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Culture / Culture

Il est derrière le lancement des rencontres cinématographiques de Hassi Messaoud

Maher Tliba : “Le cinéma est un bon créneau pour les investisseurs algériens”

Maher Tliba. ©D. R.

Directeur général de Tliba travaux publics, cet homme d’affaires est l’initiateur de ces rencontres qui se sont tenues à Hassi Messaoud, du 18 au 22 décembre. Dans cet entretien accordé à quelques journalistes, Maher Tliba est revenu sur ses motivations et l’objectif de cette 1re édition dédiée aux films arabes présélectionnés aux Oscars.

Liberté : Vous avez créé et financé ces premières rencontres cinématographiques de Hassi Messaoud. Pourquoi avoir choisi le secteur culturel, mais surtout comment est né ce projet qui représente une première du genre dans le pays ?
Maher Tliba :
Cette initiative est née, il y a un mois, plus précisément trois semaines. J’en ai discuté à Alger, avec des amis du staff du Festival du film arabe d’Oran. Comme l’État encourage les opérateurs privés à investir dans le secteur culturel, nous avons rencontré le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, pour lui proposer le projet d’organiser des rencontres cinématographiques à Hassi Messaoud, en précisant que cet événement serait financé par nos propres moyens. Le ministre a apprécié cette initiative, d’ailleurs il nous  a encouragés, car le marché cinématographique est très important dans le secteur culturel. Il faut préciser également que le wali d’Ouargla ainsi que les élus de la ville nous ont également soutenus dans ce projet. À travers ces rencontres, nous voulions donner un aspect culturel à cette ville considérée comme une zone à haut risque. Quand on dit Hassi Messaoud, c’est toute l’Algérie qui est représentée dans cette commune. En fait, elle rassemble des citoyens des 48 wilayas. Ses habitants sont issus des quatre coins du pays. Dans les salles, il n’y avait pas que des gens du Sud, mais de tout le pays. Et cette manifestation a illuminé la ville. Pour la concrétisation de cette manifestation, nous avons reçu l’aide de différentes entreprises et établissements hôteliers pour loger les invités. Quant à l’entreprise  les Grands travaux pétroliers (GTP), elle a prêté sa salle de conférences pour les projections. Nous pouvons dire que chacun a contribué à sa manière pour la réussite de cet événement.

Cette première édition était dédiée aux films arabes présélectionnés aux Oscars 2017. Vous avez assuré le côté financier, mais qu’en est-il de la programmation ?
La programmation et l’organisation de cet événement ont été réalisées avec le soutien de Brahim Sediqi (commissaire du Festival d’Oran), Hassen Benzerari et l’association Lumières. Dans cette démarche, ils nous ont énormément aidés, et ce, dans le seul but de faire rayonner culturellement cette ville. Sur le choix des films arabes présélectionnés aux Oscars, en réalité, en tant que personne, j’aime le cinéma. Un chef d’entreprise est constamment à la recherche d’un projet qui marche pour véhiculer un message, et le 7e art est un vecteur important : il touche toutes les catégories de la société, il permet d’inviter des artistes arabes ou occidentaux, de faire passer des messages et il donne l’occasion à l’Algérie d’être visible. Ces rencontres sont un message qui incite les hommes d’affaires à investir dans le secteur culturel. Le cinéma est un bon créneau pour les investisseurs algériens. Nous étions quatre personnes à financer cet événement. C’est là un message pour tous les opérateurs économiques. D’ailleurs, hier (mercredi dernier, ndlr), des hommes d’affaires de Mila, ont discuté avec Brahim Sediqi, pour avoir des informations sur la réalisation de ce genre de projets. Il ne faut pas négliger, que cette démarche émanant d’hommes d’affaires est une première dans tous les pays arabes.   

Les opérateurs économiques investissent habituellement leur argent dans des projets rentables. Alors que ces rencontres étaient gratuites au public…
Cette initiative représente un sacrifice. Pour un homme d’affaires gagner de l’argent n’est pas forcément prioritaire. Perdre de l’argent pour le rayonnement culturel, ce n’est pas une perte pour moi. L’État a donné énormément pour le secteur culturel. C’est tout à fait logique d’encourager et d’investir dans ce domaine, qui, même s’il n’est pas rentable, apporte un plus au citoyen. C’est un projet que j’ai réalisé dans ma ville et pour Hassi Messaoud.

Le ministre de la Culture a invité, à maintes reprises, les privés à sponsoriser des films. Après avoir financé cet événement, pensez-vous porter la casquette de producteur ?
Oui, pourquoi pas ! D’ailleurs, ce que j’ai apprécié aussi durant ces rencontres, c’est que les invités des pays arabes sont venus pour découvrir cet événement, mais ils étaient là également pour travailler. Il y a eu des négociations avec quelques artistes. En revanche, nous aimerions que ces films soient tournés dans notre région avec  la participation d’acteurs locaux.
Hassi Messaoud est une zone pétrolière, mais il y a les villes d’Ouargla et de Touggourt qui sont plus touristiques. Les films ne seront pas tournés forcément à Hassi, mais dans d’autres régions du Sud. Pour les participants aux ateliers de formation : infographie, analyse filmique et image, j’ai demandé à Brahim Sediqi, de leur permettre de finaliser leurs stages lors de la 10e édition du Festival du film arabe d’Oran.  C’est mon entreprise qui s’occupera de la prise en charge de ces stagiaires à Oran.  

Ces rencontres ont été clôturées hier (mercredi 21 décembre, ndlr), pensez-vous que cette édition est une réussite ?
Pour moi c’est une réussite, car nous avons pu la réaliser en un mois, et nous avons pris un risque. Si les rencontres sont maintenues par l’État, nous réaliserons une deuxième édition, et nous aurons, cette fois-ci, toute une année pour sa préparation. Pour la prochaine édition, nous allons viser plus haut, car nous allons avoir plus de temps.
D’ailleurs, nous allons élargir la géographie de nos films, avec la projection d’œuvres occidentales. Quand on investit pour son pays, ce n’est pas une perte. En outre cela restera dans l’histoire. Il faut noter que dans le Sud, il n’y a jamais eu de festival de cinéma.

Propos recueillis par : HANA Menasria


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