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…PARUTIONS/ NOUVEAUTÉS…

Malika et autres nouvelles d’Algérie d’Emmanuel Roblès
Premier écrivain français à présenter des Algériens comme personnages principaux de ses romans l’Action (Soubiron, 1938) et les Hauteurs de la ville (Charlot, prix Fémina 1948), Emmanuel Roblès, né à Oran en 1914, a dirigé à compter de 1952 la célèbre collection «Méditerranée» des éditions du Seuil (Paris) où il a accueilli les premiers ouvrages d’Ahmed Sefrioui, Mohammed Dib, Mouloud Feraoun, plus tard de Tahar Ben Jelloun, Nabile Farès et Tahar Djaout. Pour la première fois depuis l’indépendance, son pays natal publie de lui un inédit, recueil de huit nouvelles axées sur l’Algérie, dont deux dédiées à ses “frères de soleil assassinés”, Mouloud Feraoun et Tahar Djaout. Comme dans tous ses écrits, Roblès s’y montre passionné, attentif à saisir “le réel crispé” de ce pays en train de se libérer du joug colonial, mais également chaleureux et confiant dans l’avenir de l’homme de l’Algérie et de la Méditerranée, que lui-même n’a cessé d’être. Cet ouvrage inédit, présenté par l’universitaire Guy Dugas, vient de paraître aux éditions El Kalima. Prix : 500 DA.

La Villa Susini -Tortures en Algérie d’Henri Pouillot
Ces pages apportent le témoignage d’un appelé sur la torture en Algérie de juin 1961 à mars 1962 à la Villa Sésini dénommée maintenant Villa Susini. Ce livre, paru aux éditions El Kalima, donne la parole à cet appelé déchiré par l’horreur qui, sous ses yeux, se déroula et sur sa propre responsabilité.
Ce récit, plus qu’un témoignage, tente de répondre à quelques questions : comment, pourquoi, des appelés se sont retrouvés dans ces équipes de tortionnaires? Comment ces hommes, près de 50 ans plus tard, restent des handicapés devant vivre avec les traumatismes qui ont marqué leur jeunesse ? Prix : 500 DA.

Yamsel fils de l’Ahaggar d’Amèle El Mahdi
Après la Belle et le poète, son premier roman, Amèle El Mahdi propose avec le récit Yamsel fils de l’Ahaggar, paru aux éditions Casbah dans la collection Juniors, une histoire d’un tout autre genre, dans laquelle on retrouve, cependant, le décor qui lui est cher du grand Sud algérien. Dans ce récit fantastique, qui entraîne dans le monde des Touareg, il est question de suivre les aventures de Yamsel aux prises avec les esprits qui règnent sur les vastes espaces du Sahara. Tantôt captif des forces maléfiques, tantôt porté par les génies du bien, ce fils d’un chef de tribu ira à la rencontre de son destin dans un long voyage initiatique jalonné d’obstacles et de découvertes. Prix : 600 DA.

Le miel de la sieste d’Amin Zaoui
Dans ce roman jubilatoire, paru aux éditions Barzakh, Amin Zaoui se joue du lecteur. Il le conduit dans les méandres de récits enchâssés les uns dans les autres –divagations, fantasmes ou souvenirs réels ?– et pousse loin l’expérience du grotesque : Anzar, au crépuscule, hurle comme un loup ; un vrai chien, du nom de Socrate, jappe des slogans socialistes ; un homme, dans une photo, s’anime et prend la parole. Succession de métamorphoses, de situations absurdes, inquiétantes parfois et souvent loufoques. Ce livre est une célébration de l’outrance et de la poésie, un hommage érudit et ludique aux “Mille et Une Nuits”. Prix : 600 DA.

