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Culture / Culture

Le film d’Arezki Metref a été projeté au 2e Printemps du cinéma Amazigh

“Le Soleil” : la Mecque des émigrés algériens

©D. R.

Ils sont universitaires, écrivains, chanteurs ou militants… et leur point commun : café le Soleil. Situé au 20e arrondissement de Paris, ce lieu mythique a rassemblé un grand nombre d’Algériens issus de l’immigration. Autour d’un pot, un café ou une partie de dominos, ils reconstituent à leur manière “la qaâda” du pays où ça parle de politique, de culture et du bon vieux temps ! Plus qu’un café, le Soleil a traversé les différents pans de l’histoire algérienne, de la guerre de l’indépendance jusqu’à la décennie noire. Ses clients ayant quitté leur terre pour une vie meilleure retrouvaient dans cet établissement “rihet lebled”.
Ce rattachement des émigrés algériens aux cafés-bistrots de l’Hexagone a été raconté avec intimité et tendresse par Arezki Metref dans son documentaire Une journée au soleil. Ce long métrage qui vient d’être primé au Festival international Ussni n'Ourough du cinéma amazigh d'Agadir a été projeté, jeudi, à la salle El-Khayyam (ex-Debussy), dans le cadre du 2e Printemps du cinéma amazigh (du 19 au 21 avril).
Avant la fermeture du café, le réalisateur a rencontré plusieurs protagonistes pour raconter ce lieu. Parmi ces noms, on retrouve Saïd Benali (proprio du Soleil), Nourredine Saâdi, Akli D., Hend Saâdi, Mohamed Harbi, Benjamin Stora, et tant d’autres témoins de “la grande histoire de l’immigration algérienne en France”. À l’origine, tout commence lors de l’insurrection de 1871, où un grand nombre de villageois de Kabylie ont immigré vers l’Europe. Cette première vague donnera naissance à cette communauté, dont la plupart fait partie de la classe ouvrière. Ils trouvent refuge au Soleil, qui devient une sorte de QG, où les gens peuvent manger et boire. Sur ces générations d’émigrants, chacune a vécu une tragédie : la colonisation française, le printemps berbère et la décennie noire. À travers ces trois points, Arezki Metref a interviewé diverses personnalités, tout en s’appuyant sur des images d’archives, afin de mettre en exergue les mouvements socioculturels de l’Algérie. “La base de ces rassemblements était la terre et le sang ! D’ailleurs, ces clients étaient une grande communauté solidaire”, a indiqué l’un des intervenants. Outre ce côté “fraternel”, le réalisateur a levé le voile sur l’importance de ces cafés durant la guerre de libération. “Ces lieux jouaient un rôle politique, notamment l’implantation du FLN, et sa rivalité avec le MNA, les évènements du 17 octobre 1961… Mais après l’indépendance, la politique n’était plus au cœur des débats.” Une journée au Soleil d’Arezki Metref est un documentaire très fort pour son sujet et poignant dans son récit. Le journaliste et écrivain a posé sa caméra dans ce café, qui représentait “la Mecque” de ces émigrés algériens. En 75 mn, des personnalités se sont confiées sur cette communauté longtemps marginalisée en France et en Algérie. Partagés entre leurs racines et leur nouvelle patrie, ces migrants ont pu trouver dans l’exil “des difficultés et un refuge”. Pour rappel, ce 2e Printemps du cinéma amazigh a vu la projection des films d’Algérie, de Tunisie et du Maroc, il sera clôturé aujourd’hui avec la projection de La colline oubliée, en hommage à Bouguermouh.

Hana Menasria


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Brahms le 23/04/2018 à 15h17

Moi, je possède des photo de Mr Houari Boumédiène (ex - président) et à son époque, c'était top. On faisait rentrer voitures, marchandises et le douanier ne bougeait pas d'une oreille mais maintenant tout a été coupé ne ramenant que de la misère sociale en Algérie.

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