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Culture / Culture

Il a été assassiné il y a 17 ans, le 25 juin 1998

Matoub célébré par la diaspora

©D. R.

Des hommages sont rendus au Rebelle dans plusieurs grandes villes du monde.
À Paris, la communauté est particulièrement active. Mais aussi ailleurs.
Ainsi, au Canada, plusieurs associations organisent chaque année des activités
pour honorer la mémoire de l’auteur A Kenza a yelli.
Matoub, de son vivant, a bourlingué dans le monde. Sa mandole en bandoulière et sa poésie inspirante comme seul viatique, le chanteur engagé, lâchement assassiné un certain
25 juin de l’année 1998 sur la route de Béni Douala en haute Kabylie, s’est construit une assise jamais démentie dans la diaspora, pas seulement amazighe. Il est à ce jour adulé aussi bien dans sa Kabylie natale qu’ailleurs dans le monde. C’est que Lounès a sévi sur nombre de scènes occidentales, les unes aussi prestigieuses que les autres : Paris, New York, Montréal, etc. À chaque fois, son public était présent et toujours en force. C’est que le Rebelle était devenu très vite un repère pour une jeunesse en quête de son identité millénaire ostracisée et sa liberté réprimée. La preuve, par ce jeudi apocalyptique de juin, il y a dix-sept ans, alors que toute la Kabylie était à feu et à sang, la diaspora s’est mobilisée comme un seul homme pour exiger la vérité sur l’assassinat de Lounès, alors au sommet de son art. Au Québec par exemple, une marche pacifique fut organisée dans les rues de Montréal par les membres de la communauté devant l’ancien siège du consulat général d’Algérie à Montréal. Aux États-Unis et en France également. Une mobilisation qui était également au rendez-vous quatre plutôt lorsqu’il fut kidnappé par le GIA en 1994. Depuis son lâche assassinat, devenue orpheline de son étendard, tout comme la Kabylie, la diaspora s’efforce d’honorer la mémoire de Matoub que des flibustiers de tous poils tentent de malmener en vain. C’est ainsi que chaque année, le douloureux anniversaire du 25 juin est commémoré pour rappeler la nécessité d’entretenir la mémoire de celui dont il faut continuer le combat. Des hommages sont rendus au rebelle dans plusieurs grandes villes du monde. À Paris, la communauté est particulièrement active. Mais aussi ailleurs. Ainsi, au Canada, plusieurs associations organisent chaque année des activités pour honorer la mémoire de l’auteur A Kenza a yelli. Ottawa, Québec et Montréal ont souvent vibré sous la voix unique de Matoub. N’a-t-il pas chanté, plutôt crié, Mazal ssut-iw ad ibaâzaq (ma voix continuera encore de tonner), après avoir été blessé par balle par un gendarme sur la route de Michelet, dans le sillage des évènements d’octobre 1988 ? Un gendarme qu’il brocarda d’ailleurs dans un chef-d’œuvre légué à la postérité.
Pour ce 17e anniversaire de son assassinat, un hommage plutôt intimiste a été célébré, mardi soir, à Montréal. Une soirée artistique organisée au Balattou par un groupe aux sensibilités musicales diverses. Ainsi, le chanteur Achour Zanoutène s’est associé avec Mourad Benfodil, un bassiste qui collabore avec des artistes québécois et berbères, et Azeddine Polyphène, un talentueux percussionniste du mythique groupe éponyme. La direction artistique a été assurée par Rafik Abdeladim, un ancien du groupe les Blues Hills de Bab Ezzouar.
Achour, natif de Asqif n Tmana, à Aïn El-Hammam, a acquis une grande expérience musicale au confluent de plusieurs sources d’inspiration, lui qui est issu de la génération des ensembles vocaux des années 1990. Lors de la soirée, presque tout le répertoire de Lounès y est passé. Avec le génie de l’artiste en moins. La rencontre a vu la participation d’un artiste kabyle, du nom de Rachid Azzouz, installé au Japon et venu spécialement pour honorer la mémoire du rebelle.

Y. A.


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