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Culture / Culture

Yasmina Khadra Lors de la présentation de “Khalil” à Sidi Bel-Abbès

“Le regard de certains Occidentaux et extrémistes me chagrine”

L’écrivain Yasmina Khadra, samedi dernier à Sidi Bel-Abbès. ©A. Bousmaha/Liberté

Dans son intervention, l’auteur a expliqué que “la manière dont les Occidentaux nous perçoivent et la manière dont nous sommes diabolisés par certains extrémistes” l’a poussé à “réagir en créant une œuvre qui pourrait s’avérer utile”.

“Aujourd’hui, je suis venu pour déclarer officiellement que Khalil est lancé en Algérie, à partir de Sidi Bel-Abbès. Depuis quelques années, j’ai décidé d’avoir tous les droits de mes livres que ce soit au Maghreb ou bien dans le monde arabe et que je peux en disposer quand bon me semble. Donc, j’ai décidé par respect envers mon éditeur français de sortir le livre au moins deux jours après sa parution et le livre est sorti le 20 août”, a déclaré samedi dernier, l’écrivain Yasmina Khadra, lors de son allocution d’ouverture de la rencontre organisée par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine architectural et culturel de la ville de Sidi Bel-Abbès. Le romancier, qui a été très surpris du chaleureux accueil qui lui a été réservé, dira : “Aujourd’hui être à Sidi Bel-Abbès, renouer non seulement avec les souvenirs, mais aussi avec cette volonté que nous avons tous de ne jamais céder à la médiocrité, de continuer d’aimer la peinture, la musique, le cinéma et la littérature. D’essayer de préserver ce que nous avons de plus noble en nous. Sidi Bel-Abbès se doit d’être une ville culturelle et elle n’a pas le droit d’être autre chose. Il faut que les artistes viennent ici en premier ménage. On nous a abrutis et dissociés de ce qui fait notre fierté et notre grandeur. Ces gens-là, doivent savoir que nous existons et que nous portons ce pays car eux, ils ne portent que la corruption, les dérives, la bassesse, la médiocrité et la mesquinerie et cela n’a jamais fait de grandes nations.”
À propos de Khalil, il dira : “Je pensais avoir tout dit sur le terrorisme, mais je m’aperçois qu’on peut toujours tout faire mais on ne fait jamais assez. J’étais choqué par les attentats car, ils me renvoient à ce qu’a subi l’Algérie dans l’indifférence totale durant la décennie noire car nous étions totalement isolés. Aussi, c’était beaucoup plus la curiosité que l’indignation mais à chaque fois qu’il y avait des violences en Europe ou ailleurs, cela me renvoie à tous les morts et aux amis qu’on a perdus. Le 13 novembre 2015 beaucoup de gens m’ont sollicité, notamment la presse et je me suis aperçu qu’ils cherchaient uniquement ce qui les arrangeait et ce n’était pas toujours honnête, ni illustratif et ni même instructif. Et ce n’est que par la suite que j’ai commencé à écrire Khalil”.
Et de préciser : “Quand, je suis arrivé à la fin de la première partie, j’ai décidé de m’arrêter parce que, je m’étais promis de ne plus revenir sur cette thématique. Ensuite, j’ai mis les manuscrits dans un tiroir et j’ai commencé à écrire Une trilogie au Mexique et d’autres romans et puis, il y avait dans ce tiroir ce reste de papier qui m’interpellait et qui voulait absolument que je reprenne l’écriture de Khalil. j’ai  repris le texte et je l’ai terminé en deux mois.” Dans son intervention, qui a duré plus de deux heures, Yasmina Khadra, a expliqué que pour ce roman “ il part tout simplement du principe que chaque écrivain est libre d’écrire ce qu’il veut mais, malheureusement, il y a des choses très sérieuses ; parmi elles la violence. Quand nous voyons de quelle manière nous sommes perçus par certains Occidentaux, de quelle manière nous sommes diabolisés par certains extrémistes et de quelle manière nous sommes accusés de potentiellement dangereux, cela me chagrine beaucoup. Donc, il fallait régir et c’est pour cela que j’ai écrit ce roman. C’est tout simplement une manière de mettre le lecteur en situation en essayant de créer une œuvre utile”.
À ce propos, il a signalé que beaucoup d’écrivains ont écrit sur le terrorisme mais ils sont restés, selon lui, “à la périphérie des choses, du côté de la stigmatisation et je trouvais que ça ne faisait qu’envenimer les choses. Généralement, c’était en Allemagne, où il y avait un certain déni de l’autre. Je pense que ce livre pourra aider les gens à retrouver une part d’humanité et à redevenir des êtres lucides”. 
“À propos du terrorisme, j’ai dit durant les années 90 que le terrorisme est un nuage et qu’un jour, il passera, mais ce que je redoutais le plus c’est le renoncement qui est la fin d’une nation et j’avais peur que les adolescents renoncent à tout ce qui est beau, notamment les arts.” Et de conclure : “Beaucoup de gens pensent que ce sont les politiques qui font les peuples, au contraire ce sont eux qui détruisent les peuples. Ceux qui font les peuples se sont les idoles, notamment Freud et les athlètes. Donc, heureusement pour moi, j’ai mes références qui n’ont jamais été politiques ou historiques mais ce sont toujours les gens qui ont apporté à la grisaille de nos jours un peu de lumière.”

A. BOUSMAHA


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