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Culture / Culture

Seydou Nourou Ndiaye, éditeur sénégalais, à “Liberté”

“Notre objectif est d’arriver à une coordination entre éditions africaines”

© D. R.

Éditions Papyrus Afrique est une maison d’édition francophone qui publie surtout en langues africaines. Créée en 1996, elle s’est donné comme mission “le développement d’une littérature moderne en langues nationales”. Riche d’un catalogue de plus de 130 titres publiés dans les langues de l’Ouest africain, cette maison s’est vu décerner le Prix Alioune-Diop pour la promotion de l’édition en Afrique en 2002, et le Prix national pour la promotion de l’édition au Sénégal en 2005. Présent à la 24e édition du Salon international du livre d’Alger (Sila 2019), son fondateur et directeur général, Seydou Nourou Ndiaye, a bien voulu répondre aux questions de “Liberté”.

Liberté : Quelques mots sur votre maison d’édition au lectorat algérien ? 
Seydou Nourou Ndiaye : Notre maison d’édition installée au Sénagal est “panafricaniste” et a été créée le 25 mars 1996, donc elle a 23 ans d’existence. Nous avons près de 150 titres principalement en langues africaines car nous en avons senti le besoin dès le départ. À cette époque, les maisons d’édition ne proposaient que des publications en langues étrangères, en français ou autres langues, et n’étaient donc destinées qu’à une élite, alors que la majeure partie de la population était en marge du livre et de la lecture.

Notre objectif fut donc de toucher cette frange de la société et nous avons alors pris ce risque fou de lancer l’édition en langues africaines de la région, et depuis ça continue et ça marche bien ; il faut savoir qu’à cette période il y avait des auteurs qui écrivaient en ces langues africaines et ne trouvaient pas éditeurs, et des lecteurs qui voulaient lire dans ces langues et qui ne trouvaient pas de livres, nous avons donc fait la jonction entre les deux et ça a marché. Nous avons répondu à une attente.

D’ailleurs, nous avons reçu le Prix Alioune Diop pour la promotion de l’édition en Afrique en 2002, et le Prix national pour la promotion de l’édition au Sénégal en 2005. Nous sommes d’autant plus contents car nos publications ont dépassé le Sénégal et sont lus aussi bien en Mauritanie qu’en Gambie ou en  Guinée-Bissau ; les langues utilisées sont des langues transnationales qui traversent tous ces pays comme le fufuldé, le houssa, le yoruba, le pulaar, par exemple, ou encore le wolof au Sénégal. 

Vous étiez présent au Salon international du livre d’Alger, le public était-il intéressé par vos ouvrages ? 
C’est notre seconde participation au Sila d’Alger ; nous étions venus une fois en compagnie d’une de nos conteuses et cette année en tant que pays invité d’honneur.

Nous avons ramené quelques échantillons de nos publications en langues africaines pour les exposer ici, mais nous avons aussi des publications en français, ce qui intéresse le plus le lectorat algérien bien sûr, et en particulier le livre de Lilian Thuram Mes étoiles noires ; de Lucy à Barak Obama, publié dans le cadre de “L’Alliance internationale des éditeurs indépendants” à laquelle nous faisons partie et qui publie des ouvrages jugés importants à lire mais parfois inaccessibles à beaucoup car coûteux ; une manière d’aider le lectorat à petites bourses dans certains pays. D’ailleurs les éditions algériennes Barzakh en font partie.

Ce livre de Thuram a connu un franc succès partout où il a voyagé. Non seulement son auteur est connu comme footballeur international, mais le message qu’il y véhicule contre le racisme et les préjugés est très fort et touche tout le monde et partout.  

La littérature algérienne est-elle connue au Sénégal ? 
Non pas vraiment, je dois dire ; à part quelques noms connus à l’international comme Mohammed Dib, Kateb Yacine un peu, ou plus récemment Yasmina Khadra et Kamel Daoud, mais pas plus. Mais on les connaît surtout de nom, sans vraiment les lire. Et je pense qu’il y a un travail à faire de ce côte-là.

Justement, votre participation cette année va-t-elle donner ses fruits ? Justement c’est ça mon combat et je l’aborde dans la rencontre autour de cette problématique.  Il y est question de réflexion autour de l’édition au Sénégal, mais moi mon objectif est d’arriver à un travail commun sur le terrain, à une coordination de nos efforts entre éditeurs africains pour des échanges et des partenariats directs sans devoir passer par une tierce entité étrangère comme L’Harmattan ou autre groupe. 

Mais pour ce faire, il faut alléger les dispositions administratives et surtout les transactions financières qui passent par des tracasseries lentes et décourageantes à la longue, alors que le livre est un produit culturel qui doit être plutôt aidé à circuler en toute liberté entre les pays au lieu de se voir bloqué.

Mais d’un autre côté, je dois dire que nous devons nous, éditeurs africains, nous sentir chez nous là où nous nous trouvons et nous acclimater avec les conditions qui se présentent à nous.  Pourquoi les autres arrivent à faire ça et pas nous ?  C’est un combat qui peut être mené par de petits éditeurs comme nous qui ont un même objectif, celui de faire connaître leurs littératures respectives…
 

Propos recueillis par : Samira Bendris-Oulebsir

 


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