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Culture / Culture

12es rencontres Euro-Maghrébines des écrivains

L’écriture pour militer, communiquer et partager

© D.R

Pour cette édition en version digitale qui se tient jusqu’au 16 mars, des écrivains des deux rives échangeront autour de la littérature et de la poésie. Le premier podcast a été consacré aux écrivaines Souad Labbize et Alessandra Fagioli (Italie).

Les traditionnelles Rencontres euro-maghrébines des écrivains, qui se tiennent annuellement en marge du Salon international du livre d’Alger (SILA), ont eu lieu cette année, en version virtuelle. Malgré la crise sanitaire, la délégation de l’Union européenne en Algérie (organisatrice de l’événement) revient avec cet évènement incontournable dédié à la littérature, car “plus que jamais, nous avons tous besoin de partages, de culture et d’échanges”, est-il indiqué dans le communiqué de presse.

À cet effet, pour cette 12e édition inscrite sous le signe de “La vie demain”, les internautes auront l’occasion de découvrir jusqu’au 16 mars six écrivains d’“ici et d’ailleurs”. Nous retrouvons Lamis Saïdi, Akram El Kebir et Souad Labbize du côté algérien, et Claudia Gauci (Malte), Nathalie Skowronek (Belgique) et Alessandra Fagioli (Italie) du côté européen. Organisées en collaboration avec l’opérateur culturel “Vivarium”, cette édition digitale propose des face-camera, des extraits déclamés, des débats…sur les comptes Facebook et Instragram de l’Union européenne.

Le premier podcast a été diffusé dans la soirée de mardi, et ce sont les autrices Souad Labbize (poétesse et anthologiste) et Alessandra Fagioli (écrivaine et critique de cinéma italienne) qui ont ouvert le bal ! La modératrice Fella Bouredji (journaliste) a expliqué que, pour cette édition, les deux invitées se sont prêtées à un jeu de questions-réponses où chacune d’elle a “formulé cinq questions soumises à l’autre”.

Très joueuses, les écrivaines ont répondu avec spontanéité et sincérité aux interrogations portant sur leur écriture, leur rapport à la littérature ou encore leur militantisme. À la question “Comment vos expériences de vie ont transformé vos œuvres ?”, Souad Labbize a indiqué : “Je pars d’une expérience réelle que je transforme complètement.”

Et elle a cité pour exemple son roman J’aurais voulu être un escargot, dont le premier chapitre est écrit comme un conte. “Car je voulais donner l’impression au lecteur que j’allais raconter quelque chose de fabuleux, dans la mythologie et dans les légendes.” Connue également pour son militantisme pour l’égalité entre les hommes et les femmes, la poétesse a informé : “Maintenant, ce qui m’intéresse est de militer par l’écriture. J’ai choisi la fiction, car elle touche et intéresse plus les lecteurs.

J’essaie de donner des exemples positifs de travail de femmes et de les faire sortir de leur invisibilisation.” Concernant les thèmes et les motifs de ses livres, l’autrice d’Enjamber la flaque où se reflète l’enfer (éditions Barzakh) a précisé : “C’est très important pour moi de parler d’amour. D’ailleurs, mes trois premiers recueils de poésie tournent autour de la thématique amoureuse.” Et de poursuivre : “Je parle aussi d’exil, car je viens d’une famille où le grand-père maternel a dû fuir dans les années 1950 la misère en Algérie pendant la colonisation.” 

Pour sa part, Alessandra Fagioli est revenue sur son écriture en soulignant que l’Europe et les villes européennes sont au centre de ses histoires : “Les personnages sont cosmopolites. J’aime écrire sur des personnages en marge de la société. Je crois que se sentir écrivain européen veut dire aussi : mettre dans ses propres œuvres des réalités européennes à travers ses personnages.” Pour l’universitaire, l’acte d’écrire est de “communiquer, participer et partager nos propres parcours.

Une histoire prend un sens seulement quand elle est partagée avec un public”, a-t-elle précisé. Et de confier : “Je n’écris jamais pour des lecteurs précis, mais je pense toujours à un public potentiel qui pourrait me lire. J’essaie toujours de le faire participer à mes histoires.

Et de l’impliquer dans mes histoires.” À ce propos, la romancière estime que la littérature est importante pour “nourrir les consciences et réveiller les âmes. La littérature crée des métaphores de la réalité”. 

 


H. M.


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