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Culture / Actualités

Salon du livre de Bobigny

Les Parisiens découvrent les ouvrages dédiés à Katia Bengana

Lors de ce salon tenu à la mairie de Bobigny (banlieue parisienne), les visiteurs ont eu l’agréable surprise de découvrir deux ouvrages collectifs qui honorent la mémoire de Katia Bengana et rappellent son combat contre l’oppression des intégristes islamistes.

Les visiteurs du salon du livre qui s’est tenu samedi dernier à la mairie de Bobigny, dans la banlieue parisienne, ont eu l’agréable surprise de découvrir deux ouvrages collectifs qui honorent la mémoire de Katia Bengana et rappellent son combat contre l’oppression des intégristes islamistes. Jeune lycéenne à Meftah, dans la wilaya de Blida, elle a été assassinée par des terroristes le 28 février 1994 pour avoir refusé de porter le voile.
Depuis, elle est devenue, pour beaucoup d’Algériennes et de femmes dans le monde, le symbole de la résistance et de la liberté des femmes. Pourquoi deux ouvrages sous le même format (collectifs) sur Katia ? La réponse viendra de Rachid Oulebsir qui a coordonné Éternelle Katia, paru en 2018 aux Éditions Afriwen, en Algérie. “L’idée remonte à 2014 où des écrivains et artistes avaient été sollicités par un auteur pour apporter leurs contributions en vue d’un livre collectif sur Katia Bengana. En 2017, Malika Domrane qui avait envoyé la sienne, s’interrogeait sur la non-parution de cet ouvrage. Elle m’a demandé de relancer l’initiative et Éternelle Katia a vu le jour”. Heureuse coïncidence, l’autre livre, La lycéenne qui a nargué l’islamisme, est lui aussi paru en 2018 aux Éditions La Pensée, en France. “Tant mieux”, dira Rachid Oulebsir lors de la présentation de son ouvrage, “Katia Bengana mérite des centaines de livres, de films, de pièces de théâtre et de baptisassions comme cette place d’Aokas qui porte son nom”.
Existe-t-il des risques de redites avec près de 120 contributions sur les deux ouvrages? “Non, ce sont des témoignages et des points de vue différents. Les intervenants sont des auteurs qui maîtrisent leur sujet, il pourrait y avoir des jonctions sur le fond car tous parlent de Katia Bengana, mais tout en restant rigoureux sur la forme” souligne Djamal Arezki, enseignant, doctorant en sciences sociales et contributeur à l’ouvrage coordonné par Rachid Oulebsir. Pour ce natif de Tazmalt, “Katia Bengana est un symbole de résistance contre l’oppression et l’intégrisme et celui de la lutte pour l’émancipation des droits des femmes. Elle a refusé le diktat. À travers elle, ses assassins ont voulu saper le moral des femmes et décourager leur combat. Ils l’ont tuée pour en faire un exemple”.
Mais son sacrifice n’a pas été vain. Il y a eu une prise de conscience. “De plus en plus d’associations et d’intellectuels défendent la mémoire de Katia Bengana et le droit des femmes à l’égalité, à une vie décente, sans oppression. C’est un exemple de bravoure”.
Des écrivains, des poètes, des artistes-peintres…ont apporté des contributions aux deux ouvrages. De Nacira Belloula, Ben Mohamed, Tassadit Yacine, à Hakim Laalam ou Huguette Chomski, de Malika Domrane à Francisco Pablo et Lynda Bismuth… tous ont voulu honorer la mémoire et le combat de Katia pour la liberté. Pour Lynda Yaïche : “Si je suis toujours là pendant que tu as investi l’histoire et la mémoire collective depuis une vingtaine d’années, c’est peut-être parce que, ce jour-là, qui aurait pu être mon dernier, en déambulant dans le territoire du GIA, mes cheveux au vent, j’ai eu affaire à des lâches de même type qui n’avaient peut-être pas d’armes à ce moment précis ou qui avaient manqué de ‘courage’, se contentant de me jeter des pierres en me traitant de ‘taghouta’…”.
D’autres n’ont malheureusement pas eu la même chance, comme Amel Zenoune Zouani, assassinée en 1997 dans cette zone pour avoir bravé l’interdiction de se rendre à l’université lancée par les terroristes. Dans Éternelle Katia, on peut lire : “…Katia reste une icône d’un courage inégalé, un symbole de résistance à l’obscurantisme intégriste et un sacrifice qui a entaché clairement le déploiement de ces barbares… Que la loyauté de Katia ne sois pas vaine et que nul n’oublie”. À noter que ce dernier ouvrage a été préfacé par l’écrivain Amin Zaoui.


A. B.

 


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