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Culture / Culture

“L’oiseau de l’Afrique du nord” de Djamel Mohamedi

Tahar Hannache, le méconnu du cinéma algérien

© D.R.

C’est à l’occasion d’un heureux hasard, celui d’une rencontre avec la fille aînée de Tahar Hannache, que ce livre voit le jour. Reconstituer le parcours cinématographique du pionnier du cinéma algérien, celui qui n’a pas, selon Djamel Mohamedi, obtenu les égards de l’attention des médias, est la mission que s’est donné l’auteur dans L’oiseau de l’Afrique du Nord (Enag), à travers deux axes qui aiguillent tout le livre : son parcours cinématographique dans le cinéma français, mais aussi en Algérie. Pour ce faire, Mohamedi remonte le fil de l’histoire du 7e art nord-africain, qui éclot avec l’arrivée d’Alexandre Prumio, délégué par les frères Lumière en Algérie pour réaliser quelques documentaires sur la vie sociale à Alger, notamment à Bab Azzoun, Souk El-Arab et la place du Gouvernorat. 
Ainsi, entre 1903 et 1920, Prumio fit connaître les merveilleuses oasis féeriques de notre grand Sahara. En 1921, le film L’Atlantide, de Jacques Feyder, est tourné dans la région de Touggourt. 
Et ce n’est autre que Tahar Hannache qui y campa le rôle de l’Arabe aux côtés de Jean Angelo. Par ailleurs, l’auteur fait le compte rendu des prémices du cinéma national sous l’ère coloniale, qui a vu défiler des réalisateurs tels qu’André Higon, réalisateur du film Le terrible, auquel Hannache prendra part en tant que directeur photo ; J. Baroncelli avec Barocco, Le Roy avec Sous le soleil de l’Ouest ; Panache Sidonie (1934) d’Henry Wulschlger, qui attribua un rôle secondaire à Hannache, ou encore Le Bled, de Jean Renoir, tourné en 1929 entre Alger et Biskra. Fort de ces expériences acquises sous la houlette de réalisateurs français, Hannache créera, par la force de ses ambitions et de son talent, l’ébauche d’un noyau cinématographique algérien. “Il en sera d’ailleurs l’un des piliers techniques et artistiques, sinon un leader du cinéma algérien et arabe, ce qui nous vaut ici un grand hommage en l’honneur de ce cinéaste oublié parfois dans le répertoire du cinéma national”, écrit Mohamedi. Vers la fin des années 1935, Tahar Hannache est grandement sollicité par les réalisateurs français et devient directeur de la photographie. Il travaillera notamment sur les films Les mariages de Mademoiselle Lévy, d’André Hugon, Les anges noirs, de Willy Rozier, ou encore Prince de mon cœur, de Jacques Daniel-Norman. Après cette étape auréolée de succès, Hannache nourrit le doux rêve de devenir, à son tour, réalisateur. C’est chose faite en 1938 avec la création de l’entreprise de production Taha Films et son premier long métrage, Aux portes du Sahara. En 1951, il parlait dans une interview de son désir de créer un cinéma purement algérien alors qu’il tournait Les plongeurs du désert, à Tamassine (Touggourt), “le premier film créé par un Algérien pendant la colonisation française”, précise l’auteur. “Mais comme sa carrière et son legs, cette œuvre subit l’épreuve de l’oubli et de l’effacement, puisqu’elle est omise des répertoires du cinéma”, dit Mohamedi. 
L’autre élément qui consolida la naissance d’un cinéma national fut le déclenchement de la guerre de libération nationale, au cours de laquelle le GPRA créa une cellule qui mettrait en avant l’importance des sacrifices et l’oppression subis par le peuple algérien. 
Et c’est Djamel Chanderli et Tahar Hanache qui fourniront photos et vidéos à l’aide d’une caméra et d’un appareil photo équipé et prendront en charge, ultérieurement, le premier noyau du cinéma algérien.

Y. A. 
Djamel Mohamedi, L’Oiseau de l’Afrique du Nord, 
éditions Enag, 67 pages, 2017



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