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Culture / Culture

“Une université algérienne au prisme d’un de ses départements”, de Lamine Kouloughli

Regard d’un enseignant sur les études supérieures en Algérie

Au travers des 208 pages de ce livre, l’enseignant et auteur Lamine Kouloughli nous invite dans les “coulisses” du département des langues et lettre anglaise de l’université Mentouri de Constantine. A partir de ses écrits publiés dans la presse entre 2014 et 2016, il fait un constant assez alarmant de la situation de ce département en particulier, et de l’université algérienne en général.
Même lorsqu’il écrit, l’universitaire et auteur Lamine Kouloughli ne peut s’empêcher d’aborder sa passion – et son métier – qu’est l’enseignement. Sur les 208 pages de son essai Une université algérienne au prisme d’un de ses départements (éditions Dar El-Othmania, 2017), regroupant des articles qu’il a écrits pour le Quotidien d’Oran, entre autres, entre 2014 et 2016, il décortique, analyse et déplore la situation de l’université algérienne. De son point de vue d’enseignant au sein du département des lettres et langue anglaise de l’université Mentouri de Constantine, directeur de l’institut des langues étrangères, ou encore chef du département de la post-graduation et de la recherche scientifique, il interroge le niveau de notre université, le cadre de vie des étudiants, ou encore le système LMD. Dans le premier chapitre, il se penche sur la qualité du produit de l’éducation nationale au travers des étudiants de première année. D’après des statistiques qu’il met à la disposition de son lecteur, il explique que le premier obstacle de ces nouveaux bacheliers est la déperdition. Pour l’année 2012-2013 au département des lettres et langue anglaise de l’université Mentouri de Constantine, plus de 60% des étudiants en première année (sur les 1243 inscrits) avaient été ajournés lors de la première session. Lors de la deuxième session, le chiffre est encore plus alarmant, puisque le taux d’échec s’élevait à 72%. Plus loin, il revient sur le mode de désignation des professeurs en première année, qui sont souvent des vacataires. “Ce choix s’enseignants majoritairement vacataires, explique-t-il, qu’il soit fortuit ou réfléchi, se double d’une très faible fidélisation, d’année en année, à un enseignant donné (…). Cette fidélisation aiderait pourtant l’acquisition d’une assurance, d’un début de carrière. Elle pallierait en outre peut-être un peu l’absence de toute formation psychopédagogique.” Sur la base de questionnaires que Kouloughli a soumis à ses étudiants, il en ressort d’intéressantes données, concernant des éléments que les apprenants “souhaiteraient voir changer dans leur environnement éducatif” ; 84% des étudiants ont exprimé le vœu de voir un changement dans leur département ; 52% de ces étudiants souhaitent voir une amélioration dans la scolarité et le département, tandis que 38% espèrent voir un élargissement de leur environnement éducatif. Mais le plus édifiant, ce sont les réponses quant à l’affect des étudiants. Sur 223 sondés, 158 (70,85%) se disent être malheureux, contre 61 (27,85%) qui se décrivent comme étant des étudiants heureux. Dans la chapitre “Recherche LMD désespérément”, il dénonce le manque d’informations autour de ce système et qui “participerait à un mieux-être des étudiants dans un système «diabolisé», parce qu’ils auraient appris à mieux le connaître, donc à mieux le comprendre et à mieux le gérer. (Cela) aiderait aussi à faire l’économie non négligeable de nombre de contestations”. À la fin de son ouvrage, l’auteur interpelle, au travers de photos qu’il a prises au cœur de son département, sur l’état de ce dernier ; pluie à l’intérieur des salles de cours, chaises et tables cassées “dans l’idée de saisir cette université, la vraie”, ses étudiants, ses couloirs et son atmosphère.


Yasmine Azzouz


Une université algérienne au prisme d’un de ses départements, de Lamine Kouloughli, 208 pages, éditions Dar El-Othmania, 2017. 500 DA


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