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Culture / Culture

L’artiste-peintre Mohamed Smara expose à Alger

“Méditation” autour de la symbolique du tifinagh

L’une des œuvres de l’artiste © Louhal/Liberté

Dans l’esprit du “harf” ou de la lettre il y a la révélation d’un signe mais aussi l’image à laquelle il est requis d’insuffler l’air de nuance qui illumine l’existence durant. À ce propos, “l’harf” ou la lettre c’est aussi l’âme du signe d’une civilisation dont l’éloquence reflète tantôt notre africanité et tantôt la berbérité d’où déferle l’éblouissant génie du faiseur du beau. D’où qu’il est convenu qu’il y a de l’art à extraire de la lettre. Mais pour se faire, l’oriflamme de la lettre et du signe se doit d’être hissée au vent afin d’être au même niveau que l’inspiration dite  inventive comme celle “des peintres de la Nahda” sur lesquels écrivait le poète Jean Sénac (1926-1973). Pour le curieux de l’art qui s’en souvient, c’était du temps où les Reski Zérarti, Denis Martinez, Jean de Maisonseul (1912-1999), Mohamed Aksouh, et Mohammed Khadda (1930-1991) créaient la peinture algérienne moderne sur les murs de la Galerie 54. Mais est-ce fini pour autant de l’école de la lettre et du signe ? Que nenni, puisqu’ils ressuscitent à la faveur de la “Méditation” de Smara Mohamed qui scrute et façonne la lettre et le signe à la galerie d’art Mohammed-Racim. Il y va ainsi l’artiste-peintre Smara Mohamed sur l’itinéraire de ses aînés où il a dressé son chevalet à l’école du “Noun”. Ceci dit, il n’y a pas de mots dans l’univers de Smara Mohamed mais seulement des lettres et aussi des signes si révélateurs de sens. À ce sujet, Smara Mohamed use des “Lettres arabes” pour l’esthétique qu’elles offrent à l’art pictural mais pour ce qu’elles évoquent aussi, a-t-on su de cet inspecteur de l’enseignement de l’art plastique. Issu de l’ITE de Khemis-Miliana, l’artiste Smara Mohamed désenchaîne la lettre du mot pour qu’elle reconquiert sa clef qui lui ouvre l’univers du signe et s’incarne pour une autre signification, a déclaré ce natif de Aïn-Defla. C’est le cas du “Tapis de Maâtka” où excelle le sceau et les symboles du terroir berbère et de l’africanité. Et à y voir de près, ces toiles  sont nuancées d’une gamme ocreuse, voire lumineuse, donc signe de bien-être à travers lesquelles l’artiste rend hommage à la culture millénaire africano-berbère. Et du “Losange” au cercle et du carré aux arceaux, l’artiste-peintre Smara Mohamed strie ainsi de ses pinceaux le sillage sur lequel il distille l’écho de sa touche qu’il étale sur “L’écrin de la mariée”. Méthodique, l’artiste assemble l’arabesque amazigh et la lettre jusqu’à obtenir l’idéale calligraphie où se reflète “La délicatesse” de l’inventivité. Subissant l’influence de Mohamed Khadda et d’Issiakhem M’hamed (1928-1985), l’artiste Smara Mohamed convie le visiteur à l’admiration de ses dessins de la lettre, où se reflète ce qu’il a de plus expressif, à savoir la symbolique contemporaine des signes du Tifinagh. Notamment les sigles et les logos du Maghreb et de l’Afrique qu’il a, à cœur de valoriser. Dépêchons ! C’est jusqu’au 23 mai prochain et c’est aussi le détour idoine pour ne pas voir passer le temps en ce mois sacré du Ramadhan.

Louhal Nourreddine


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