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Culture / Culture

1re édition de “La nuit des idées” organisée par l’IFA

Les arts s’expriment à Alger

Le duo Redouane Amir et Salim Dada. ©D. R.

Dans le cadre de cet événement organisé par l’Institut français, la capitale a été marquée, jeudi soir, par diverses manifestations culturelles inscrites sous le signe du partage et de la réflexion.

Le grand “rendez-vous dédié à la pensée contemporaine”, initié et coordonné par l’Institut français et ses antennes dans le monde, a vu la programmation de plusieurs activités culturelles dans quarante pays, et bien sûr, l’Algérie était de la partie. Intitulé “La nuit des idées”, cet événement, qui s’est déroulé dans la soirée du 26 janvier et s’est clôturé dans la nuit d’hier, a été ponctué par différentes manifestations, notamment des rencontres littéraires, des projections, des expositions et des concerts.

Animés par des artistes, des chercheurs, des philosophes, des écrivains…, ces acteurs ont offert au public des moments de réflexion, de débat et de partage.
Peu habitués à ce genre d’initiatives données tard dans la soirée, les Algérois ont répondu présents à cette invitation. Parmi les établissements ayant contribué à cette “nuit des idées”, on peut citer : le centre Les Glycines qui a organisé une rencontre autour de “Figures et formes de la folie dans les textes algériens” avec Kahina Bouanane, chercheure au Crasc, ou alors l’espace “Les ateliers sauvages” qui a présenté le numéro de 33-34 de la revue Naqd à l’occasion du 25e anniversaire de sa création, et ce, avec la participation de l’historien Daho Djerbal et son équipe de rédaction. Quant à l’Institut français d’Alger (IFA), il a proposé deux rencontres : la première avait pour thématique “Civilité, civilisation et frontières de la justice” avec Ali Benmakhlouf, agrégé de philosophie et professeur à l'université de Paris-Est-Créteil-Val-de-Marne. La deuxième a été animée par l’écrivain Amin Zaoui sur “Le vivre ensemble”.

La cinémathèque aux couleurs de l’Afrique
La cinémathèque algérienne a abrité pour cette soirée une exposition et un documentaire partageant la même thématique, à savoir la migration clandestine. Dans le hall de la salle, les visiteurs ont pu découvrir l’exposition “ça va Waka” du photographe Nassim Rouchiche. Réalisées en noir et blanc, pas moins de seize œuvres racontent le vécu des migrants subsahariens en Algérie. Cette démarche est le fruit d’un atelier de 15 jours.
À ce propos, l’artiste a déclaré : “J’ai opté pour l’immigration, car, c’est un problème qui ne touche pas seulement l’Algérie, mais également l’Afrique du Nord qui représente une grande zone migratoire.” Et d’ajouter : “Dans mon travail, j’ai suivi des migrants d’Alger. De ces personnes qu’on aperçoit sur les chantiers, nous n’avons aucune idée sur leur quotidien ! Une fois qu’ils quittent l’espace public, nous ne connaissons rien de leur parcours, ni dans quelles conditions ils vivent.” Pour ce jeune photographe, l’intérêt de cette exposition est de dévoiler ces personnes dont on ignore l’existence. Et l’image est le moyen le plus fort pour véhiculer un message.
Pour la réalisation de ce projet, Nassim Rouchiche a expliqué avoir eu du mal à approcher ces migrants, car “d’abord, il faut établir un lien de confiance, afin qu’ils acceptent de dévoiler leur intimité”. Né en 1977 à Alger où il vit et travaille, Nassim Rouchiche s’initie à la photographie dès l’âge de 11 ans. En 2015, il participe à un atelier animé par Bruno Boudjellal, et à l’issue de cette aventure, il réalise la série de photographies “Ça va waka”, un travail qui rend compte du vécu des migrants.
Suite à cette exposition, il a été projeté le documentaire Héros sans visage de Mary Jiménez, qui revient sur une grève de la faim effectuée par un groupe de migrants clandestins à Bruxelles.

Institut Cervantès : entre musique, “harga”, et débats
L’institut italien a proposé pour cette nuit des idées inscrites sous le thème : “Un monde commun”, un récital musical et deux rencontres animées par les auteurs italiens Bruno Arpaia, et  Arianna Obinu. Abrité par l’institut Cervantès, un public fort nombreux était présent à cet événement haut en couleur. La soirée a débuté par un intermède musical du duo Salim Dada et Redouane Amir qui ont interprété une suite de Sébastien Bach Invention. Après ce moment de détente, l’écrivain Bruno Arpaia a présenté une conférence sur “La science et la littérature”. Dans son intervention, le conférencier est revenu sur la relation entre l’art, la science et la physique, en expliquant que ces trois domaines possèdent un lien très fort et complémentaire. Les grands penseurs tels Einstein, Galilée ou encore Dante, ne faisaient “pas de distinction entre l’art, la philosophie et la science”, car pour un chercheur “il faut user de son imaginaire pour réaliser des expériences”. Dans un exemple cité par Arpaia : quand un sculpteur doit travailler sur le marbre, il a besoin de calculer les dimensions, et cela “démontre que l’art est également mathématique”.
D’ailleurs, tout au long de son intervention, l’écrivain italien n’a présenté que des exemples et des citations pour faire comprendre à l’assistance cette théorie qui veut que science et art soient indissociables. Alors que les chercheurs d’aujourd’hui nient entièrement cette indissociabilité. Toujours dans le sillage de la réflexion et du débat, le public a, entre autres, été gratifié par le communiqué d’Arianna Obinu (spécialiste des mouvements migratoires vers l’Italie), qui a présenté son ouvrage Harraga.

Hana Menasria


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