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Culture / Culture

Rencontre autour de l’écriture féminine aux 1res RAMAJE

Le pouvoir libérateur des mots

De gauche à droite : Lynda Chouiten, Fadela Boudriche, Amal Bouchareb et Farida Saffidine. © Y. AzzouzLiberté

La Bibliothèque nationale d’Algérie (BN) a abrité la dernière rencontre de la 1re édition des Ramaje (Rencontres annuelles Méditerranée Afrique des jeunes écrivaines), qui a réuni onze autrices dans les langues française, tamazight et arabe autour de la thématique de l’écriture féminine. Comment les écrivaines vivent-elles leurs expériences littéraires respectives, et qu’est-ce qui motive l’acte d’écriture ? À ces questions, le panel cent pour cent féminin, composé des poétesses et romancières Djamila Abdelli, Lynda Chouiten, Lynda Koudache, Amina Chikh ou encore Djamila Talbaoui, est revenu sur les différentes étapes qui ont mené à l’écriture, une écriture souvent étouffée, réprimée par un environnement familial ou social qui voit d’un mauvais œil cette tentative d’émancipation par les mots. Nombreuses étaient celles qui qualifiaient leur premier jet de “libérateur”. Ouarda Baziz-Cherifi, Akila Kadaoui et Djamila Abdelli-Labiod diront que c’est en prenant la plume qu’elles ont pu se délester d’une solitude, voire d’une souffrance. Pour Abdelli-Labiod, autrice de “La réglisse de mon enfance” (El-Maarifa, 2011), son écriture passe par trois niveaux : ludique, jouissive lorsque les idées abondent, et libératrice. “Ce troisième stade est pour moi une réelle thérapie, le temps et l’espace n’existent plus, je me retrouve seule avec mon écriture qui me libère en me permettant d’extrapoler des aspects de ma vie.” Pour Ouarda Baziz-Cherifi, ce pouvoir que possèdent les mots l’accompagne depuis son jeune âge. Lorsqu’au foyer parental – une “usine”, dira-t-elle à l’assistance – la communication faisait défaut, elle écrivait pour dépasser cette solitude et cet isolement qui lui avaient été imposés. “Ma maison ressemblait à une usine, il y avait le directeur, les différents services et une hiérarchie : c’étaient d’abord les hommes, puis les femmes et les enfants”, racontera-t-elle avec beaucoup d’humour. “À défaut d’avoir une liberté d’agir, j’avais une liberté de penser. Je faisais des monologues, les mots étaient devenus mes amis.” Pour Farida Saffidine, autrice de “Voix de femmes, voies de fait”, publié aux éditions El-Ibriz, l’écriture lui a permis dans un premier temps de parler de sa vie d’adolescente et construire une relation avec son père qui l’encourageait à poursuivre dans cette voie. Puis, dans sa vie d’adulte, et face au silence dans lequel se murait son mari, les mots étaient les seuls remèdes à son mal-être. Pour d’autres, l’écriture était devenue un refuge, Lynda Chouiten, universitaire et écrivaine, à qui l’on doit “Le roman des pôv’ cheveux” (El-Kalima, 2017), le sentiment d’être différente des autres jeunes filles a fait naître en elle une peur qui n’a pu être évacuée que grâce à la littérature “La colère que j’ai accumulée depuis mon jeune âge à cause de ce sentiment de différence s’est libérée une fois adulte. Plus jeune, je cachais ce que j’écrivais, j’utilisais des mots codés, en abrégé et très petit. Mon évolution est en rapport avec cette libération que j’ai acquise avec l’âge”, confiera-t-elle.


Yasmine Azzouz

 


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