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Culture / Culture

Les plaques en folie de la Casbah

L’usage sous-culturel de l’outil toponymique en est la cause

La rue Boudriès père et fils à Bir Djebah, transcrite “Bouderiase” ©Louhal Noureddine

De la rue “Brahim-Fatah” (ex-rue de la Girafe), qui s’écrit présentement avec l’intonation orientale d’“Ibrahim-Fateh”, à la rue “Boudries père et fils” (ex-rue de Thèbes) devenue “Bouderiase”, les exemples “d’étourderies orthographiques” ne manquent pas dans le seul quartier de la Casbah.

Si l’anthroponymie est une branche de la lexicologie qui permet d’étudier l’origine des noms propres ainsi que leur origine et leur évolution, en revanche la toponymie permet de s’instruire, voire de s’enquérir sur les noms de lieux. Or ce n’est pas le cas pour l’intitulé de nos rues, où leur dénomination s’en trouve dans bien des cas “charcutée” ! C’est le cas en haut de “Triq El-Casbah”, l’actuelle rue Rabah-Riah (ex-Porte-Neuve) où une coquille fait violence à l’exactitude du nom d’une z’niqa, où il est écrit “Mustapha-Jouab” au lieu de “Mustapha Djouab”. Ce cas, qui n’est pas isolé, dénote, si besoin est, de la légèreté dans le libellé des plaques toponymiques ainsi que l’indigence d’une recherche feuilletée sur les personnalités historiques.
Pour s’en convaincre, l’enseigne au nom réel de “Brahim-Fatah” (1850-1928) (ex-rue de la Girafe) s’écrit présentement avec l’intonation orientale d’“Ibrahim-Fateh”. Pis, l’écriteau à l’exact nom de “Boudriès père et fils” (ex-rue de Thèbes) s’est transcrit “Bouderiase” à l’îlot de Bir Djebah. Autre exemple d’étourderie orthographique, l’impasse “Silène” dans l’îlot d’Ali-Medfâa à la Basse Casbah, s’énonce d’inexacte inscription : “Silan” au lieu de “Silène” de la mythologie grecque : “Silène (ou Papposilène) était un satyre et le dieu personnifiant de l'ivresse et qui prête également son nom à une plante herbacée.” C’est dire l’hilarité de la nouvelle enseigne de “Silan”, qui est en réalité une marque d’adoucissant de lessive, puisque c’est “un composé de formule SiH4 et l’analogue structurel siliceux du méthane”. Alors, pour ne pas induire le citoyen en erreur, le bon sens dicte à ce que l’incorrecte pancarte toponymique soit déboulonnée de cette impasse qui est perpendiculaire à la rue Amara-Ali dit Ali la Pointe (1930-1957) (ex-Randon) dans la Basse Casbah. Autre carence relevée sur les plaques toponymiques, rares les noms de nos “chouhada” (martyrs) qui soient suivis de leurs dates de naissance et de décès. Ce qui ni n’instruit nos enfants ni ne renseigne le touriste. Outre cela, le baptême de nos rues n’échappe pas à l’hallucinant “double emploi”. C’est l’exemple tout récent du passage qui assure la liaison de la place Maurice-Audin (1932-1957) vers la rue Arezki-Hamani (ex-Charras) qui a été dénommé au nom de “Abdelkrim-Dziri”. S’il en est, c’est de l’illogisme, étant donné qu’il existe déjà à El-Biar un chemin au nom de “Abdelkrim-Dziri” (ex-Pasteur) qui s’ouvre sur l’hôpital Djilali-Belkhenchir (1941-1993) (ex-Birtraria). Donc, si les nouvelles dénominations sont suggérées par la municipalité avec l’apport du citoyen ainsi qu’une commission qui est présidée par le wali d’Alger, pourquoi y a-t-il autant de bourdes autour de nos plaques toponymiques ?

Louhal Nourreddine


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