Un brin de menthe à l’oreille d’Abderrahmane Mekhelef
La Casbah d’Alger recèle tant de magie, de légendes, d’épopées et de destins extraordinaires, qu’il y a du pain sur la planche pour tous ceux qu’intéresse cette merveilleuse cité. Il en est ainsi du présent roman-fleuve, paru aux éditions Apic, que nous livre Abderrahmane Mekhelef, lui-même fils de La Casbah, dont le seul titre est un clin d’œil à cette coquetterie “casbadjie”, qui exprime une certaine façon de vivre, faite de nif et de redjla. S’étalant sur douze ans, du débarquement des Américains en novembre 1942 au déclenchement de la guerre d’indépendance en 1954, et traversée par des figures tutélaires de la médina, et les multiples évènements qui ont marqué et animé le quotidien des Casbadjis, cette longue saga est aussi une quête mémorielle sur la vie intra-muros des douérate de la cité. Prix : 800 DA.

À travers le mur de Jean-Charles Depaule
 Ce livre, paru aux éditions Barzakh, s’attache aux arts de faire, aux seuils et aux ritualisations, mais aussi aux solutions constructives dont ils sont l’objet. Il accorde une attention particulière au langage : à la façon dont les dénominations et formules ordinaires, dont les proverbes et la littérature, d’Adonis à Ghassan Zaqtan en passant par Naguib Mahfouz et Mahmoud Darwich, disent ce qu’il se passe “à travers le mur”. Prix : 900 DA.

Ghorfat eddhikrayat de Bachir Mefti
Paru aux éditions El Ikhtilef, ce roman, écrit par Bachir Mefti, situe l’action en 2010 et s’intéresse à un certain Aziz Malek, âgé de cinquante ans, qui est né et a grandi dans un quartier populaire et qui a eu un très grand rêve dans la vie : écrire un roman. Un rêve qu’il n’a jamais pu réaliser. Le personnage/narrateur se raconte et fait part au lecteur de ses espoirs déçus. Ceci est le début du roman, la suite réserve des surprises aussi bien au lecteur qu’au personnage central. Prix : 650 DA.

Emir Abdelkader : l’amiral des sables de Begag, Defali et Vincent
Paru aux éditions Dalimen, cet album de bandes dessinées, premier volet d’une saga à venir, dessiné par Djilali Defali et scénarisé par Azouz Begag, relate l’Algérie d’avant la conquête française, l’enfance d’Abdelkader et celle de son père Mahieddine. Un album passionnant, à destination des jeunes mais aussi des adultes, qui s’intéresse à la jeunesse de l’Emir, une partie qui a très peu intéressé les auteurs de fictions de toutes sortes.

Sortir de la grande nuit : essai sur l’Afrique décolonisée d’Achille Mbembe
La décolonisation africaine n'aura-t-elle été qu'un accident bruyant, un craquement à la surface, le signe d'un futur appelé à se fourvoyer ? Dans cet essai critique, paru aux éditions Chihab, Achille Mbembe montre que, au-delà des crises et de la destruction qui ont souvent frappé le continent depuis les indépendances, de nouvelles sociétés sont en train de naître, réalisant leur synthèse sur le mode du réassemblage, de la redistribution des différences entre soi et les autres et de la circulation des hommes et des cultures. Cet univers créole, dont la trame complexe et mobile glisse sans cesse d'une forme à une autre, constitue le soubassement d'une modernité que l'auteur qualifie d'afropolitaine. Il convient certes de décrypter ces mutations africaines, mais aussi de les confronter aux évolutions des sociétés postcoloniales européennes -en particulier celle de la France, qui décolonisa sans s'autodécoloniser- pour en finir avec la race, la frontière et la violence continuant d'imprégner les imaginaires de part et d'autre de la Méditerranée. C'est la condition pour que le passé en commun devienne enfin un passé en partage. Écrit dans une langue tantôt sobre, tantôt incandescente et souvent poétique, cet essai de 256 pages constitue un texte essentiel de la pensée postcoloniale en langue française. Prix : 1000 DA.

