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Culture / Culture

“Liberté” s’est introduit dans les coulisses des archives nationales

Plongée dans notre mémoire

Magasin des Archives nationales. ©Billel Zehani/Liberté

Cet établissement renferme un véritable trésor que beaucoup ne connaissent pas, et pourtant il est ouvert à tous.

Construite en forme de “H”, la grande structure des Archives nationales située à Birkhadem (Alger), est une vraie forteresse. En pénétrant dans l’enceinte de cet immeuble, nous sommes accueillis par la Garde républicaine, qui exige à chaque personne étrangère à l’établissement, de présenter ses papiers. En traversant l’allée du jardin, nous nous retrouvons face à la “mémoire” du pays, un bâtiment immense. Nous sommes alors conduits jusqu’à un ascenseur (bien sûr fermé à clé) pour rencontrer des responsables de cette machine dédiée à la préservation de ces fonds centenaires inestimables.  
Arrivés sur place, nous rencontrons Naïma Meharab, chef du département traitement et conservation, ainsi que Mohamed Abassi, chef du département technique, archivistique et de la formation. Ces deux responsables ont joué le rôle de guide, plus d’une heure durant, pour nous expliquer le fonctionnement de cette administration de 8 niveaux. La visite a commencé par le point le plus stratégique et le plus important : celui du magasin des archives. “Il se situe dans les deux ailes du H, chaque archiviste travaille dans son propre local, et il y a 46 magasins au total”, nous a expliqué Mme Meharab. Chaque magasin a une superficie de 200 m², (70 000 m linéaires). “Chaque mètre est occupé par 10 boîtes d’archives, et cela équivaut à un millier de papiers par boîte”, a-t-elle informé. Et de renchérir : “Nous ne pouvons pas compter toutes les archives que nous possédons, car, nous avons des millions de documents. D’ailleurs, nous réfléchissons à un projet d’extension.”

Cet “antre” de la mémoire est fascinant
Chaque boîte contient différentes archives, notamment celles du Journal officiel et des actes de justice réalisées durant la période ottomane. Il y a également plusieurs étagères dédiées aux diplômes du baccalauréat. “Nous possédons ceux d’Aït Ahmed, d’Abane, de Bourguiba (ex-président de la Tunisie, ndlr) et d’Essebsi (actuel président de la Tunisie, ndlr)”, a précisé Mme Meharab. Et d’ajouter : “Récemment la famille de Bourguiba est venue récupérer son diplôme du bac, bien sûr, nous remettons des copies scannées.”

Voir la galerie photos en cliquant ICI

Toutes ces archives, bien “sauvegardées”, remontent depuis la période ottomane, jusqu’à aujourd’hui. D’ailleurs les plus anciens documents sont des traités de paix du fonds ottoman. “Nous avons en notre possession un fonds énorme datant de 1883 jusqu'à 1962, et nous travaillons énormément sur la période coloniale, par exemple sur la Sûreté nationale, le GPRA…”. Il y a également des fiches d’état civil (mariage, naissance, divorce, décès…), pour ceux qui s’intéressent à leur arbre généalogique. Après ce voyage dans le temps, nous avons effectué un petit tour au département scientifique où les employés travaillent d’une manière “très méticuleuse”. Dans la salle de traitement, le personnel porte des tabliers blancs, des masques sur le visage et des gants. Une “ambiance” rappelant celle des médecins dans les hôpitaux. “Les feuilles sont très fines et anciennes et demandent beaucoup d’attention”, nous a confié la responsable de ce département. Travaillant à la chaîne, ces documents doivent passer par plusieurs étapes avant d’atterrir sur les étagères du magasin ou à la bibliothèque. Cette dernière comporte des exemplaires de périodiques, de journaux et d’ouvrages “très rares” en langues arabe, française et anglaise. “Ces ouvrages remontent au XIXe siècle. Ce sont des livres de littérature, de mathématiques, d’économie et sur les zaouïas…”

“Les Archives nationales souffrent du manque d’effectif”
Le département technique se compose de salles de restauration des ouvrages. “Nous utilisons différentes techniques pour retravailler le papier, par exemple pour les couleurs, nous utilisons parfois du café et du thé, pour obtenir la couleur d’une carte abîmée”, nous a expliqué un des restaurateurs rencontrés sur place. À ce sujet, cet établissement possède un lot de plans et de cartes qui se situent entre les IXe et Xe siècles.
Outre les moyens technologiques, tels que les microfilms qui se conservent sur une durée de 4 siècles, on retrouve entre autres, l’atelier de reliure. Un lieu où se rencontrent de vrais artisans. Un métier bien spécifique mais qui “est en perdition, nous n’avons pas de personnes qualifiées”, a regretté Mohamed Abassi. Et de renchérir : “Nous n’avons pas de restaurateurs qualifiés, il n’y a pas de formation dans ce domaine en Algérie. Et les archives nationales souffrent de ce manque d’effectif”. Et de conclure : “Il faudrait créer des instituts où des écoles de formation dans ces disciplines, sinon il n’y aura plus de relève”. Par ailleurs plusieurs projets sont prévus pour l’agrandissement de ces locaux, comme la création d’une photothèque. Professionnels, spécialistes ou simples curieux, les portes des Archives nationales vous sont ouvertes. C’est le directeur général des lieux, Abdelmadjid Chikhi, lui-même, qui le précise (voir notre entretien).

Hana Menasria

Publié dans : algerie,Archives

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Commentaires
1 réactions
kamalval le 20/11/2016 à 11h27

Hors mis la vie professionnel la culture et le seul argument dans la vie sociale.

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