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Culture / Actualités

Il compte fructifier l’œuvre colossale et le combat libérateur du fondateur de l’académie berbère

Saïd Bekkouche “Azulidles” sur les traces du regretté Mohand-Arab Bessaoud

L’écrivain Saïd Bekkouche. © O. Ghilès/Liberté

Entre un dictionnaire de 500 pages intitulé “Amawal n’tmazight”, une reproduction en tifinagh et en français des poèmes oraux de Amar des Aït Mouhed-Ouamar, et un nouvel ouvrage, Saïd Bekkouche a de nombreux projets en tête pour continuer sur la lancée du défunt fondateur d’Agraw Imazighen.

S’il est vrai que le regretté Mohand-Arab Bessaoud, le grand militant de la cause amazighe et  l’un des membres fondateurs de l’Académie berbère (Agraw Imazighen), a ouvert la voie pour faire avancer la revendication berbère et aboutir, de nos jours, à des acquis considérables, de grands militants ont poursuivi son œuvre inlassable pour la reconnaissance et la promotion de tamazight, et ce, en dépit des blocages du régime politique de l’époque. C’est le cas de Saïd Bekkouche “Azulidles”, l’enfant de Taguemount-El-Djedid, dans la daïra des Ouadhias, 25 kilomètres au sud de Tizi Ouzou, qui est sur les traces du défunt Bessaoud Mohand-Arab. “Nous sommes originaires du même village de Taguemount El-Djedid et j’ai milité au sein de l’Académie berbère dès le début des années 70 alors que j'étais encore adolescent. C’est pourquoi, aujourd’hui, je suis fasciné par le combat de ce grand homme (feu Mohand-Arab Bessaoud) à telle enseigne que j’ai de nombreux projets en tête pour continuer sur sa lancée”, nous dira l’auteur de Amar des Aït Mouhed-Ouamar (1857-1931), un grand poète de la région. “Sa poésie m’a beaucoup marqué. J’ai alors reproduit en tamazight et avec les caractères en tifinagh et en français tous ses poèmes oraux afin de les sauver de la déperdition et de l’oubli, surtout qu’il est aussi originaire de notre région”, dira-t-il encore à propos de cet ouvrage de 212 pages paru en 2004 et qui a été réédité. “Amar des Aït Mouhed-Ouamar fait partie d’une génération de poètes qui ont marqué de leur empreinte la poésie kabyle ancienne”, a-t-il écrit sur la quatrième de couverture de cet ouvrage. Il est aussi auteur de deux romans en tamazight (Zaphira et N’Fissa). “Grâce à la mémoire intacte et infaillible de nos humbles aïeux et surtout à la volonté des femmes qui ont réussi à sauvegarder les poèmes et les chants funèbres de cet aède inconnu, j'ai pu exhumer quelques fragments de son œuvre colossale”, dira encore notre interlocuteur. Un autre ouvrage de grande valeur est prêt. Il s’agit de Les Turcs en Afrique du Nord et l’histoire du Bey Mohamed Edhabah (l’égorgeur des Kabyles : 1460-1750).  Par ailleurs, nous a confié ce grand militant de la cause amazighe, le dictionnaire (Amawal n’tmazight) de 500 pages n’attend que son impression qui ne saurait tarder. “C’est le lexique berbère moderne (tamazight/français et français/tamazight).  C’est un travail de longue haleine car j’ai fouiné dans plusieurs régions de Tamazgha, soit en Tunisie, au Maroc, en Libye et en Egypte. Je me suis inspiré du premier dictionnaire  de Venture de Paradis de 1787”, a-t-il souligné. Par ailleurs, Saïd Bekkouche “Azulidles” est sur un projet de film documentaire en collaboration avec le journaliste bien connu Méziane Ourad sur la vie du regretté Mohand Arab Bessaoud. “Le film est prêt à 60% et il sera projeté normalement à l’écran pour Yennayer prochain”, nous a-t-il confié encore. Pour réhabiliter cet ancien officier de l’ALN, auteur de la célèbre œuvre Heureux les martyrs qui n’ont rien vu et de L’identité provisoire écrit dans les maquis en 1960 et édité en 1997, notre écrivain projette de rééditer toutes les revues  Imazighen éditées par l’Académie berbère entre 1966 et 1978 à Paris. “Nous comptons éditer certainement deux ou trois tomes de ce recueil historique”, a-t-il estimé quant au travail colossal qui l’attend. Enfin, Saïd Bekkouche nous révélera qu’il garde de feu Mohand-Arab Bessaoud, une cassette-audio comprenant des pièces théâtrales et des chansons inédites qui seront prochainement chantées et jouées par une troupe et une chorale de Taguemount El-Djedid. Il ne compte pas s’arrêter là car il a encore beaucoup à dire et à écrire sur l’œuvre gigantesque du défunt fondateur d’Agraw Imazighen qui l’a marqué à vie.


O. Ghilès

 


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