La guerre de Libération nationale algérienne à travers le journal Témoignage chrétien (1954-1962) de Malika El Korso
Paru aux éditions Anep, cet ouvrage préfacé par Mgr Henri Teissier, archevêque émérite d’Alger, est, en fait, un extrait d’une thèse de doctorat d’Etat soutenue par l’historienne il y a de cela sept années. Dans cet essai, elle s’intéresse au journal Témoignage chrétien durant la guerre de Libération nationale. “La justice n’est la propriété exclusive d’aucune communauté. Le respect des droits de l’homme n’est l’apanage d’aucune nation ou tradition religieuse, à l’exclusion des autres. La paix a besoin de tous les partenaires concernés pour être une vraie paix. C’est le grand mérite de cette publication de Malika El Korso que de nous apporter à nouveau ce message”, écrit Mgr Teissier dans sa préface. Prix : 950 DA.

Champs littéraires et stratégies d’écrivains, sous la direction de Mohamed Daoud
Cet ouvrage édité par le CRASC (Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle) et disponible au niveau de son stand au SILA, rassemble une partie des communications présentées lors du Colloque international qui s’est tenu les 7 et 8 novembre 2012 au CRASC à Oran sur les Champs littéraires et les stratégies d’écrivains. Les textes présentés tentent de répondre en partie aux axes développés dans l’argumentaire de cette rencontre en s’intéressant à des aires culturelles différenciées par les langues : le français, l’arabe, l’allemand, le tamazight, l’anglais ; les pays : Algérie, Congo, Madagascar, Etats Unis, France, Allemagne, Belgique, etc. et des parcours individualisés (Sony Labou Tounsi, Jean-Luc Raharimanana, John Edgar Wideman, Wassiny Laaredj, Maxim Léo, Gil Ayech) ou des groupes (le cénacle parnassien, la littérature en kabyle, etc.). Prix : 800 DA.

Les couleurs de ma vie d’Anissa Zouioueche
“Je ne sais, Hicham, si tu te souviens encore du jour où, du haut de tes dix ans, tu m'avais demandé : ‘Many, tu es qui ?’ Innocente question mais si préoccupante. Depuis, je n'ai cessé de me la poser, cette question, pour tenter de te répondre et peut-être aussi pour me révéler à moi-même, car, vois-tu, on arrive au monde sans savoir pourquoi, et puis un jour on disparaît, laissant dans le meilleur des cas quelques traces de ce passage sur terre. La vie est cet étrange voyage, mon fils. Paradoxalement, cela commence par une arrivée et se termine par un départ et, immuablement, on l'accomplit sans trop se poser de question. D'éminents penseurs ont tenté de comprendre le séjour de l'homme sur terre. Tous concluent par l'absurdité de ce voyage, exceptionnel pourtant. Certains d'entre eux invitent alors à en profiter tant que cela est possible. D'autres conseillent de se préserver pour le retour. Entre ces deux extrêmes, je pense qu'il y a de la place pour une expérience personnelle de la vie”. Cet ouvrage vient de paraître aux éditions Dalimen. Prix : 800 DA.

Abbès Laghrour, du militantisme au combat de Salah Laghrour
 Le groupe de patriotes qui avait initié le 1er novembre 54 dans les Aurès, avait compris que sans le passage à l’acte, le colonialisme n’accepterait jamais d’abandonner ses privilèges et intérêts. Ce groupe de précurseurs qui avait allumé la mèche révolutionnaire, était composé de jeunes, qui n'étaient ni philosophes, ni idéologues, c’étaient des hommes ordinaires imprégnés de grands idéaux, de justice et de liberté. Abbès Laghrour fut l'un d'eux. Né le 23 Juin 1926, il adhéra au mouvement national (PPA-MTLD) dès sa prime jeunesse et dirigea l’opération du 1er novembre 54 à Khenchela. Un des principaux adjoints de Ben Boulaïd, il devint pour une courte durée chef des Aurès-Nemamchas. Cet homme pieux, fut pour ses compagnons, et surtout ses adversaires de l’armée coloniale, un grand stratège de la guérilla en Algérie mais qui fut assassiné dans des circonstances qui demeurent opaques. Dans cet ouvrage, paru aux éditions Chihab, l’auteur apporte des éclaircissements sur ce fait, en évoquant le parcours de Abbès Laghrour, et ce à partir de témoignages et divers écrits historiques sur la guerre de Libération. Prix : 1200 DA.