cette réticence aujourd’hui ?
Des mauvaises idées sur le style, parce que ça reflète une certaine image occidentale, donc ça passe mal, c’est mal compris. Il y a une marginalisation du style.

Lelahell est le nom d’un festival que vous avez créé à Alger au début des années 2000…
Je me suis inspiré du nom du festival pour le nom du groupe. C’est un festival qui a eu lieu cinq fois à Alger (de 2002 à 2006), et c’était le seul festival de metal à l’époque. Pour l’instant, j’ai arrêté parce qu’il y a trop de difficultés pour réussir un festival comme il se doit. En même temps, je préfère me concentrer sur mon groupe pour l’instant, parce que ça prend beaucoup d’énergie d’organiser, mais peut-être que le festival reprendra plus tard.
Déjà, il faut commencer par restructurer la scène locale, essayer de reconquérir le public algérien pas qu’algérois, et lui montrer que le metal est une musique qui peut être algérienne.
À l’époque de litham, c’était beaucoup plus facile, on a joué dans presque toutes les salles de l’Algérois, mais aujourd’hui, c’est compliqué.

Malgré cet état de fait, il y a tout de même des groupes qui se créent ?
Il y a des groupes qui se créent mais c’est éphémère parce qu’il n’y a pas où s’exprimer.
Maintenant, ils ont la chance d’avoir le net et d’enregistrer, ils peuvent se débrouiller avec leur ordinateur pour exister (pas pour faire des enregistrements professionnels), ce n’était pas comme ça avant, où il fallait aller en studio.
Ils peuvent exister à travers le net mais un groupe qui ne fait pas de live ce n’est pas un groupe, c’est un groupe qui va exister pendant trois-quatre ans, c’est tout.

Vous tournez beaucoup à l’étranger, comment votre musique est-elle accueillie par le public ?
Très bien accueillie ! Ça reste du death metal, mais la petite touche locale a été bien reçue.
C’est une inspiration, ce n’est pas de la fusion, et je pense que c’est qui a fait que le public à l’étranger ait aimé, parce que si on avait fait trop de musique algérienne ça n’aurait peut-être pas sonné metal. On l’avait fait à l’époque avec le groupe Litham, ça marchait super bien ici, mais à l’étranger un peu moins. En tout cas, pour le deuxième album qu’on prépare actuellement, on va peut-être mettre un peu plus de mélodies mais en respectant les normes.

http://www.facebook.com/Lelahell
http://www.myspace.com/lelahellband
http://www.youtube.com/Lelahellband

Présentation de Lelahell
Lelahell (avec un seul L, est un ange du zodiaque qui agit sur l’amour et l’art), c’est un groupe de metal (de death metal) algérien, créé en 2010 par Redouane Aouameur, qui avait auparavant déjà fait partie de formations s’illustrant dans le metal (Neanderthalia, Litham, Carnavage, Devast). En Janvier 2012, le one man band devient un trio, et l’EP (mini album) de Lelahell sort en août 2012. L’année suivante (en mars 2013), le groupe se produit en France dans un festival et laisse une bonne impression auprès du public, puis entame une tournée européenne qui le mènera, en plus de la France, en République Tchèque et en Slovaquie. Le premier album (pas encore disponible en Algérie), composé de dix titres et intitulé Al Insane…The (Re) birth of Abderrahmane, sort en août 2014 aux États-Unis. À la fin de cette même année, en décembre, Lelahell entame une autre tournée. Malgré le succès critique et public sur le plan international, la formation peine malheureusement à trouver des espaces pour se produire en Algérie. Redouane Aouameur espère que, d’ici la fin de l’année, son groupe pourra (enfin) faire des scènes en Algérie.

S. K.


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