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A la une / Culture

Elles figuraient parmi les œuvres phares de Malek Haddad

“Les zéros tournent en rond” et “Ecoute et je t’appelle” réédités chez Média-Plus

Ressuscitant l’œuvre de l’un des précurseurs de la littérature algérienne francophone, les éditions constantinoises permet à ses lecteurs la redécouverte d’écrits à la gloire de la patrie et la langue algériennes.

L’éditeur constantinois Média-Plus a réédité les œuvres de l’écrivain et poète Malek Haddad, à savoir Les zéros tournent en rond et Écoute et je t’appelle, pour le plus grand bonheur des admirateurs de cette figure de proue de la littérature algérienne d’expression française, et farouche défenseur de l’Algérie indépendante. Publié initialement par les éditions Maspero en 1961, soit à la veille de l’indépendance de l’Algérie, cet essai deviendra le porte-drapeau du patriotisme et de la dénonciation des méfaits de la colonisation. Même si la langue de l’occupant et son matériau principal, Haddad ne cachait pas sa difficulté à reconnaître cette langue comme “langue maternelle”, lui qui disait : “Nous écrivons le français, nous n’écrivons pas en français.” Il voyait en effet en la langue de Molière, l’un des plus sinistres instruments des décideurs français, aliénant la culture, les traditions et l’âme du colonisé. “On l’a exproprié de ses biens, qu’ils soient fonciers ou culturels. Il fallait sinon tuer — car l’esprit ne meurt pas — son âme, mais tout faire pour la mettre en veilleuse, pour l’éteindre”, écrira-t-il. Pour illustrer ses propos, le poète relève que “dès l’école primaire, l’enseignement se faisait en français avec interdiction d’avoir recours à l’arabe, même pour des facilités pédagogiques (…) l’arabe s’apprenait et s’enseignait comme une langue étrangère”. Par ailleurs, il a décelé un paradoxe assez intéressant en l’appropriation des Algériens de la langue française, en voyant en le célèbre dramaturge du XIIe siècle, Molière, un semblable, pas si différent du peuple algérien : “Il n’a rien à voir avec la puissance colonisatrice” argumente ce pionnier de la littérature algérienne francophone  : “Il nous apporte de sa propre persécution, et il nous enseigne que le premier ennemi, c’est l’ennemi intérieur : le seigneur et le féodal qu’il avait su démasquer en France et qui, en Algérie, tendait les bras aux conquérants”. Aussi, fait-il la différence entre les écrivains algériens et ceux qui aiment l’Algérie, à l’instar de Guy de Maupassant et Isabelle Eberhart, dont les œuvres pourraient “figurer dans un recueil de textes consacrés à l’Algérie, mais en aucun cas dans une anthologie d’écrivains algériens”. Dans Ecoute et je t’appelle, la verve du natif de Constantine ausculte les états d’âme et la nature humaines, caractérisée par une rime recherchée, où il réitère son amour pour son Algérie, son enfance et la situation des émigrés algériens en France, comme dans Paris 59, Mes copains ma longue litanie ou encore À qui le tour ? Né le 5 juillet 1927 à Constantine, Malek Haddad entamera une courte carrière d’instituteur, avant de poursuivre des études en droits à Aix-en-Provence en 1954. Ecrivain-né et amoureux des belles lettres, il  se consacrera par la suite à l’écriture, tout en collaborant avec plusieurs revues littéraires telles que Progrès, Confluents ou encore Entretiens. Entre 1958 et 1961, il écrits plusieurs romans, dont Je t’offrirai une gazelle, L’élève et la leçon, et Le quai aux fleurs ne répond plus. Après 1962, il revient à Constantine où il devient un acteur important de la presse nationale, en devenant membre du comité de rédaction de Novembre, suivi de la création de la revue littéraire Promesses. De 1968 à 1971, il était directeur de la culture au ministère de l’information, secrétaire général de l’Union des écrivains algériens, puis conseiller technique chargé des études et recherches dans la production culturelle en français (1972). Il meurt en 1978 à Alger, des suites d’un cancer.

Yasmine Azzouz
Malek Haddad Les zéros tournent en rond et Ecoute et je t’appelle, éditons Média-Plus, 110 p. 2016.


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