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A la une / Culture

L’ouvrage revient sur le parcours de l’artiste peintre Abderezak Hafiane

“Pour l’amour du beau”, un univers de sensibilité et de passion

© D.R.

En plus d’une rétrospective des œuvres de l’artiste, ce livre nous fait découvrir la naissance de sa passion pour l’art, une vocation qui semblait déjà toute tracée alors qu’il n’était qu’enfant.

Publié chez Aïda Agency Édition, de la galeriste Souad Teiar, à l’occasion du passage de Abderezak Hafiane dans sa galerie en mai dernier, ce beau-livre de 151 pages, écrit sous la plume du journaliste et auteur Salah-Eddin Belabas, revient sur le parcours haut en couleur de ce plasticien chevronné. Cet artiste à la sensibilité palpable, dont l’itinéraire a souvent  été jonché d’expériences difficiles mais formatrices, est, à travers cet ouvrage accompagné de nombreuses photos et œuvres picturales, présenté sous le prisme de l’humanisme et de l’authenticité.
Dans la préface, le critique d’art Omar Kehouadji salue la démarche de Teiar, cette “passionnée infatigable” comme il la nomme, qui “loin des feux de la rampe, nous fait découvrir une dichotomie d’horizons évanescents ou pérennes, pétris de poésie fraîche et de mystère profond”, tout en évoquant “son cap merveilleux dans l’océan éclectique des arts plastiques, pour nous faire partager l’espérance, la joie et l’amour du beau”. Aussi, dit-il de Hafiane, qu’il est de cette graine d’artistes “à la fois sensible, insaisissable, habité par un certain mysticisme”, dont les œuvres “sont accompagnées d’émerveillement et nous offrent une ode à la vie”. Divisé en huit chapitres, cet ouvrage revient dans un premier temps sur les balbutiements de la passion de Hafiane pour l’art, une vocation qui semblait déjà toute tracée alors qu’il n’était qu’enfant, en réalisant “des dessins et des peintures sur des supports de fortune”. Une passion soutenue par “un environnement familial attentionné et affectueux”, notamment son défunt père, qui “mettait à sa disposition des ouvrages d’art disponibles à la bibliothèque de l’établissement scolaire”, où il travaillait comme économe. À ce propos, ce texte introductif a été accompagné d’un très beau dessin de son père Lahbib Hafiane, réalisé en 1994 par le jeune peintre, en hommage à ce repère qui lui ouvrira les portes du monde artistique. Après avoir remporté le premier prix du concours du Fnuap (Fonds des Nations unies pour la population) à seulement 19 ans, puis son passage à l’École nationale des beaux-arts d’Alger et à l’École d’art décoratif (EAD) de Tunis, Hafiane se voit attribuer une bourse du Fnuap en 1996. Un tremplin dont il ne bénéficiera jamais, car coïncidant avec la mort de son père, alors qu’il avait seulement 23 ans. Thafrura, Ghella, ou encore Thala, du chapitre “Des signes racines”, ne sont que les quelques titres d’une impressionnante collection établie au fil des années par le plasticien, au cours de laquelle il aura exploré la volupté et la sensualité féminine, l’élégance des lettres arabes, ou encore les secrets du désert. Accompagnées des interprétations et des réflexions de Belabas, des toiles comme Sultane de l’amour, une huile sur toile réalisée en 2010, renseignent déjà sur les thèmes favoris de Hafiane, qui met en avant une magnifique femme à la peau ocre exhibant fièrement habits et bijoux berbères. Le juste, une toile en noir et blanc encadrée par un assortiment d’embranchements métalliques, est une œuvre où le plasticien rend hommage aux hommes du Sud, à travers un détail porté au regard, dégageant une force extraordinaire. Dans le chapitre “Palettes et percussions”, introduit par une épigraphe d’Oscar Wilde sur la musique, il est présenté au lecteur l’approche du peintre du 4e art, avec le bendir qui devient son canevas, sur la peau duquel il fixe visages, mains, regards et tatouages féminins.
L’exposition “Hob”, enfin, présentée dernièrement à la galerie Aïda, où il racontait l’amour, la passion et la sensualité à travers plus d’une centaine d’œuvres abstraites et colorées, est accompagnée de poèmes à la gloire de  la beauté, de la compassion ou encore de l’élégance, comme ceux d’El-Mutanabi, Djalal-Eddin Rumi, ou encore Abou Nawas.


Yasmine Azzouz


Pour l’amour du beau. Aïda Agency Édition, 151 p. 2017. 4500 DA


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