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Culture / Culture

…SOUFFLES…

Officiellement le “Maghreb arabe” est mort !

© D.R.

La terre de Tamazgha, et depuis les indépendances nationales de ses pays, traine derrière elle un cadavre politique en état de décomposition avancée. Ce cadavre s’appelle “le Maghreb Arabe”.

C’est un mensonge politique qui s’est nourri d’une rhétorique vide soutenue par une langue de bois froid.
Un énorme mirage économique en forme d’un joint de haschich.
Pouvoir après pouvoir, qu’importent les appellations, qu’importent les couleurs ; socialiste, islamiste, djamahiriste, royaliste ou laïc, ces pouvoirs en crise chronique, et afin de faire taire les enfants de Tamazgha, ont essayé d’insuffler la vie dans le corps d’un mort né-mort, mais en vain ! Le temps des prophéties est révolu.
L’Union du “Maghreb Arabe” est morte depuis sa naissance, elle est rassasiée de sa mort !
Avec l’officialisation et la constitutionnalisation de la langue amazighe en Algérie, au Maroc et très prochainement en Libye et en Tunisie, l’annonce de la mort du “Maghreb Arabe” est officielle. Le mensonge est mis à nu. Cette union est née-morte. Chimère. Tout simplement parce qu’elle est née contre le cours de l’Histoire de l’Afrique du Nord. Contre la mémoire des enfants de cette terre. Contre la diversité et le vivre ensemble. Cette union non-unifiée est née contre le droit culturel. Contre la logique. Contre la culture ancestrale de cette terre qui a été toujours combattue. Culture interdite qui n’a jamais circulé entre les enfants de Tamazgha. On lit les écrivains de Tamazgha par l’intermédiaire du colonisateur ! On achète les livres marocains ou tunisiens ou algériens ou mauritaniens à Paris ou à Marseille.
Avec l’officialisation de la langue amazighe en Algérie et au Maroc, “Le Maghreb Arabe” est une institution hors la loi, une appellation raciste qui sème la sédition dans les pays de l’Afrique du Nord.
Mais l’Histoire a su enfin comment dévêtir les impostures.
C’est le jour des funérailles dudit “Maghreb Arabe”. Dans le cortège funèbre du défunt “Maghreb Arabe” je distingue ce monde d’intellectuels à leur tête : Mouloud Mammeri, Aït Ahmed, Matoub Lounès, Kateb Yacine, Albert Memmi, Taous Amrouche, Si Mohand Ou Mhand, Salem Chaker, Amar Mezdad, Abdenour Abdessalem, Atmane Bali…
Et je marche avec les marcheurs derrière la dépouille du défunt. Pour la première fois les marcheurs sont heureux d’accompagner un mort vers son éternelle demeure. Le mort qui procure le bonheur !
Je marche avec les marcheurs et je distingue parmi eux aussi : Dyhia ou Kahina, Apulée ou Afoulay, Takfarinas, Massinissa, Juba père et fils, saint Augustin, saint Donat, Fadhma n’Soumer…, femmes et hommes, que l’école de ladite union du “Maghreb Arabe” ne m’a pas appris, ni leur nom ni leur visage !
Dans le cortège funèbre, je marchais avec les marcheurs ! Tout content comme tous les marcheurs contents, comme tous les enfants du pays de Tamazgha !
Avec cette mort du mort-né-mort, il y aura un peu moins de mensonges. Moins de rhétoriques, peut-être. Moins de discours. Moins de langue de bois. Ce mensonge appelé “Maghreb Arabe”, depuis sa naissance-morte, n’a légué qu’une blessure béante dans le cœur et dans le corps des enfants de l’indépendance. Difficile de fermer cette cicatrice identitaire. Ce trouble !
Une mort annoncée d’un mort né-mort est une bonne nouvelle. Un mort qui n’a engendré que des ennuies et des importunes.
Aujourd’hui le mort né-mort, celui qui représentait un poids lourd sur la mémoire, est enterré.
Ceux qui ont marché dans ses funérailles, nous et nos ancêtres et les ancêtres de nos ancêtres, se libèrent d’un poids, d’un cadavre en décomposition finale !
Dès la mise en terre du mort né-mort, les marcheurs sont revenus dans leur village. Ils se sont rassemblés dans tajmaât, autour d’un conte ou d’un verre de thé, pour écouter la musique de l’imzad, quelques chansons d’Idir, d’Aït Menguellet et de cheb Hasni…


A. Z.
aminzaoui@yahoo.fr


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