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Culture / Culture

Censure du documentaire “Vote Off” au motif qu’il porte “atteinte aux symboles de l’État”

Le public bougiote dénonce une atteinte à la liberté de création

Les responsables des RCB, lors des débats. © RC/Liberté.

 Suite à l’annulation de la projection du doc de Fayçal Hammoum aux RCB, l’équipe de Project’Heurts a organisé un débat avec le public et les professionnels sur la “censure” et sur “les atteintes aux libertés de création”.

Les derniers jours des Rencontres cinématographiques de Bejaia ont été marquées par la déprogrammation du documentaire Vote Off du réalisateur Fayçal Hammoum, qui a suivi en 2014, la jeunesse algérienne lors des élections présidentielles. Programmé initialement pour ce jeudi, les organisateurs ont été contraints d’annuler la  projection.
À cet effet, l’équipe des RCB a décidé de tenir avant-hier, une rencontre-débat avec le public et les fidèles des Rencontres pour discuter de la liberté de création en Algérie. Seul petit bémol, ce rendez-vous devait être animé par le réalisateur et le producteur du film, mais à la surprise générale, ces derniers ont refusé d’y assister.
Les débats ont eu donc lieu sans eux. Le premier à prendre la parole est  le directeur des RCB, Abdenour Hochiche, qui, dans son intervention, expliquera que “le 1er sponsor des Rencontres est le public, et nous lui devons toute la vérité” enchaînant avec la genèse de l’affaire. Il commencera par l’exposé de la chronologie des faits. “C’est important de rappeler les choses et de mettre des mots sur des actes et des actions”, a-t-il affirmé puis poursuivant : “Pour  la préparation des RCB, nous devons demander le ‘visa culturel’ pour les films qui seront projetés à la cinémathèque, parce que c’est une loi qui exige cette autorisation. Le 1er septembre, nous avons reçu l’aval pour tous les films sauf pour Vote Off”. Suite à cette réponse négative, Abdenour Hochiche, ainsi que le réalisateur et le producteur ont écrit un courrier au ministère afin d’avoir plus de détails sur ce refus. “Nous voulions savoir si c’était une omission de la part des décideurs, mais nous n’avons reçu aucune réponse. Suite à ce silence, nous avons décidé de divulguer l’information”, a-t-il précisé. Le président de l’association Project’Heurts (organisatrice de l’évènement) a souligné à propos de ce visa culturel que “dans la loi, ce visa n’existe pas !. Il y a seulement le visa d’exploitation qui est délivré par le ministère. Ce papier permet l’exploitation commerciale des films. Or, les RCB ne sont pas des activités  commerciales”.
Les  débats  ont montré un  public très solidaire avec l’association et Fayçal Hammoum. D’ailleurs, plusieurs personnes se sont laissé emporter par leur fougue, passion et colère contre cette “censure”. Un syndicaliste a apporté son soutien aux rencontres, en soutenant que “la culture doit revenir au peuple, elle n’appartient pas au pouvoir. Nous devons préserver cet espace”. Quant à un élu à l’APW, il a clamé haut et fort : “Vous n’auriez pas dû annuler la projection, il faut faire de la résistance”. D’autre part, plusieurs personnes ont essayé d’apporter des solutions en proposant de projeter le film sur le net. Mais, ce moyen pénaliserait le réalisateur, et ce, en se voyant interdire de participer à des festivals.
 
Lancement d’une pétition sur “Les atteintes aux libertés de création”
Au cours des débats, l’idée de lancer une pétition a émergé. Elle a été adoptée. Une pétition par laquelle  le public confirme qu’il a besoin  de cinéma et de  culture en général, deux choses   vitales et par laquelle, il tient aussi  à dénoncer cette “censure”. Dans cette lettre de pétition, il est souligné que “nous, artistes, cinéphiles, syndicalistes, militants politiques et citoyens, sommes consternés et scandalisés par la censure qui vient de frapper le film Vote Off. Cette interdiction vise de manière arbitraire à empêcher chaque citoyen de jouir de son droit à la libre parole, qui est un droit constitutionnel (…) Nous dénonçons cette énième atteinte à la liberté de création et d’expression et exigeons la levée de l’interdiction de la projection du film”. Et de conclure : “Nous nous estimons suffisamment conscients et mûrs pour apprécier une œuvre et refusons ce paternalisme désuet et absurde”.

Le ministère de la Culture répond au réalisateur
Pour rappel, après la publication de la lettre de Fayçal Hammoum sur son compte Facebook, le ministère de la Culture a immédiatement réagi en publiant,  mercredi dernier un communiqué sur son site. “Le ministère n’est intervenu à aucun moment à la programmation de ce film. Cette décision relève des compétences et attributions exclusives de la commission de visionnage, seule habilitée à fournir des autorisations de tournage et de projection”. Et d’informer : “Cette commission composée d’experts et de professionnels du cinéma, a délibéré favorablement sur 23 films à l’exception du film Vote Off qui comporte des contenus portant atteinte aux symboles de l’État et de sa souveraineté”. Le ministère a également tenu à préciser que “la décision de la commission ne relève aucunement des considérants liés à l’art cinématographique mais procède de l’application de la loi”. Une réponse qui en a laissé plus d’un perplexe!


H. M.


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