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Culture / Culture

“Six ans au maquis” de Yamina Cherrad Bennaceur

Le parcours d’exception d’une infirmière

© D.R.

Ancienne infirmière dans la région historique II, Yamina Cherrad Bennaceur rend hommage dans cet ouvrage à “ces femmes anonymes qui ont été violentées, torturées, violées par des soldats (…). À toutes celles qui ont beaucoup perdu, de leurs modestes biens jusqu’aux êtres les plus chers”.

Pour que nul n’oublie, cette ancienne infirmière ayant bien connu les maquis de la région historique II vient de publier ses mémoires aux éditions El-Kalima. Six ans au maquis se veut “un hommage à ces femmes anonymes qui ont été violentées, torturées, violées par des soldats qui, par jeu cruel, ouvraient le ventre de celles qui portaient un enfant pour parier sur le sexe du fœtus”, a écrit Yamina Cherrad Bennaceur. Tout en précisant : “À celles qui, pour protéger les djounoud, lors de l’encerclement de l’ennemi, étouffaient leurs enfants pour éviter le moindre bruit, à celles qui ont été emprisonnées, souvent traînées au bout d’une corde attachée à leurs bestiaux (…), à toutes ces femmes qui ont beaucoup perdu, de leurs modestes biens jusqu’aux êtres les plus chers”.
Dans Six ans au maquis, l’autrice relate le courage, la détermination et les sacrifices des femmes durant la guerre de Libération nationale. Porteuses de couffins, de bombes, ou infirmières, les moudjahidate ont donné de leur chair pour la libération du pays, et ce, en se battant aux côtés de leurs “frères” au détriment de leur vie. À travers ce récit, Cherrad revient notamment sur une autre catégorie de femmes que l’histoire a souvent oublié de citer, il s’agit du dévouement des campagnardes, celles qui logeaient, lavaient le linge, nourrissaient et “protégeaient” les moudjahidine face à l’ennemi. Ce dernier qui violait, torturait, tuait ces femmes pour obtenir des informations, mais en vain, car elles préféraient mourir que de trahir.
Ce récit poignant est un hymne à la femme courage, à ces jeunes filles de 15-20 ans, ayant quitté le cocon familial pour défendre leurs idéaux. À travers les 200 pages de l’ouvrage, Yamina Cherrad Bennaceur raconte, se raconte et livre ses “souvenirs du passé occulté”, des souvenirs loin d’être heureux mais douloureux. En apportant son témoignage, l’autrice ne veut pas raconter l’histoire mais son histoire personnelle et celles de ses camarades.
Née dans une famille de classe moyenne à Sétif, la petite Yamina était une enfant studieuse ; après l’obtention du certificat d’études, elle décide de devenir infirmière. Après un cursus irréprochable, elle commence à travailler dans un hôpital… Suite à de nombreux évènements liés à la répression coloniale après les évènements de 1945 et le déclenchement de la guerre, elle rejoint le maquis le 12 novembre 1956, à l’âge de 20 ans. À partir de ce moment-là, la jeune fille devient une femme, plus qu’une infirmière aux côtés de ses “sœurs”, elles contribueront énormément à la vie maquisarde. Ces moudjahidate feront face aux bombardements, à la chasse à l’homme, au froid, à la chaleur et à la maladie.
Dans cet ouvrage, l’autrice a utilisé une écriture simple mais avec des mots “percutants” et “révélateurs”, qui dressent le tableau d’une période noire où l’homme avait comme meilleur compagnon “la mort”. À travers les pages, nous constatons que Yamina Cherrad Bennaceur ne s’est pas seulement contentée de raconter son histoire, elle met en exergue également le supplice qu’ont connu les gens ruraux. “Avec le plan Challe (…) l’armée envoyait, après les bombardements, des régiments entiers ratisser pendant plusieurs jours. Leur présence nous obligeait à déménager de plus en plus souvent et le refuge chez l’habitant, qui payait très cher son soutien aux moudjahidine, était à éviter”. Six ans au maquis de Yamina Cherrad Bennaceur est un livre à découvrir, car il représente un legs pour nos enfants, une transmission de notre histoire sur ces femmes uniques, ayant résisté dignement au nom de la liberté pour l’indépendance.


H. M.


 Six ans au maquis de Yamina Cherrad Bennaceur.
Éditions El-Kalima, 200 pages,
2017, 700 DA.


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