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Culture / Culture

Projection du documentaire “D’da L’Mouloud” de Ali Mouzaoui

Mammeri vu par Djaout et Mimouni

Extrait du documentaire. © D.R.

Projeté dimanche à la cinémathèque d’Oran, ce film donne la parole à plusieurs protagonistes qui évoquent à leur manière le parcours, l’œuvre et le militantisme de l’auteur de la Colline oubliée.

En marge des travaux du colloque national sur “L’œuvre mammerienne revisitée à l’aune du 7e art”, organisé les 13 et 14 mai par le HCA et l’association Numidya, dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de Mouloud Mammeri, le public oranais a pu découvrir un documentaire intéressant consacré à l’œuvre et au parcours de l’écrivain, chercheur, anthropologue. Intitulé D’da L’Mouloud, ce film de 50 minutes, réalisé par Ali Mouzaoui en 1989, évoque les différentes facettes de l’auteur de La colline oubliée, notamment sa pensée littéraire, sa passion pour Ahellil et son militantisme pour la promotion de la culture amazighe.
Pour raconter cette tranche de vie de ce personnage atypique, le réalisateur a fait appel à plusieurs témoins ayant connu de près ou de loin Mammeri. On retrouve les écrivains Tahar Djaout et Rachid Mimouni, l’anthropologue Rachid Bellil, ainsi que le chanteur Lounis Aït Menguellet. Les protagonistes évoquent “l’œuvre de D’da L’Mouloud en soulignant les paradoxes et les achoppements ayant souvent entravé le parcours d’un intellectuel intègre et brillant mais marginalisé”. Afin de bien expliquer l’esprit mammerien, Mouzaoui vacille entre les témoignages de ces acteurs et des extraits d’interviews de l’écrivain données à la radio de Tizi Ouzou et dans une conférence animée dans une université. Dans son intervention, Mammeri parle du “génocide culturel” et l’importance de ne pas laisser la culture berbère être manipulée, car elle risque de mourir. Sur la critique de son roman La colline oubliée, jugée comme n’ayant pas parlé de la guerre de Libération, l’auteur s’est défendu en argumentant avoir écrit plus tard d’autres ouvrages sur cette thématique. À ce propos, Tahar Djaout a appuyé ces arguments en précisant que l’Opium et le Bâton est l’un des meilleurs romans sur cette période. Concernant l’adaptation au cinéma de son livre l’Opium et le Bâton, l’amusnaw a seulement parlé des personnages occultés dans le film, notamment Amirouche (qui fait référence au colonel, ndlr) et Akli… Au sujet de sa passion pour l’Ahellil, il a expliqué que cette communauté vivait recluse, ayant un patrimoine si important, se devait de les faire sortir de “l’ombre”, dans le but de présenter sa culture. Sur la personnalité de cet écrivain, les intervenants dans le film ont insisté sur le fait que cet homme n’était pas engagé, mais un homme libre, car il réalisait les choses et ses combats, sans se définir comme tel. D’ailleurs, Rachid Mimouni avait répété : “Mouloud est mort en homme libre.” D’da L’Mouloud est une œuvre à découvrir et à restaurer pour la mémoire et les nouvelles générations. À ce propos, Ali Mouzaoui a proposé au cours du débat de “mettre la version longue à la disposition des universitaires qui s’intéressent à l’œuvre et au parcours de Mammeri pour en faire un acte qui puisse se prolonger pour les autres chercheurs”, tout en précisant : “Je renonce à la propriété morale.” Lors du débat avec le public, il a été reproché au réalisateur de ne pas avoir abordé l’annulation de la conférence qui a provoqué le “Printemps berbère”. Sur cette remarque, le cinéaste a rétorqué qu’une partie de cette fameuse conférence a été montrée à l’écran, et qu’il ne pouvait tout raconter, car “un film est limité par le temps”. Par ailleurs, sur le combat et le militantisme de l’anthropologue pour la culture amazighe, Mouzaoui a précisé à l’assistance : “Ce militantisme a eu un impact qui va continuer en profondeur, c’est un impact vivant, ce n’est pas un impact de mode momentané qu’on ne peut cerner ni sur le plan de l’espace ni du temps.” Pour lui, Mammeri s’est adressé à “une élite, à des gens qui peuvent nous comprendre, mais le message en profondeur est plus important”. À ce propos, il a donné pour exemple l’Ahellil , qui “grâce” à Mammeri et aux chercheurs qu’il a entraînés dans son sillage, a été inscrit patrimoine immatériel de l’humanité en 2007. “Il y a eu un travail de profondeur, un travail honnête et un travail merveilleux qui a été effectué”, a-t-il souligné.
Sur le choix des protagonistes du documentaires, notamment Djaout, Mimouni, Aït Menguellet et Bellil, il a indiqué : “Quand nous réalisons un film, nous faisons des choix ! Dans la version longue il y a aussi Ouettar, Benhadouga et d’autres témoignages. Mais un film a une durée et il faut choisir pour qu’il y ait une certaine cohérence.” Quant aux images d’archives récupérées pour les besoins de cette œuvre, Mouzaoui a signalé qu’elles lui ont été remises par le Craps (actuel CNRPAH), le Mouvement culturel berbère (MCB), ainsi que par Mme Mammeri, mais qui a exigé de ne pas “montrer son mari avec certaines personnes”. Enfin, au sujet de la qualité du doc (absence de sous-titrage), le réalisateur s’est justifié sur le manque de budget, et cette technique demandait beaucoup d’argent. Mais le problème sera bientôt réglé, car El-Hachemi Assad a proposé sa réalisation par le HCA.


H. M.

 


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