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Culture / Culture

Ouverture des compétitions au 3e festival de Annaba du film méditerranéen (FAFM)

“Sheikh Jackson” : ou l’hypocrisie sociale des pays arabes

Ce film du réalisateur égyptien Amr Salama a ouvert la compétition dans la catégorie long-métrage fiction en course pour le “Annab d’or”, ce jeudi au théâtre régional Azzedine-Medjoubi, dans le cadre de la 3e édition du FAFM qui se déroule jusqu’au 27 mars.

Hypocrisie sociale et l’amour indéfectible pour le seigneur, étaient là les ingrédients du film bouleversant Sheikh Jackson. Réalisée par l’Égyptien Amr Salama, cette œuvre sortie en 2017, a ouvert le bal des long-métrages fictions en compétition au 3e Festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM).
Inaugurée dans la soirée de mercredi, cette édition qui se déroulera jusqu’au 27 mars, inscrite sous le slogan “Le cinéma en messager de la paix en Méditerranée”, verra la participation de 17 pays du bassin méditerranéen en course pour le “Annab d’or” dans les catégories long et courts métrages et documentaires.
Pour cette première journée du FAFM, le public était présent jeudi au théâtre régional Azzedine- Medjoubi pour découvrir Sheikh Jackson (sélectionné aux Oscars 2018, en février dernier dans la catégorie meilleur film étranger).
Dans ce film d’une durée de 90 mn, nous avons été projetés dans l’univers d’un imam hors du commun. Sheikh Hani connu pour ses positions très conservatrices vis-à-vis de la religion, voit sa vie bouleversée un certain 25 juin 2009. À la radio, on annonce la disparition du king de la pop, Michael Jackson, et à ce moment le prédicateur reçoit une claque et se retrouve plongé entre son présent et un passé refoulé. Dans une autre vie, Hani surnommé “Jackson” nourrissait une grande admiration  pour l’interprète de Billie Jean, et cette adoration est née grâce à une jeune fille de sa classe, fan du chanteur, et pour laquelle il éprouvait un amour secret. Ce décès qui a bouleversé des millions de personnes dans le monde, était particulier pour l’imam car il se retrouve partagé : entre sa croyance religieuse et la culture occidentale. “Si nous éprouvons de la peine pour un impie, il mènera avec lui le croyant”, a-t-il confié à sa psychanalyste, pour laquelle il confie ses états d’âme pour “laver ses péchés”. Au cours de la trame, on s’attache, on ressent de la compassion pour cet homme qui, malgré lui s’est retrouvé embarqué dans le courant islamiste : mère décédée, père alcoolique et absent, sans occulter son amour inavoué pour sa camarade qui l’a détruit psychologiquement.
Sheikh Jackson dans des dialogues forts et intenses résume les sociétés arabes d’aujourd’hui où règne une grande hypocrisie.
Pour être un bon musulman, il faut occulter la la musique, le cinéma, les arts car c’est “haram”. La femme est “l’objet” de tous les troubles. En reniant toutes ces beautés qui font notre humanité, notre culture, Sheikh Hani s’est perdu entre deux identités, sa personnalité. Il devient schizophrène. Ce film est une œuvre magistrale qui a usé de la dérision pour donner à réfléchir sur ces pays dont la population vit un énorme mal-être !
Par ailleurs, il à noter que cette première journée, le public a été gratifié entre autre par le premier long-métrage de Yasmine Chouikh Jusqu’à la fin des temps, et à la cinémathèque de la ville par la projection des documentaires Chahine, le cinéma et l’Algérie de Salim Aggar, et Taste of ciment de Ziad Khaltoum. Aussi, le public a pu découvrir deux films Fleur d’Alep et La boîte magique du réalisateur tunisien Ridha Behi, invité d’honneur de cette édition.
À noter que tout au long du FAFM seront proposées différentes productions de France, d’Algérie, d’Espagne, du Liban, Tunisie…avec des ateliers de formation pour les professionnels et amateurs du cinéma.

De notre envoyée spéciale à Annaba : Hana Menasria


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