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Culture / Culture

…SOUFFLES…

LLC : Lecture, liberté et citoyenneté

Amine Zaoui

Sous le ciel d’Allah, les goûts se conjuguent au pluriel, pour l’éternité humaine. La diversité tant défendue a besoin d’écrivains divers, différents dans leurs sensibilités esthétiques, politiques, linguistiques… Le droit à la différence est le centre même de la citoyenneté.
La société qui croit en un seul dieu, en un seul chemin qui mène à ce dieu unique, qui croit en un seul livre est une société condamnée à la haine, à l’intégrisme et à la guerre. En somme, condamnée à la disparition, à l’extinction.
Je vous raconte ce qui est raconté, noir sur blanc, dans nos livres :  
“… Il était une fois un certain général arabe appelé Amr Ibn-al-Ass (573 - 664) lors du siège de la ville d'Alexandrie en 642, ne sachant que faire du contenu inestimable de sa célèbre bibliothèque, aurait demandé conseil au calife Omar Ibn-al-Khattab (634 à 644), qui lui répondra en ces mots : "Si ces livres sont conformes au Coran, ils sont inutiles et tu peux les détruire.
S’ils sont contraires, ils sont pernicieux et tu dois les brûler".” Ceci n’est pas une fable, plutôt une réalité brûlante !
Je vous demande de relire sept fois cette histoire qui a fait partie de notre histoire tragique. Elle donne froid dans le dos !
Le dictionnaire le plus élémentaire nous apprend que “autodafé (du portugais auto da fé, venu du latin actus fidei — acte de foi) consistait, à l'origine, à brûler des livres considérés comme païens, blasphématoires ou immoraux (mesure qu'aurait pratiquée Paul de Tarse). Puis, au Moyen Âge, il devint la proclamation solennelle d'un jugement prononcé par l'Inquisition et dont l'exécution conduisait le coupable à sa destruction, mort ou vif, par le feu.”
Depuis l’histoire du général Amr Ibn-al-Ass et son chef Omar Ibn-al-Khattab avec la célèbre bibliothèque d’Alexandrie, les malédictions ne cessent de frapper en succession l'écrit et les écrivains libres appartenant à l'espace culturel arabo-musulman.
Depuis le jour où j’ai lu cette histoire du général Amr Ibn al-Ass et son chef Omar Ibn-al-Khattab, je suis habité par la peur du feu. On a peur pour les livres, pour les écrivains ainsi que pour la vie de nos chers.
J'ai eu peur pour ma bibliothèque ; mon Alexandrie à moi ! Et ma bibliothèque à moi n'est que ma mère. Femme-livre, gardienne singulière d'un trésor unique, notre culture orale ancestrale. Elle serait la première à me faire découvrir le plaisir des mots et l'amour de la lecture : lire d'abord par l'oreille !
L’écoute est une prière !
L'enfant que j'ai été, agrippé à cette mère, belle, coquette et pudique, je m’égarais dans les paradis des histoires fabuleuses racontées dans un arabe algérien mélangé aux mots berbères de M’sirda. Cette langue qui habite les langues, à qui je prêtais religieusement, pendant les longues siestes méditerranéennes et les soirées hivernales autour d'un brasero, entouré de mes sœurs, une oreille qui ne dormait jamais.
La lecture est une autre prière !
La voix mielleuse de ma mère me “psalmodiait” les histoires à l’image des prières.
Des histoires sur l'amour, les trahisons, les belles femmes, les cadis, la pauvreté, la richesse, l'argent, la sagesse, les juifs, les roumis, les musulmans, l'opportunisme, les guerres, les paix, le courage, la fidélité, les tromperies, les enfants, les animaux, les vices… tout ce que Dieu a créé et tout ce qu’Il n’a pas encore créé !
Ainsi, par la suite, à travers cette belle voix de ma mère, mon Alexandrie à moi, j'ai découvert la lecture des livres. L’écrit. La trace. Le monde des merveilles. La lecture est un courage, l’écriture aussi. Elles sont deux sœurs jumelles.
La société qui laboure la culture du “Un” est une société souffrante. Agonisante. La lecture libre est le combat contre la philosophie aveugle du “Un”. Un combat mené par les écrivains libres et les lecteurs libres.

A. Z.


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1 réactions
M.larbi le 31/10/2015 à 20h01

Ce texte démontre, si besoin est, la misère intellectuelle qui ravage ce pays. C'est d'une pauvreté épouvantable! Je n'ose croire que l'Algérie ait pu atteindre, en si peu de temps, les profondeurs abyssales de l'indigence culturelle. Quand on ne maîtrise pas la langue et sa syntaxe, quand on ignore tout du style et du rythme, alors on s'abstient d'écrire! C'est une exigence de salubrité publique! Mr Ziani n'a rien à voir avec la littérature. La langue de Molière lui est étrangère.

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