Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

Culture / Culture

L’écrivain Anouar Benmalek était l’invité de l’“Estrade” au SIla

“L’unicité du monde arabe est un mythe”

L’écrivain Anouar Benmalek (à droite), samedi dernier, au Sila. ©Menasria-Liberté

L’écrivain  Anouar Benmalek était l’invité de l’“Estrade”, samedi, dans le cadre du 22e salon international du Salon du livre d’Alger (Sila). La rencontre a été animée par le journaliste Youssef Saïah, qui a qualifié Anouar Benmalek d’écrivain difficile à mettre en “cage” car, à la sortie de chaque roman, “il nous surprend”.
Suite à cette introduction, l’auteur de Rapt est revenu dans sa communication sur le rapport de l’écrivain avec le monde arabe ainsi que sur son dernier roman Fils de Shéol paru à Casbah éditions, 2016. Il commence d’emblée à interroger sur le positionnement des écrivains dits “Arabes” dans leur écriture. Sur cette question, il explique que le mot arabe est “si chargé politiquement, qu’il est presque considéré comme une insulte”. Toujours selon le conférencier, le monde arabe est “extrêmement protéiforme” car une certaine “pensée simpliste le caricature en termes d’une unicité qui n’existe pas !”.  À ce propos, il a évoqué l’islam, considéré comme une question politique. “L’islam est divisé en deux courants : sunnite et chiite. Les différences ne sont pas seulement cultuelles mais aussi politiques, et cela crée parfois des états de guerre, à l’exemple de l’Irak et de la Syrie”. Sur ce point, Anouar Benmalek a mis l’accent sur les autres religions dans les pays arabes, notamment les coptes en Égypte, et les langues parlées dans ces régions (kurdes, berbères, dialectes…). “Toute cette prétendue unité du monde arabe du point religieux n’existe pas. L’unicité du monde arabe est un mythe et un fantasme utilisés par tous les pouvoirs actuels pour asseoir une domination culturelle et politique”, a-t-il précisé. Et de poursuivre : “Il y a une seule chose où cette unicité existe, et ce, dans les différentes manières de faire des régimes de ces régions : les monarchies, les républiques, les émirats, les mélanges audacieux et incestueux des régimes précédents, telles les républiques monarchiques comme la Syrie, et à la tentation monarchique de notre pays.” Pour l’écrivain, cette “diversité de passades des pouvoirs” n’empêche pas “ces pays d’agir de la même manière envers leur population : le mépris, la répression, la censure des médias, l’intolérance extrême, l’élection truquée…”. Pour ces facteurs qui érigent les pays arabes, l’orateur a signalé que pour “un écrivain dit arabo-berbère, qui vit dans des sociétés aussi complexes, il n’y a qu’une seule issue honorable : celle de continuer à écrire”. Et de conclure à ce sujet : “Je parle sur ce monde arabe avec colère parce que je l’aime passionnément. C’est le monde où j’ai grandi, où mon imaginaire d’écrivain est né ! Il faut dire ce qui ne va pas pour les gens qui luttent.”
Concernant son dernier roman Fils de Shéol,  qui traite de deux événements, à savoir le génocide des juifs et celui des héréros, un “génocide beaucoup moins connu en Namibie”, Benmalek a informé que la presse occidentale a écrit que c’est “le premier livre arabe qui parle de la Shoah”. Sur son rapport avec l’écriture, l’auteur a raconté avoir écrit sur ce qu’il connaissait le mieux : l’Algérie (la guerre, la terreur islamiste…). “J’ai écrit aussi sur le Moyen-Orient et la cause palestinienne.” Avant d’entamer l’écriture d’un roman, Anouar Benmalek a indiqué que son inspiration partait d’une question. “À chaque fois que je me suis posé une question, j’ai écrit un roman. En réalité chaque roman est une tentative de répondre à cette question posée”. Pour Fils de Shéol, l’auteur s’est demandé “Qu’aurais-je fait si j’étais un Allemand juif pris avec ma famille par les Nazis en route vers la chambre à gaz ?”. “J’ai voulu écrire ce roman afin de rompre avec une idée terrible, celle de dire si nous sommes pro-Palestinien, nous sommes antisémites”, une idée reçue qu’utilise “Israël contre les Arabes”.  

Hana Menasria


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER