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Culture / Culture

Représentation de “La Récréation des clowns” au FNTP

Plaidoyer contre la cruauté

L’après-midi de mardi, habituellement jour de récréation d’écoliers, a coïncidé en ce 25 décembre avec celle des clowns. Seulement, il ne s’agit pas de la traditionnelle parade de ce fou ni de ce bouffon du roi ou l’amuseur de cirques, mais d’un trio de clowns aux mines patibulaires et au rire guttural qui effraient Blanche Neige (Meriem Bouri) et son nain. “C’est là le rajout additif d’un duo de personnages de nos contes d’enfance pour ne pas écorner l’image bon enfant du clown, ni polluer le rire”, a dit Ahmed Aggoune.
Non qu’il s’agisse du rôle conventionnel de “l’étourdi et gaffeur” qui fait la joie des enfants de 7 à 77 ans mais d’ignobles disciples de Nicolas Machiavel (1469-1527). Est-ce à dire qu’un parachutiste et de surcroît tortionnaire est capable d’amour et d’humour ? Apparemment non ! Puisqu’ils s’exerçaient aux clowneries dans l’optique d’un gala qu’organisait l’armée française. Et alors qu’ils s’amusaient à monter leur numéro, il y eut l’arrestation d’un “indigène” dit intellectuel pris dans la rafle de l’arbitraire et soupçonné d’avoir posé une bombe dans un lieu public. C’en était donc fini des clowneries et il n’en a pas fallu longtemps pour que la scène du TNA se métamorphose en une salle de torture comme celle de la tristement célèbre villa Susini de l’ancien Clos-Salembier, l’actuelle El-Madania. Pis, même le déguisement d’une façon hurluberlue a laissé place à l’uniforme de l’oppression, et l’espièglerie bon enfant n’est plus que rictus d’agressivité. Il s’agit de se préparer à l’orgie de la barbarie d’après une scénographie de Halim Rahmoune à laquelle s’est ajouté un fond musical à l’orgue de Barbarie.
Alors, peu importe le moyen lorsqu’il s’agit d’arracher le renseignement à cet intellectuel qui était également chimiste de son état. Est-ce là une œillade d’une pieuse pensée pour le martyr Taleb Abderrahmane ? Ça a tout l’air. “Il est vrai que l’atrocité est peu ostensible sur scène pour ne pas heurter le public. Mais à quoi bon la violence lorsqu’elle se heurte au mutisme du supplicié qui ne concède pas le moindre mot à ses
bourreaux ? C’est l’échec !”, a-t-on su d’Ahmed Aggoune. Pour une prouesse théâtrale, c’en est une que l’on doit à la troupe du TR de Saïda qui a été présentée lors du 13e Festival national du théâtre professionnel (FNTP). “Le texte traduit par Ahmed Hamoumi reste fidèle à l’esprit de Nourredine Aba et se veut aussi un rajout d’une modeste page à l’écriture de notre glorieuse guerre de libération”, a déclaré Ahmed Aggoune.


Louhal Nourreddine


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