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Culture / Culture

Ses mémoires seront prochainement publiés

Leuldja Aoudia, une héroïne peu connue

© D.R

Leuldja Aoudia, née Boudaa en 1939 à Aomar (Bouira) est ce qu’on pourrait appeler une “moudjahida de la première heure”. Elle fait partie – pour ne pas dire la première – des femmes algériennes à rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN) de 1955 à 1962. Dès 1956, alors qu’elle n’a que 17 ans, elle est envoyée à Paris (France) en tant qu’agent de liaison permanent où elle travaillera comme infirmière à l’hôpital Cochin (Paris 14e). Sa mission, sous les ordres du professeur Boudjellab, était d’acheminer tout ce qui est médicaments et instruments chirurgicaux vers un dépôt aménagé à cet effet à Bobigny. Il lui arrivait également de transporter de l’argent ainsi que des armes d’un point à un autre selon les instructions reçues. Son parcours d’infirmière, de militante, de messagère, d’intermédiaire, de moudjahida fut riche en rencontres et jalonné de rebondissements, de joies, de déceptions et de douleurs.

Elle approcha de très près de nombreux compagnons de lutte dont le souvenir lui faisait parfois verser des larmes. Elle fut souvent emprisonnée, car soupçonnée, puis relâchée faute de preuves. À propos de son passé révolutionnaire méconnu de la plupart des Algériens, elle avait déclaré à la presse que c’est “une autre époque, un autre état d’esprit…”, non sans lancer son fameux soupir légendaire qu’elle convoque à chacun de ses souvenirs, et lors de chaque rencontre organisée par l’association culturelle Témoignage et Mémoire, créée par son fils Mohammed Mekid, dans le but de ressusciter la mémoire des membres de la Fédération de France du FLN.

À chacune de ces rencontres qui étaient “une fierté car (son) jeune fils avait pris le flambeau de la mémoire”, et lorsque sa santé le lui permettait encore, elle apportait humblement, presque timidement même, un petit témoignage personnel de ce parcours lointain mais toujours présent, par bribes, par déclics. En 1962, à 23 ans, elle rentre en Algérie car “on avait besoin d’elle” et on lui confia la mission d’“encadrer des femmes en Kabylie”. Ce qu’elle fit, mais les circonstances de la vie ont fait qu’elle retourne en France pour y vivre une autre vie et y mourir en ce 10 juin 2020, non sans laisser une belle mémoire en héritage et un projet d’écriture qui verra le jour prochainement et dont elle dira de son vivant : “Je vais écrire un livre sur mon parcours de moudjahida, ce sera peut-être avec ce titre : Les soupirs d’une moudjahida…” Des soupirs qui s’entendront sans doute à chaque lecture… 

 

 

Samira Bendris-Oulebsir


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