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Culture / Culture

le professeur mustapha Khiati à propos de l’ouvrage “Les irradiés algériens, un crime d’état”

“L’État doit faire le point sur la situation des territoires contaminés”

© D.R.

À l’occasion du Salon international du livre de Paris, le professeur Mustapha Khiati a signé son livre “Les irradiés algériens, un crime d’État”, publié en 2018 par les éditions Anep. À cette occasion, le président de la Forem a bien voulu répondre aux questions de Liberté.

Liberté : Vous avez publié aux éditions Anep l’ouvrage Les irradiés algériens, un crime d’État. Pourquoi cette thématique ?
Mustapha Khiati : Parce que les conséquences des essais nucléaires en Algérie sont restées longtemps un sujet tabou. Les sources françaises sont les seules versions existantes. Malheureusement, nos citoyens, qui ont été les véritables victimes, notamment au niveau de Reggane et d’In Ekker, ont été les oubliés de cette histoire. La Forem s’étant occupée de malades de ces régions, cette expérience sur le terrain m’a conduit à écrire ce livre.

Quels sont les dangers de ces essais nucléaires ?
Dans cet ouvrage, j’ai évoqué les essais nucléaires, leurs effets sur les êtres humains mais aussi sur la faune et la flore, les dangers potentiels que représentent ces essais aujourd’hui et dans le futur parce que la France a utilisé le plutonium qui a une durée de vie de 24 000 ans.
Les prochaines générations, par milliers, vont encore subir les conséquences de ces essais.

Vous évoquez entre autres les indemnisations...
Le livre traite de cet aspect. La France a promulgué une loi en 2010 mais elle est restrictive et inapplicable. L’État algérien doit convaincre la France de revoir cette loi pour que les victimes puissent accéder à leurs droits, c’est-à-dire à une indemnisation et une prise en charge pour elles-mêmes et leur descendance. Les études montrent que des anomalies génétiques peuvent apparaître dans la descendance, donc des problèmes de santé publique à prendre en charge dans l’avenir.

Quelles sont les faiblesses de cette loi ?
L’article 2 de la loi Morin dispose que seules les personnes qui peuvent prouver leur présence au niveau de Reggan ou d’In Ekker entre 1960 et 1966 sont indemnisables. Les Français à l’époque n’avaient délivré aucun papier et avaient pris les cartes d’identité des gens. Il n’y a pas de traces, donc pas de preuves pour les victimes. Les listings ont été également pris et ces archives sont inaccessibles de par la loi. La France a indemnisé les victimes polynésiennes des essais nucléaires dans l’atoll de Mururoa parce qu’il s’agit de citoyens français. Mais ce cas constitue un précédent, et pour peu que le problème de Reggan et d’In Ekker soit posé au niveau diplomatique, il pourrait y avoir des avancées. Sinon il existe des recours à faire auprès des juridictions internationales, comme la cour de justice européenne.

Ce livre se veut donc un plaidoyer...
Il est d’abord destiné à informer le public algérien et surtout les habitants des régions concernées et leur expliquer qu’il y aura encore des victimes par transmission héréditaire qu’il faudrait prendre en charge dans le futur. Mais il faudra surtout décontaminer les énormes surfaces irradiées estimées à plus de 100 000 km2.
C’est d’abord une affaire de l’État algérien qui doit plaider cette cause dans ses relations diplomatiques avec l’État français pour qu’il y ait un partenariat à cette fin.
L’État doit faire le point de la situation dans les territoires contaminés.
Une information complète et responsable doit dissuader les gens de pénétrer dans les espaces à haut risque.
Le livre vise également à éclairer l’opinion publique et à sensibiliser aussi bien les décideurs que les intellectuels au cas des irradiés qui est un problème de santé publique avant d’être une simple question de droit, c’est-à-dire d’indemnisation.
 .


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