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Culture / Culture

SALAH AMOKRANE, Directeur national du PPCA

“L’Immidir est un sanctuaire du patrimoine archéologique du Sahara central”

Liberté : Avant d’aller aux objectifs de l’atelier technique et du profil écoculturel de l’Immidir, parlez-nous d’abord de la mission de terrain effectuée tout récemment dans ce site prioritaire ?   
Salah Amokrane : Il faut savoir que cet atelier intervient dans le cadre de la présentation des résultats de la mission effectuée dans une partie du site prioritaire de l’Immidir. L'analyse préliminaire des matériaux et des données récoltés sur le terrain dévoile l'intérêt du site et son importance en le plaçant comme un sanctuaire de la biodiversité et du patrimoine archéologique du Sahara central, et dont la portée scientifique dépasse les limites géographiques du territoire du parc culturel de l'Ahaggar. Les informations obtenues seront mises à profit dans le cadre d'une approche plus vaste visant à élaborer le plan d’action et à organiser un processus de planification d’activités. Les efforts consentis par l’équipe technique et celle chargée du soutien logistique se sont soldés, je dirais même récompensés par d’importants résultats, qui relèveront certainement de connaissance scientifique de la diversité naturelle et du patrimoine archéologique de l’Immidir. En effet, les deux secteurs, objets des travaux de terrain, ont livré d’importantes informations se rapportant à la diversité naturelle : habitats, faune, flore et zones humides, et au patrimoine archéologique, particulièrement d’âges préhistorique et protohistorique : sites d’habitats du paléolithique, sites d’habitats du néolithique, stations d’art rupestre et monuments funéraires divers.

L’élaboration d’un plan de gestion de l'Immidir relève donc des priorités de la direction nationale du PPCA...
En effet, il est considéré même comme un objectif majeur qui mérite une attention toute particulière à l’effet d’asseoir une gestion inclusive et durable soutenue par des approches axées sur l’intégration des différents partenaires intervenant dans le territoire du site prioritaire et surtout dresser l’inventaire général de ses biens naturels et culturels afin d’en assurer la diffusion.  Il est également important de concocter des programmes de conservation et de valorisation des ressources naturelles et des biens culturels à même de mettre en place des plans de contrôle et de gestion administrative et participative du site.

Que voulez-vous dire par la gestion administrative et participative du site ?
Pour l’élaboration du plan de gestion du site, il est préconisé de passer par deux types de gestion. La gestion administrative qui repose sur la proposition d’un maillage administratif comprenant tout ce qui est division, subdivision, postes de contrôle en application du nouveau statut de l’Office national du parc culturel de l’Ahaggar. 

Elle porte aussi sur l’élaboration des études en mesure de définir les besoins en matière d’emploi pour doter les nouvelles structures de gestion proposées pour le site prioritaire de l’Immidir, ainsi que sur l’évaluation technique et financière relative à la réalisation et à l’équipement de l’infrastructure de gestion et de conservation du site.  Concernant la gestion participative, le but est de lancer le processus de concertation avec les partenaires et les différents intervenants dans le site, notamment la population nomade.  Ce faisant, il est donc primordial de réparer la plateforme multi-acteurs pour la gestion participative des ressources naturelles et culturelles de l’Immidir et de proposer la charte pour y engager des partenaires dans la politique de planification et de gestion opérationnelle des patrimoines existants.  Il faut également mettre sur pied un programme d’écodéveloppement intersectoriel au niveau local en faisant intervenir la collectivité, le parc culturel et les directions techniques de wilaya en charge de la gestion et la conservation des patrimoines naturel et culturel.  Une fois tous ces facteurs réunis, on procédera à un troisième type de gestion qui ne manque pas d'importance.
Lequel ?

C’est la gestion territoriale et opérationnelle de la protection. Elle permettra d’identifier les principales voies d’accès au plateau de l’Immidir et d’élaborer un plan de protection basé sur la réalisation du réseau de postes de surveillance et la mise en place des brigades mobiles de contrôle. La protection vient également par la mise en place du plan de contrôle cyclique des principaux biens archéologiques et ressources du patrimoine naturel identifié et d’une méthodologie d’inventaire des patrimoines naturel et culturel associés.

À ce stade on pourra même réaliser des études de vulnérabilité des sites rupestres, notamment les abris de peinture atteints par de la dégradation naturelle induite par les différents phénomènes et agents climatiques et une étude sur les potentialités et la capacité de charge du site de l’Immidir en matière de valorisation touristique après 40 ans d’exploitation. Comme on peut élaborer une stratégie de valorisation et de diffusion des principales valeurs patrimoniales du site. 


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