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Culture / Culture

Barkahoum Ferhati à la fondation culturelle Asselah Ahmed et Rabah

“Si Alphonse Étienne Dinet m’était conté...”

L’auteure lors de la rencontre © Louhal/Liberté

L’architecte et auteure a animé à Alger une rencontre autour de son ouvrage Le musée national Nasr-Eddine Étienne Dinet de Boussaâda (éditions Inas).

Qu’il est difficile d’ouvrir un musée ! La faisabilité de la chose est d’autant ardue ! Surtout quand il s’agit de graver le nom de l’artiste peintre Alphonse Étienne Dinet au fronton du musée qui doit profiter à l’oasis du père bonheur. Outre qu’il faille satisfaire aux desiderata d’un cercle qui a fait main basse sur une administration locale aux ordres, il s’agit d’arrondir aussi les angles d’un cénacle où sévissent d’indéboulonnables ronds-de-cuir à l’esprit carré. 

Ainsi s’exprimait l’architecte Barkahoum Ferhati lors d’une conférence qu’elle a animée le 6 juillet à la fondation Asselah Ahmed et Rabah et dont l’essentiel de sa causerie est puisé de son livre Le musée national Nasr-Eddine Étienne Dinet de Boussaâda (éditions Inas 2003). Autant dire que c’est un cahier de chantier où la docteure en histoire et civilisations (Ehess Paris) a consigné au jour le jour la chronologie de péripéties qui différaient à chaque fois l’acte de bâtir l’ébauche muséale. Tant de tracas administratifs que l’enchaînement de causalités a tourné de front à l’acharnement d’une administration obtuse. 
D’où l’entêtement de la chargée de recherches au Cnrpah qui ne s’est pas découragée pour autant, puisqu’elle était rompue aux “anfractuosités” qui ont favorisé l’avancée inexorable du chaos urbain à la périphérie d’Alger et jusqu’à Boussaâda, a déclaré l’auteure du livre Le costume féminin de Boussaâda (éditions Mille Feuilles). “J’avais à cœur d’enseigner ne serait-ce qu’une esquisse de l’histoire d’une palmeraie andalouse et de lever le voile de l’oubli sur Nasr-Eddine Dinet. 

Pour ce faire, j’ai opté pour le dialogue que j’étayais à l’aide d’indices d’archives et de témoignages à même de conforter l’idée d’initialiser un dossier longtemps exclu de l’ordre du jour de l’administration”, a déclaré l’oratrice. Pis encore, l’inauguration du chantier en 1980 et inhérent à la mise en valeur de la maison en terre d’Étienne Dinet au lieudit Muamin était à l’arrêt pour des raisons saugrenues, a ajouté l’auteure. Donc, c’est fort de la confiance de la population boussâadie que Barkahoum Ferhati a repris son bâton de pèlerin ou plutôt son “T” d’architecte pour relancer, voire booster la cadence cahin-caha du musée d’“Essawar Erroumi” ou le photographe chrétien, désigné communément ainsi par la mémoire locale.

“C’est au nadi Ettaraqi ou le cercle du progrès d’Alger qu’Alphonse Étienne Dinet a embrassé l’islam sous la bénédiction de cheikh Tayeb El-Oqbi (1889-1960) de l'Association des ulémas et est devenu Nasr-Eddine Dinet en 1905. Mieux, c’est aussi l’auteur de la toile L'Arabe en prière qui a revendiqué une sépulture digne au cimetière musulman de Bobigny (France) pour les soldats algériens morts pour la France durant la guerre 1914-1918”, a souligné ce professeure à l’École supérieure des beaux-arts d’Alger. 

C’est dire l’itinéraire de Nasr-Eddine Dinet qui préconisa en 1907 l’ouverture de Dar Abdeltif aux artistes et à la pierre qu’il a apportée à l’édification de la mosquée de Paris en 1926. Pour rappel, l’artiste Alphonse Étienne Dinet a vu le jour à Paris le 28 mars 1861 et a trouvé son bonheur dans la palmeraie de Boussaâda où il gît sous sa qoba depuis l’an 1929. Au demeurant, l’œuvre grandiloquente de Nasr-Eddine reste à découvrir, et c’est l’exercice auquel s’est essayée Barkahoum Ferhati. Pour la circonstance, la galerie d’art Asselah s’est embellie des toiles de l’artiste aquarelliste Narimane Mezghiche qui est aussi l’auteure de Carnets de voyages : Promenades à Alger et à Constantine (éditions Dalimen 2012).
 

Louhal Nourreddine

 

 



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