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Culture / Actualités

le ministère de la culture leur a demandé de retirer deux ouvrages exposés au sila

Les éditions Koukou dénoncent une “tentative de censure”

Les livres “ciblés” par la commission ©D. R.

La commission de lecture et de suivi du ministère de la Culture a tenté de retirer, mardi, les deux ouvrages “Les derniers jours de Muhammad, enquête sur la mort mystérieuse du Prophète”, de l'universitaire tunisienne Hela Ouardi, et “Démoctature, des évènements d'octobre 88 au 4e mandat” (en langue arabe) de l'avocat Mokrane Aït Larbi.

Les éditions Koukou, dans un communiqué adressé hier à notre rédaction, indiquent être la “cible d’une tentative de censure” par la commission de lecture et du suivi du ministère de la Culture. Dans ce document, Arezki Aït Larbi, directeur de la maison d’édition, explique que, mardi dernier, lors du premier jour du Salon international du livre d’Alger, “vers 18h, cinq individus en costard se disant membres de la commission de lecture du ministère de la Culture se sont présentés à mon stand. Prétextant un problème de coordination entre le commissariat du Sila et le ministère de la Culture, ces fonctionnaires ont tenté de saisir deux ouvrages, pourtant légalement édités en Algérie”.
Ces deux ouvrages ayant “suscité l’intérêt” de cette commission sont “Les derniers jours de Muhammad, enquête sur la mort mystérieuse du Prophète” de l'universitaire tunisienne Hela Ouardi, et “Démoctature, des évènements d'octobre 88 au 4e mandat” (en langue arabe) de l'avocat Mokrane Aït Larbi. Dans ce communiqué, l’éditeur a indiqué qu’après avoir rappelé aux “préposés à la censure que l'interdiction éventuelle d'un livre relevait de la seule compétence du pouvoir judiciaire, nous leur avons opposé un refus catégorique de leur remettre les livres ‘litigieux’, sans une décision émanant d'un magistrat”. Et de poursuivre : “L'article 44 de la Constitution est pourtant clair : (…) ‘La mise sous séquestre de toute publication, enregistrement ou tout autre moyen de communication et d'information ne pourra se faire qu'en vertu d'un mandat judiciaire. Les libertés académiques et la liberté de recherche scientifique sont garanties’.”

D’ailleurs Arezki Aït Larbi considère cette tentative de censure pour “l’instant avortée” comme une “violation à la loi fondamentale”. Tout en martelant : “Nous refusons de nous soumettre à l'arbitraire des bureaucrates qui tentent d'usurper les prérogatives du magistrat ; nous userons de tous les moyens légaux pour faire respecter nos droits d'éditeurs et nos libertés de citoyens.” Contacté pour avoir plus de détails, M. Aït Larbi nous a confié : “J’ai réédité l’ouvrage de Hela Ouardi dans le but de susciter le débat, il ne s’agit pas d’une opération commerciale. Avant le Sila, j’avais envoyé la liste de mes publications, et j’ai même demandé une aide pour la prise en charge de Ouardi à Alger.” Et d’ajouter :

“Ces livres ont été légalement édités en Algérie, ils ne peuvent nier qu’ils n’étaient pas au courant !”
À propos de cette décision de les retirer du salon, l’éditeur a souligné que “s’ils apportent une décision de justice, ils seront dans les règles. Mais s’ils persistent, je déposerai plainte pour usurpation de fonction”.
Et de conclure : “Si ces ouvrages sont retirés, ils seront immédiatement distribués dans les librairies, et je suis même prêt à investir les espaces publics pour les vendre.” Après les dernières censures dans le domaine cinématographique, voilà donc que cette 23e édition du Salon international du livre d’Alger vient d’être entachée par une autre commission de “censure” qui ne dit pas son nom !

Hana Menasria


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