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A la une / Culture

Exposition “Capacité et incapacité” du photographe Mahrez Issiakhem

Quand la société ignore les plus fragiles

À seulement 21 ans, l’artiste Mahrez Issiakhem fait une entrée remarquée dans la scène artistique algérienne, avec l’exposition “Capacité et incapacité”. Il s’y illustre en dévoilant un sens aigu de l’observation et de la mise en scène, à travers une vingtaine de photographies qui mettent en avant le dur quotidien de ces gens qu’on ne voit plus : les SDF, les migrants ou encore les vendeurs de rues. D’abord présentés à la galerie Aïcha Haddad jusqu’au 22 septembre dernier, puis à la galerie Abane Ramdane (jusqu’au 5 octobre), ce clichés sont le fruit de plusieurs années d’observation et d’interrogation. Plus qu’une passion, la photographie est devenue donc un moyen pour ce jeune étudiant  d’exprimer ses  pensées, et divulguer les tares de la société dans laquelle il vit. La première série de photographies a été intitulée “Incapacité”. Incapacité de travailler, de se nourrir, ou de dormir sereinement. Elle dénonce aussi, quelque part, certains individus “qui font cela rien que pour s’enrichir davantage”, comme le déclarera le photographe. L’un de ces nombreux personnages immortalisés par l’objectif du jeune artiste, se rend chaque jour à la place Maurice-Audin afin de mendier. La jambe tuméfiée, purulente et craquelée, le personnage, dira Issiakhem, “préfère rester dans cet état pour quelques sous au lieu d’aller se faire soigner”.  Un père et son fils, des migrants subsahariens n’ayant pour seul refuge que ce petit carré du trottoir de la place Audin, ont offert à Issiakhem des expressivités diamétralement opposées. Si le visage de l’enfant est serein et paisible, le père est au contraire grave et préoccupé. “Ce sont des gens qui ont fui la guerre et les génocides. Laisser son pays, sa maison et tous ce qu’on possède est très difficile”, dira l’artiste, qui, au-delà des clichés, s’intéresse au parcours et au vécu de ces personnes “invisibles”, que la société a marginalisées.  
Le cliché le plus fort, selon les dires de l’artiste, est sans doute celle d’un jeune handicapé n’ayant pour seul gagne-pain cette vieille balance, que les passants peuvent utiliser pour seulement 10 DA. “Ce jeune homme vient de loin. Sa famille est pauvre et il n’a que cette balance pour l’aider. Son histoire m’a vraiment touché”, conclura-t-il. Eclectique, l’exposition  aborde également des sujets d’ordinaire peu  mis en avant. Trois portraits des animaux de compagnie du jeune étudiant ; un chat et un rottweiler, dénoncent la maltraitance des animaux. Il dira à cet effet qu’il a choisi de mettre en scène ces animaux dans des postures tantôt  rassurantes, tantôt menaçantes, afin d’attirer l’opinion sur les ravages de la maltraitance. Pour une première tentative, il ne fait aucun doute que le jeune photographe aura mis du cœur à l’ouvrage, afin de dénoncer, à son niveau, les fléaux d’une société égocentrée, qui ne voit plus ses membres les plus fragiles.


Yasmine Azzouz


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