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Culture / Culture

Projection du documentaire “Derwisha” à Paris

Migration en Algérie : un voyage vers l’inconnu

Le Musée de l’histoire de l’immigration, situé au Palais de la Porte dorée, dans le 12e arrondissement de Paris, a abrité mercredi dernier la projection du film documentaire qui parle d’un groupe de migrants africains logés dans une maison inachevée au lieudit “Derwisha”, dans la commune de Aïn Benian. Titre sinistre pour un endroit lugubre, alors que cette localité de la banlieue ouest d’Alger est plutôt connue pour ses plages et son opulence agricole et commerciale. Comme toutes les agglomérations, l’ex-Guyotville a vu pousser de nouveaux quartiers marqués par un désordre urbain et des constructions anarchiques dont beaucoup restent longtemps à l’état de chantiers. C’est dans l’une de ces maisons inachevées que Leila Berrato et Camille Millerand plantent le décor de leur documentaire, Derwisha, qui zoome sur des migrants africains venus en Algérie dans l’espoir de gagner l’Europe. Hommes, femmes et enfants mènent une existence précaire dans une bâtisse en chantier que leur loue en toute illégalité un propriétaire sans scrupules qui exploite leur détresse pour les “loger” dans des conditions d’insalubrité, d’inconfort et d’insécurité absolues. Entassés dans des réduits sordides, souffrant de la chaleur ou du froid, hommes, femmes et enfants subissent leur sort en rêvant à des jours meilleurs. “Nous ne cherchons pas le luxe, mais seulement à améliorer notre situation, une vie digne et un minimum de confort pour nous et nos familles, ce que nos pays sont loin de nous offrir. C’est le ras-le-bol qui nous pousse à l’aventure.” Les propos, partagés par ses camarades d’infortune, sont d’un migrant d’origine camerounaise. En attendant, ils se débrouillent comme ils peuvent : ouvriers dans les chantiers du BTP, nounous, employées des hammams… Mais certains veulent aussi faire la fête à coup de décibels, de soirées arrosées et de fréquentes bagarres. Le voisinage finit par réagir, d’abord en coupant souvent l’électricité de la bâtisse, occasionnant l’avarie des maigres provisions dans le frigidaire et frustrant les jeunes de ne pas suivre des matchs de foot à la télé. Les bons vont payer pour les mauvais : la bâtisse sera évacuée de force puis rasée.
Les migrants  se dispersent dans Alger et sa périphérie. Le mérite du documentaire est de donner des visages, des noms et des caractères à des personnes dont le terme générique de “migrants” pourrait faire oublier qu’il s’agit d’êtres humains qui souffrent physiquement et moralement et qui ont le courage de garder espoir contre vents et marées.
Lors du débat, une critique a visé l’absence de relations entre les migrants et les habitants du quartier. Pour les réalisateurs, en dehors du travail, les migrants n’ont pas de relations avec les Algériens. Ce serait donc une image réelle que de les montrer cloîtrés dans leur taudis. L’auditoire apprendra également que certains migrants avaient refusé de se faire filmer et que d’autres avaient exigé de l’argent. Au final, la majorité a accepté de jouer le jeu dans le seul but de montrer leur combat sur le chemin de la réussite.
“Ici en Algérie, nous cherchons un métier et du travail pour gagner dignement notre vie et assurer un avenir meilleur à nos enfants, ce qu’il nous est impossible d’espérer chez nous”, souligne un homme qui supervise par téléphone les devoirs de sa fille restée au Cameroun, manière de garder le contact avec sa famille et sa terre natale. Loin des considérations géopolitiques et des enjeux des phénomènes migratoires, le film en privilégie  la dimension humaine en plaçant au centre du sujet des hommes, des femmes et des enfants qui souffrent de leur état mais qui gardent l’espoir d’améliorer leur situation.


A. B.


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