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Culture / Culture

Hakim Rezaoui, artiste photographe, à “Liberté”

“Le rapport entre la peinture et la photographie est très étroit”

©D. R.

Le talent et la passion de l’art ne sont pas nécessairement tributaires de la renommée de ceux qui les possèdent. Bien des artistes, souvent doués, pratiquent leur art dans la discrétion, pour ne pas dire dans l’anonymat. Pourtant, au détour d’une exposition ou d’une rencontre, on découvre la beauté et la force de leurs œuvres. C’est ce que nous avons constaté en compilant l’album et l’itinéraire, bref mais dense, de l’artiste photographe Hakim Rezaoui, dont “les photos sonnent comme un chant d’automne…”. Le concepteur de la page de couverture du roman L’Effacement (éditions Barzakh) de Samir Toumi a bien voulu nous accorder un entretien.

Liberté : D’où tenez-vous la passion de la photographie ?
Hakim Rezaoui :
La photo est venue à moi par pur hasard, à travers un ami peintre avec lequel j’ai découvert l’importance et la force de ces outils de création que sont la peinture et la photo : lui prenait en photo ses toiles et moi les couchers de soleil des longues journées d’été.

Ce faisant, vous faites rapidement le lien entre ces deux formes d’expression artistique ?
Oui, le rapport entre la peinture et la photographie est très étroit. J’ai confirmé cela lors de ma dernière résidence à la Friche-la Belle-de-Mai en France avec Alfonse Alt (photographe allemand installé en France), qui m’a fait découvrir une technique ancienne, avant même la photographie (résinotype) : muni d’un pinceau et d’une cinquantaine de pigments, on sent la présence de la peinture et de la photo dans une seule et unique pratique. J’emprunterai ce qu’écrivent les critiques de l’art à propos de ce style d’Alfonse Alt : “Pousser le langage de l’image qui sépare la peinture de la photo et la photo de la peinture sans que cette limite ne soit jamais franchie ou dépassée.”

Qu’espérez-vous exprimer par l’art photographique ?
J’y décris les formes, les tendances et les atmosphères dans ce qu’elles contiennent comme expressions artistiques touchant aux sentiments et à la perception du monde qui nous entoure et aussi comme voies de création culturelle qui ouvrent à l’esprit le chemin de la liberté.

Comment voyez-vous l’évolution de la photographie en Algérie ?
L’évolution existe, mais nous devons combler un déficit de création et d’intérêt du public. Les artistes photographes, comme les autres d’ailleurs, doivent prospecter sans cesse de nouvelles techniques et des champs d’expression inédits. Cela conduira à un engouement du public que nous espérons de plus en plus large.

Votre métier de cadre d’entreprise vous laisse-t-il assez de temps et d’espace pour pratiquer votre passion artistique ?
Après l’obtention du master 2 en marketing de l’École supérieure algérienne des affaires, j’exerce effectivement ma spécialité dans une entreprise. De prime abord, cela paraît contraignant pour une pratique artistique.
En réalité, la photographie me permet de rester dans la création dont j’ai besoin pour me libérer des contraintes de la vie quotidienne. De nombreuses personnes arrivent à concilier une vie professionnelle dense avec la pratique d’activités artistiques. Cela permet aux artistes de disposer des moyens de vivre tout en donnant libre cours à leurs passions. Ici ou ailleurs, lorsqu’un artiste arrive à vivre de son art, il peut se consacrer entièrement à lui.

Entretien réalisé à Paris par : Ali Bedrici



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