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Culture / Actualités

“Pétri d’amertume”, de Mehdi Messaoudi

Le scénario d’une jeunesse désespérée

La jeune maison d’édition Médias Index, dirigée par Malika Challal, a eu la courageuse idée de lancer une collection qu’elle a intitulée “Plumes en herbe”, à travers laquelle elle offre la visibilité à de jeunes auteurs “en quête continuelle d’éditeurs pour accoucher de leur douleur, crier fort leur détresse ou apporter leur touche créative à une société, la leur, qui a le droit et le devoir d’écouter chacun de ces enfants”, dira-elle. Et cette éditrice n’est pas de ceux qui prétendent que “n’est pas écrivain qui veut”. Pour elle, “quand on est doté d’une âme sensible, l’essentiel est déjà là pour cristalliser ce don. Il faut juste laisser son âme interagir avec la magie des mots et sa propre chimie littéraire naîtra tôt ou tard”. Et c’est ainsi qu’est né Pétri d’amertume, un roman paru lors de ce Sila 2018, du jeune auteur Mehdi Messaoudi, natif d’Oran, diplômé en commerce international et féru de littérature et de cinéma.  Un écrit franc, sans détours, pétri de clichés du quotidien à travers lesquels se lit cette amertume dont parle l’auteur – qui est pour lui synonyme du drame absolu, de la tragédie et du désespoir – et qui se voit dans chaque situation à laquelle se trouvera confronté son personnage principal, Idriss, et avec lui toute sa famille qui va subir “les affres d’une société où les rapports entre concitoyens deviennent de plus en plus difficiles et où le risque de conflit est toujours très proche”, nous confiera-t-il. “Un constat amer” qu’il fera tout au long de ces 142 pages d’un récit planté dans un lieu connu, une ville de l’Ouest algérien qu’il décrira ici et là, avec ses tares et ses atouts, y faisant évoluer des personnages auxquels il donnera des noms qui feront tilt, des êtres fragilisés qui affronteront des situations complexes et parfois dramatiques, nées d’un héritage de violence, de contradictions et de désœuvrement qui vont faire chavirer le bateau jusqu’à la noyade.  À ce sujet, l’auteur interrogé nous répondra : “C’est une fiction. Le choix des noms est sans lien direct avec quiconque en particulier. Le problème est que dans des régions assez conservatrices, comme Tlemcen ou autres, car j’essaye de parler de ce que je sais, on constate chez certains une mentalité très régionaliste où on refuse de se mêler aux étrangers, surtout en ce qui concerne le mariage. Et le communautarisme est la cause principale des conflits. C’est un fait de plus qui contribue aussi à la déliquescence des rapports de tout genre.” Un veuvage, un remariage sans amour pour faire plaisir à la famille, un entourage envieux, un voisinage exécrable, une épouse adultère, des actes voyous, des responsables démissionnaires et lâches…, le tout accompagné d’une forte dose de dialogues entre les personnages, acteurs de ce roman, car, nous dira Mehdi Messaoudi, “j’avais au départ souhaité me consacrer à l’écriture de scénarios et à la mise en scène, mais malheureusement, je n’ai pas pu concrétiser ce but, et en même temps l’écriture me permet de garder intacte ma vision artistique”. Un appel qui sera peut-être entendu un jour, et l’occasion lui sera donnée de s’essayer aussi à ce mode d’écriture en relation avec le cinéma, l’autre dada de ce jeune auteur qui espère concrétiser son rêve et ainsi vaincre cette rage et cette amertume qui font fuir nos enfants jusqu’à se jeter dans la gueule de ce monstre de mer qui les dévore tout crus…


Samira Bendris-Oulebsir


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