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Culture / Culture

3e festival du film méditerranéen

Le temps d’une récréation à Annaba

Nawell Madani lors de la projection de son film au TRA. © D.R.

Cette édition qui s’est déroulée du 21 au 27 mars a permis à cette ville de renouer avec le 7e art, et à ses habitants de retrouver la magie des salles obscures, qui sont quasi inexistantes dans la Coquette.

Après une semaine de rêve et d’évasion, les Annabis sont retombés dans leur petite routine quotidienne où les journées riment avec boulot et zéro distraction ! En effet, le FAFM (Festival de Annaba du film méditerranéen) a permis à cette ville de renouer avec le 7e art, et à ses habitants de retrouver la magie des salles obscures, qui sont quasi inexistantes dans la Coquette.
Cette 3e édition qui s’est déroulée du 21 au 27 mars dernier a présenté des œuvres venues de différentes régions du bassin, notamment de Tunisie, d’Italie, d’Espagne, du Portugal… Ces vingtaines de films entre courts et longs métrages et documentaires ont offert, le temps d’une projection, des moments de réflexion et une ouverture sur le monde. D’ailleurs, le FAFM était inscrit cette année sous le signe de “Paix en Méditerranée”, une thématique porteuse de sens et d’espoir à travers laquelle nous avons pu découvrir des films où la réalité pour la plupart dépasse la fiction. À travers leurs œuvres, les réalisateurs ont dépeint la société arabe ou occidentale, notamment ses travers, ses maux, ses conflits et les relations humaines. Ces productions racontent des histoires simples mais profondes, qui donnent une claque au spectateur, l’amènent à réfléchir et à se poser des questions.
Parmi ces longs métrages bouleversants, révoltants ou alors ahurissants, on peut citer Sheikh Jackson (Égypte) sur l’extrémisme religieux, de Amr Salama, Ghost Hunting (Palestine), sur des prisonniers qui tentent d’oublier les fantômes du passé. Aussi, le public a eu l’occasion de voir Le Vénérable W (franco-suisse) de Barbet Schroeder, qui revient sur le nettoyage ethnique des moines bouddhistes de Birmanie, à leur tête Ashin Wirathu, sur la minorité musulmane rohingya. Outre ces projections qui lèvent le voile sur les conflits religieux et raciaux, les relations humaines étaient au cœur des débats. Dans son dernier long métrage, l’Italien Jonas Carpignano a signé une œuvre touchante A Ciambra, à travers laquelle il raconte les dures péripéties d’un gamin rom de 13 ans, pour survivre dans une Italie où les communautés étrangères vivent dans une grande précarité. L’Algérie n’était pas en reste, avec le premier long métrage de Yasmine Chouikh, Jusqu’à la fin des temps, qui a conquis la majorité, car son film est une belle ode à la vie.

L’Algérie rafle plusieurs prix
Durant ce festival, les réalisateurs ont offert du rêve, mais ils étaient aussi présents pour décrocher la grande distinction de cet évènement, à savoir le Annab d’or. Après une semaine de débat et d’échange, la soirée de clôture au théâtre régional Azzedine-Medjoubi a fait plus d’un heureux ! En présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, du commissaire du festival Saïd Ould Khelifa, et de la “famille du cinéma”, plusieurs prix et hommages ont été remis lors de cette cérémonie. Dans la catégorie fiction, c’est la jeune réalisatrice Yasmine Chouikh qui a raflé le “Annab d’or” pour son film Jusqu’à la fin des temps. Quant à sa comédienne Djamila Arrès (rôle principal), elle s’est vu attribuer le prix de la meilleure interprétation féminine. Le deuxième prix, le “Annab d’argent”, est revenu à Été 93 de l’Espagnole Carla Simon. Quant au prix de la meilleure mise en scène, il a été attribué à A Ciambra de Jonas Carpignano.
Dans la catégorie documentaire, le “Annab d’or” a été remis à Carré 35 (France) d’Eric Caravaca. Et l’Algérie a été récompensée à travers deux mentions spéciales du jury, avec Des moutons et des hommes de Karim Sayad et Fais soin de toi de Lakhdar Tati. Concernant les courts métrages, une catégorie consacrée aux films algériens, il y a eu la consécration de Rami Aloui pour That lovely life et Mohamed Benabdallah pour Dihniz.

Le cinéma belge et la radicalisation
Pour cette édition, la Belgique était l’invité d’honneur. À cette occasion, plusieurs films ont été projetés pour faire découvrir le cinéma du plat pays. Et la grande surprise, l’explosion générale au TRA, un public nombreux était présent pour la comédie C’est tout pour moi de Nawell Madani. Ce jour-là, tout Annaba a fait le déplacement pour voir le film de cette humoriste qui possède une notoriété monstre chez nos jeunes. À part cette fiction, les productions présentées pour la plupart abordaient la même thématique : les problèmes interreligieux, le radicalisme et l’intégration des migrants de Syrie, Irak, Palestine... Depuis quelques années, les réalisateurs belges semblent surfer sur cette vague, notamment les clichés sur la jeunesse issue de Molenbeek, connu comme “le nid du djihadisme”. Parmi ces films présentés au FAFM, le doc Intégration Inchalah, ou alors Le chant des hommes, inspiré d’une histoire vraie, revient sur des migrants sans papiers, de cultures et religions diverses, qui dans l’adversité décident de surmonter leurs différences. Il y a eu également la fiction La part sauvage, qui met en scène un jeune Belge de “souche”, qui après sa sortie de prison épouse la religion musulmane. Des œuvres fort intéressantes car elles dénoncent la stigmatisation de ces minorités pour leurs appartenances religieuses. Enfin, ce 3e FAFM a été un bon souffle d’air frais pour quelques cinéphiles et amateurs ! Mais, pour rappel, le festival ne dure qu’une semaine par an, et entre-temps les salles restent fermées et les films laissés dans les tiroirs !


Hana Menasria

 

 


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