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Culture / Culture

Conséquences du Brexit sur le secteur culturel

Les musiciens britanniques s’insurgent


Chanteuse lyrique décorée des plus hautes  distinctions britanniques, Sarah Connolly ne décolère pas contre les conséquences du Brexit, qui transforme les tournées en Europe en casse-tête pour les musiciens et compromet les carrières des jeunes artistes. 
“Je pense que nous avons le droit d’être en colère”, tempête la mezzo-soprano. Depuis la fin de la période de transition du Brexit au 1er janvier, les artistes britanniques doivent obtenir un visa pour séjourner plus de 30 jours dans l’Union européenne, un précieux sésame qui coûte parfois des centaines de livres sterling et implique de lourdes batailles administratives. Cela affecte durement les plus jeunes aux faibles moyens et sans soutien administratif. 
    
Négociations difficiles    
Pour Deborah Annetts, directrice de l’organisme professionnel Incorporated Society of Musicians, l’absence de dispositions spécifiques pour les artistes constitue une “source de préoccupation croissante”. Le Royaume-Uni estime que la faute incombe à l’Union européenne pour s’être montrée inflexible lors de leurs négociations fin 2020. L’UE rappelle que Londres voulait justement, avec le Brexit, mettre fin à la libre circulation des citoyens européens sur son territoire.  La semaine dernière, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a déclaré qu’il partageait la frustration des artistes, ajoutant que le gouvernement “travaillait d’arrache-pied” pour résoudre le problème avec les différents gouvernements des 27 membres de l’UE. 
Pour le moment, les effets dévastateurs de cette nouvelle politique sont masqués par le coup d’arrêt qu’a mis la pandémie de Covid-19 au secteur culturel.  

Pandémie et Brexit   
Pour Dave O’Higgins, saxophoniste de jazz habitué des tournées en Europe, cette nouvelle situation rime avec incertitude.  Détenteur d’un passeport irlandais, ce musicien basé à Londres n’est pas directement concerné par la nécessité d’avoir un visa pour se rendre dans l’UE, mais la nouvelle situation affectera notamment la manière dont il sera payé et la possibilité de vendre des produits dérivés en marge de ses concerts. Mais, surtout, le problème des déplacements reste entier pour les autres membres de son groupe actuel. 
“Je vais devoir partager leur sort”, explique le musicien, connu pour avoir fait partie du groupe Matt Bianco dans les années 1980.  
À 56 ans, Dave O’Higgins est surtout préoccupé par l’impact que cette situation aura sur la nouvelle génération, se disant “désespérément triste” pour les jeunes artistes britanniques touchés d’abord par la pandémie, puis par les retombées du Brexit.  

AFP 


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