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La 17e édition du festival annulée à cause de la pandémie

Raconte-Arts se met au virtuel

Marionnettes géantes lors du 15e Raconte-Arts. © Liberté/ Archive

Les organisateurs du festival ont décidé de réaliser du 4 au 10 août “une semaine virtuelle intitulée : la fenêtre du web”. Ainsi, les fans et les nostalgiques pourront revoir à souhait des photos et des vidéos des précédentes éditions.

Cette année le Festival Raconte-Arts devait célébrer sa 17e édition au village d’Aït Aïssi, dans la commune de Yakouren (Tizi Ouzou), du 20 au 26 juillet, mais cette pandémie ravageuse a fait que ses organisateurs ont décidé de l’annuler, et c’est tout à fait compréhensible, vu l’engouement qu’il suscite et le public qu’il draine, alors que l’heure est au confinement et aux mesures sanitaires salutaires. “Dans ces moments difficiles, confrontés à une pandémie inédite, où il est question de vie ou de mort, il est presque indécent de parler de festival. Aujourd’hui, pour nous tous, l’enjeu est de rester en vie.

Une fois sortis de cette dure épreuve, nous l’espérons avec le moins de victimes possibles, nous aviserons en temps opportun sur la suite à donner à votre question”, avaient annoncé les organisateurs en réponse aux nombreux messages qui leur venaient de partout. Tout en poursuivant : “Bien entendu, de nos lieux de confinement respectifs, tous comme nous sommes, malgré tout, continuons les préparatifs de la prochaine édition.

C’est en signe d’espoir que nous le faisons.” “Mais est-ce pour autant une raison de laisser un blanc, cette année, et ne pas réagir devant un coup du destin qui nous a tous attristés ?” Sur cette interrogation, les organisateurs ont décidé de réaliser du 4 au 10 août, pour conjurer le sort, une semaine virtuelle intitulée : la fenêtre du web, un clin d’œil à la fenêtre du vent qui a donné naissance à Raconte-Arts. 

Ainsi, les fans et les nostalgiques pourront revoir à souhait des photos des précédentes éditions et revivre des moments émouvants de cette aventure humaine qui a donné naissance à de belles amitiés et fait éclater des talents cachés. À cet effet, les festivaliers peuvent participer en envoyant des vidéos de 10-15 minutes ou des textes pour raconter comment ils ont vécu leur “Non-Raconte-Arts”. Aussi, les habitués peuvent partager leurs moments forts en envoyant des vidéos de 5-10 minutes de musiciens, conteurs, poètes et autres artistes… à l’adresse : raconte-arts20@outlook.fr. Il faut dire que ce festival a marqué les esprits de tous ceux qui y ont participé comme invités actifs ou assisté comme touristes spectateurs, et qui s’y sont très vite abonnés pour se retrouver, au bout de la 16e édition, à des milliers de visiteurs venant des quatre coins de l’Algérie, mais aussi de l’étranger.

Né d’une petite idée entre amis histoire d’animer un peu les villages tristes, oubliés et endeuillés après une période dure et une décennie sanglante, ce festival s’est vu naître, grandir, puis porter par toute la population de ces villages de Kabylie où chaque année il est organisé depuis 2004. Ath Yenni, Taourirt Amokrane, Agoussim, Souamaâ, Iguersafen, Tiferdoud et beaucoup d’autres villages peuvent témoigner de ce bouillon culturel qui a séjourné chez eux durant toute une semaine où tous les arts se sont racontés simplement, chaleureusement, amicalement, en festoyant, en chantant, en dansant, en lisant, en discutant, en partageant, dans les rues, dans les cafés, dans les tajmaât, dans les maisons, cinéma, théâtre, lecture, conte, conférence-débat… Le tout se déroulant à bras ouverts de cette hospitalité et générosité connues de nos villageois hôtes, heureux que cette fête se déroule chez eux et témoignant de leur joie en ouvrant la porte de leur maison et en accueillant chez eux les festivaliers. 

Et pour cette Nouvelle Algérie que nous voulons construire, quoi de mieux comme élan et soubresaut culturel que de prendre “Raconte-Arts” comme exemple en semant ses belles graines un peu partout sur le territoire national.

Samira Bendris-Oulebsir