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Culture / Culture

FIGURE MONDIALE DU 7e ART

“Réunion de famille” pour dire au revoir à la cinéaste Agnès Varda

© D.R

Des personnalités de la “famille” du cinéma et des anonymes sont venus rendre un dernier hommage, mardi, à la Cinémathèque française, à Agnès Varda, figure mondiale du 7e art et pionnière de la Nouvelle vague française, décédée vendredi. Environ 650 personnes étaient présentes pour cette cérémonie d'adieu, en présence de ses enfants Mathieu Demy et Rosalie Varda Demy. Parmi elles, se trouvaient l'actrice et chanteuse Jane Birkin, qui avait fait avec elle le film Jane B. par Agnès V ; l'actrice Sandrine Bonnaire, qui avait joué l'héroïne de Sans toit ni loi ; l'artiste JR, qui avait coréalisé avec elle en 2017 un de ses derniers documentaires Visages, villages. “Ce n'est pas un hommage mais une réunion de famille autour de cette œuvre si riche qui aide à penser et à réfléchir”, a souligné le directeur de la Cinémathèque française, Frédéric Bonnaud, saluant en Agnès Varda “une des cinéastes qui s'autorisent tout, qui faisait cinéma de tout et de tous, pour tous. Sa famille de cinéma, c'était Godard, Resnais, Chris Marker, (Jacques) Demy, dont elle a été la compagne pendant 30 ans”, a-t-il ajouté. “Agnès était du côté des expérimentateurs et des essayistes.” Ponctué d'extraits de films, l'hommage a débuté par la diffusion de  quelques minutes de l'emblématique Cléo de 5 à 7 (1962), alors que les personnes rassemblées étaient invitées à porter un badge avec un dessin représentant la cinéaste, née en Belgique. Le ministre de la Culture, Franck Riester, a rendu hommage à celle qui avait reçu un césar d'honneur en 2001 et un oscar d'honneur en 2017, saluant une femme exceptionnelle et lumineuse et une vigie des inventions du cinéma, qui a inspiré toute une génération. Bouleversée, la voix brisée, Sandrine Bonnaire s'est adressée à Agnès Varda. “Quand je t'ai rencontrée, j'étais une fleur. Après ce film que nous avons fait ensemble, je suis devenue un arbre, je me suis enracinée dans ce métier”, s'est-elle rappelée, longuement applaudie. JR a, lui, raconté sa première rencontre avec Agnès Varda et de nombreux souvenirs artistiques. “C'était une artiste pleine de vie. On a oublié toute différence d'âge. On était deux artistes qui voulaient créer ensemble. Elle était ma pote.” Ses obsèques devaient avoir lieu en début d'après-midi au cimetière de Montparnasse à Paris, où elle rejoindra Jacques Demy. Femme de convictions ayant bâti une œuvre originale, souvent pionnière, à la frontière entre documentaire et fiction, Agnès Varda avait obtenu un lion d'or à Venise en 1985 pour Sans toit ni loi. Elle laisse une œuvre onirique, humaniste, radicale, mais aussi fantaisiste et drôle.


AFP


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