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Culture / Culture

9es Rencontres Euro-Maghrébines des écrivains à Alger

Le roman non fictionnel : entre histoire et mémoire

La modératrice Sara Kharfi aux côtés des intervenants. ©D. R.

Cette édition inscrite sous la thématique du “Roman non fictionnel” s’est tenue dans le cadre du 22e Salon international du livre d’Alger (Sila). Une journée durant, les intervenants, composés d’écrivains, d’historiens et de journalistes, ont débattu et apporté leurs différents points de vue sur ce genre romanesque.

“Le roman non fictionnel” était la thématique de la 9e édition des Rencontres euro-maghrébines des écrivains,  qui se sont tenues, jeudi, à la Safex, dans le cadre du Salon international du livre d’Alger (Sila). Cette rencontre organisées annuellement par la délégation de l’Union Européenne en Algérie, a vu la participation de différents intervenants (écrivains, journalistes, historiens) d’Algérie, du Maroc, d’Espagne, de Finlande, de Pologne… qui, une journée durant, ont partagé avec l’assistance leurs points de vue sur ce genre romanesque. 

Dans son introduction d’ouverture des sessions de débats, Abrous Outoudert (directeur de la publication de Liberté) a indiqué que “le roman non fictionnel est, à mon avis, un thème original qui interpelle les journalistes en priorité, pour écrire un article sans fin, tellement il y a de choses à dire, mais qui se voit limité par les contraintes d’un quotidien ou d’un périodique”. Tout en ajoutant : “Le sujet : une actualité. Un fait divers. Une tragédie. L’article devient ainsi un roman non fictionnel. Entre le journalisme et la littérature. Il n’y a qu’un pas à faire. Celui du courage d’aller vers un autre genre d’écriture. Le récit reportage avec des faits, des arguments et des témoignages…

Le roman non fictionnel est défini comme “une réalité : histoire, mémoire, biographie, autobiographie, ainsi que le récit informatif”. Afin d’aborder ses différentes approches, les rencontres étaient composées de trois sessions : “Mémoire et histoire”, “Journalisme et littérature, croisées de la fiction” et “Inspiration et adaptation littéraire”.

Concernant le premier axe : “Histoire et mémoire”, la modératrice Sara Kharfi (journaliste) est revenue sur ce genre romanesque “où la narration rapporte des faits réels tout en empruntant des techniques narratives de la fiction littéraire classique. S’agit-il d’un témoignage ou d’une transmission ?”. Et d’interroger ses invités : “Le romancier décrit-il l’histoire ou fait-il le scribe de son mémoire ? Est-ce qu’il se souvient, témoigne ou invente ?” Sur cette question, Lynda-Nawel Tebbani (docteur, enseignante et chercheure en lettres), qui vient de publier son premier roman L’éloge de la perte (éditions Média-Plus), a souligné qu’“en tant qu’écrivains, nous sommes dans l’écriture de nos mémoires. Un roman s’il s’agit de l’inventer, c’est aussi partager un patrimoine culturel, un patrimoine collectif”.

La conférencière a soutenu que dans ce genre romanesque, il y a “le devoir de mémoire. La mémoire collective à laquelle nous devons nous référer, à titre justificatif : il y a des dates, des événements, des tragédies, des traumas collectifs nationaux et internationaux, il y a une conscience et une éthique à laquelle nous ne devons pas toucher”.

Pour l’écrivain Mouloud Achour, dans la littérature algérienne, il y a un élément fondateur : “Mouloud Feraoun est l’exemple du roman non fictionnel.” Dans Le Fils du pauvre, à travers son “parcours, il a mis en scène la société de l’époque : une Algérie pendant le colonialisme”. Sur la mémoire et l’histoire, “il y a un rapport entre les deux”. À ce sujet, il a cité comme exemple la littérature de l’urgence durant les années 90. “Mimouni et Djaout ont créé des œuvres sur le plan littéraire et documentaire. C’est du roman non fictionnel puisqu’il puise sa substance de la réalité.” Et de conclure : “L’acte d’écrire ne peut pas échapper à la subjectivité : l’affectif et l’émotionnel.”

Tour à tour, les intervenants, à savoir le romancier roumain Eugen Ovidiu Chirovici, l’historien et écrivain finlandais Osmo Pekonen et l’auteure espagnole Miren Edurne Portela Camino ont estimé que “chaque événement lié à la mémoire de l’écrivain est utilisé dans ses écrits”. Par ailleurs, l’imaginaire permet aussi de “témoigner de la violence ou de faits vécus” par l’auteur. “Une mémoire affective donne libre cours à notre histoire. Nous devons revisiter notre passé pour manipuler notre histoire. Il n’y a pas une seule vérité !” Sur le même sillage, Lynda-Nawel Tebbani a souligné qu’“il faut réfléchir sur ce que nous voulons transmettre et savoir si ce sont des choses vraies ou imaginées. Il faut avoir son propre regard, et son propre souvenir. Il faut savoir sur quoi nous voulons écrire et ce dont nous voulons nous souvenir”. En outre, pour l’historien hongrois Balàzs Albonczy, la différence entre un historien et un romancier est que pour le premier, son travail est de “collecter des faits et de leur donner une deuxième interprétation. Le travail d’historien est l’interprétation, et à la différence des romanciers, nous ne pouvons pas inventer les choses”.

Hana Menasria


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