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Culture / Culture

Manu Dibango est décédé mardi à l’âge de 86 ans

“Night in Zeralda”, un tube immortel

© D. R.

Le saxophone  est  désormais  orphelin du souffle  de  son maître Manu Dibango, qu’il a rendu  en  ce  funeste  mardi  du  24  mars  à  cause  du coronavirus. Mais ce qui est étrange, c’est qu’aucun média au monde n’a fait cas de son séjour sur la côte turquoise d’Alger. 

C’est à croire qu’il n’a  jamais mis les pieds  à  Alger, alors qu’il  se  produisait tous  les soirs à la boîte de nuit baptisée tantôt La Khaïma et tantôt La Dechra, qui était située à proximité du club équestre de Zéralda. “Encore méconnu sur la scène artistique, il m’a offert son disque Hot Thing, qu’il a enregistré sous son pseudonyme Junior Dibbs. Et à ses moments d’entracte, le défunt parlait de l’Afrique d’où il puisait sa musique”, se souvient notre confrère Aziz Fares.

D’ailleurs, c’est  sur  cette  scène  qu’il  a  côtoyé  le  pianiste  Rachid  Bahri, le  leader du  groupe pop The Life et le jazzman Boualem Hamani dit Bill. “Il était accompagné de ses propres musiciens jusqu’au jour où il m’a dit : ‘Que dirais-tu si j’intègre Rachid Bahri dans mon orchestre ?’ Je lui ai répondu qu’il ne trouverait pas mieux, et c’est ainsi que l’enfant de Belcourt est allé faire une belle carrière en Europe”, a ajouté l’ancien animateur-radio de la Chaîne III.

“C’est au défunt Abdelkader Khalef, l’ancien président de la JSK et directeur général de l’Onat, que l’on doit la découverte de la pépite Manu Dibango, qu’il a fait venir à Alger où il logeait à l’hôtel Les Sables d’or à Zéralda”, a-t-on su de l’écrivain Saïd Boukhelifa.

Reconnaissant,  l’enfant  de  Douala  (Cameroun) a  fait  don  à  Zéralda  de l’indémodable Night in Zeralda (1972), “en  opposition à  A Night  in  Tunisia (1942), qui est une composition du duo américain le trompettiste, John Birks Gillespie dit Dizzy Gillespie (1917-1993) et le pianiste Frank Paparelli (1917-1973)”, a déclaré l’auteur de Mémoires touristiques algériennes (1962-2018) (à compte d’auteur, 2018).

Du  reste, l’Alger,  ou La  Mecque  des  révolutionnaires  qu’elle  a  été  en ce temps-là, fut  le tremplin  vers  le  succès  d’Emmanuel  N’Djoké Dibango,  dit Manu Dibango, a conclu notre interlocuteur. 

Alors, et pour lutter contre  l’oubli, n’est-il pas  temps  de  baptiser une rue de Zéralda ou d’Alger au nom du  père  de Soul Makossa (1972)  à  l’aide  d’un écriteau où sera buriné pour la postérité  le  séjour  fécond  de  celui  qui a immortalisé Zéralda  au panthéon  de l’âge d’or du tourisme ? Pourquoi pas ?
 

LOUHAL  Nourreddine 


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