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Culture / Culture

Projection de “Hier, aujourd’hui et demain” et "Gulistan, terre de roses" au RCB

Quand les femmes s’impliquent dans la guerre

Scène du film “Gulistan, terre de roses”. © D. R.

Les cinéphiles se sont donné rendez-vous, depuis le 3 septembre, à Béjaïa, pour les 14es Rencontres cinématographiques qui se déroulent à la cinémathèque de la ville. La cinquième journée (mercredi) des RCB a fait honneur à la gent féminine à travers deux documentaires, le 1er est algérien Hier, aujourd’hui, et demain de Yamina Bachir Chouikh. Et le 2e est canadien Gulistan, terre de roses de Zayne Akyol. Malgré la différence des cultures et l’éloignement entre les deux pays, ces œuvres se parlent dans leur thématique : celle de la femme courage. L’une a donné la parole aux moudjahidate qui ont sacrifié leur existence pour la libération du pays. Et l’autre a posé sa caméra devant des guérilleras du Parti des travailleurs kurdes (PKK).
Très émouvant, le film de Yamina Bachir Chouikh nous plonge dans les affres de la colonisation française à travers le récit de plusieurs combattantes qui ont donné leur vie pour la liberté ! Ces guerrières ont défié la société, les traditions, mais surtout leurs parents pour monter au maquis. Chacune d’elles a essayé à sa manière de se faire accepter dans ce milieu d’hommes et de prouver qu’outre les soins qu’elles prodiguaient aux blessés, elles pouvaient également combattre le colonisateur. Parmi ces moudjahidate, on retrouve Hassiba Ben Yellès, Houria Abid ou encore Thoumia Laribi, dite Baya El-Kahla.
Le documentaire commence avec la naissance de l’association du mouvement des femmes musulmanes pendant la guerre de libération et s’achève sur la célébration de l’indépendance. Entre ces images d’archives de la télévision algérienne, la réalisatrice met en scène ces femmes qui étaient à cette époque âgées de 16-20 ans. Mais qui ont fait preuve d’un courage inouï. Le cadrage en gros plan a par ailleurs permis de créer une certaine intimité avec les protagonistes du film. En regardant l’écran, on se noie dans leurs yeux qui expriment une grande déchirure et tristesse. Elles sont tout simplement mises à nu. Elles se confessent, se confient et tentent de se remémorer des moments troublants et douloureux. D’ailleurs, la force de ces témoignages réside dans la manière avec laquelle elles parlent de ces souvenirs enfouis, elles donnent l’impression d’y être encore, car la rage de vaincre cet ennemi est omniprésente dans leur cœur. Ces femmes dont la jeunesse a été volée ont subi des atrocités et des tortures inhumaines. Elles ont vu leurs “sœurs” se faire violer, humilier… À ce sujet, Hassiba Ben Yellès a confié : “Nous n’avions pas peur de la mort ! Nous avions peur des soldats. Nous préférions mourir que d’être capturées.” Malheureusement, la majorité n’y a pas échappé. Ces moudjahidate ont été incarcérées dans des prisons en Algérie et en France. Le plus alarmant dans ce film est que ces femmes vivent toujours dans la peur pour leur pays, un État qui semble stagner depuis l’indépendance.


Les guérilleras kurdes à la chasse des terroristes

Quant au 2e long métrage “Gulistan, terre de roses”, la réalisatrice canadienne d’origine kurde, Zayne Akyol, a entrepris un long voyage pour aller à la rencontre des guérilleras du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Dans un camp d’entraînement, elle a posé sa caméra sur ces femmes qui ont décidé de s’engager pour défendre le territoire kurde en Irak et en Syrie. Très belles et joyeuses, ces jeunes filles donnent l’impression d’être en colonie de vacances ! Elles discutent, se font belles et rigolent de tout.


En somme, comme toutes les filles de leur âge. Mais à un détail près, elles habitent dans des camps d’entraînement et manient les armes comme de vrais militaires.
Devant la caméra, elles se livrent et parlent de leurs aspirations, leurs rêves et leurs sacrifices pour libérer les Kurdes et les Arabes contre Daesh. Contrairement aux moudjahidate, elles sont égales à l’homme et suivent les mêmes entraînements. D’ailleurs, à leur tête, on retrouve la chef de section féminine, Sodzar. Au caractère bien trempé, elle se confie à la journaliste comme sur un journal intime. Mais elle ne montre aucune peur, aucune angoisse. Très sereine, elle a l’air fragile, alors que c’est une vraie machine de guerre.
À travers ces deux documentaires, la femme est décrite dans toute sa splendeur : celle qui aspire au mariage, au bonheur, à profiter de la vie.
Et celle de la femme courage dont le seul objectif est de combattre jusqu’au dernier souffle pour la liberté. Loin des contes de fée où la princesse est sauvée par son prince, ces combattantes ont démontré que sans “ces femmes, les frères n’auraient jamais pu remporter la bataille. Nous avons joué un grand rôle dans la guerre d’indépendance”, disait l’une des moudjahidate.


H. M.

 


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