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A LA UNE / Culture

SaÏd Ould Khelifa, commissaire du FAFM, à “Liberté”

“Trois films algériens seront en compétition officielle”

©D. R.

Le commissaire du Festival d’Annaba du film méditerranéen (FAFM) revient, dans cet entretien, sur les grandes lignes de cette 3e édition qui aura lieu du 21 au 27 mars.

Liberté : Le 3e Festival d’Annaba du film méditerranéen aura lieu du 21 au 27 mars. Quels sont les films sélectionnés pour cette édition ?
Saïd Ould Khelifa :
Nous avons reçu 427 films, et un total de 65 a été retenu pour toutes compétitions confondues : longs et courts métrages ainsi que des documentaires, et ce, en plus des films belges (hors compétition), car la Belgique est le pays invité d’honneur après le Chili et l’Iran. Pour cette édition, il y a 14 pays en compétition et l’Algérie participera avec trois films, notamment En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui. Il y aura également l’avant-première du film Les sept remparts de la citadelle d’Ahmed Rachedi ainsi que d’autres avant-premières. Concernant le jury, il sera présidé par Jacques Fieschi, l’un des meilleurs scénaristes actuellement, et qui est d’ailleurs sur le scénario d’un film algérien. Il y aura, également, au menu des films d’animation pour les enfants à la médiathèque. Ces séances marchent tellement bien, que nous avons décidé de faire une projection dans une vraie salle.

La Belgique étant le pays invité d’honneur, prévoyez-vous d’organiser des activités s’y rapportant ?
La Belgique ne fait pas partie de la Méditerranée ; comme invité d’honneur, nous choisissons toujours des pays hors bassin méditerranéen. À cette occasion, la Belgique tombe dans le bon sens car son cinéma était et est devenu très important grâce à la nouvelle génération prometteuse. La Wallonie Bruxelles a été un partenaire fiable depuis le début. Au programme, il sera projeté une dizaine de films. Seront également présents des réalisateurs libres qui proposeront leurs films tels que Noces de Stephan Streker, La famille syrienne de Philippe Van Leeuw et C’est tout pour moi de Nawell Madani. Par exemple, pour 2019, nous aurons la Finlande et les contacts ont déjà été pris avec les Finlandais et l’ambassadeur de Finlande. Nous essayons de montrer des cinématographies dont nous entendons parler, mais que nous ne connaissons pas très bien.

Cette année, vous proposerez au public une nouvelle section “La Méditerranée regarde le monde”. En quoi consiste-t-elle ?
Cette section a été créée pour offrir une ouverture sur le monde aux spectateurs. “La Méditerranée regarde le monde” parce qu’il y a quelques beaux films, de grosses productions que nous aimerions montrer au public. À cette occasion, nous aurons deux films, dont Les femmes de la rivière qui pleure du réalisateur philippin, Sheron Dayoc.

Le FAFM sera marqué entre autres par plusieurs hommages…
Un hommage sera rendu à Guy Bedos, qui a confirmé sa venue, lors d’une rencontre au Maghreb-Orient des livres de Paris, en février dernier. Il est content de venir, car il a vécu dans cette ville. Aussi, dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de Mouloud  Mammeri, nous allons présenter le film La colline oubliée. Une rencontre se tiendra autour de cet écrivain et anthropologue. Il y aura aussi des hommages à titre posthume à Mahmoud Zemmouri et Youcef Bouchouchi. Nous allons aussi honorer le comédien Hacène Benzerari.

Lors de la 2e édition, des formations ont été dispensées à de jeunes réalisateurs d’Annaba. Qu’en est-il de ces ateliers ? Et comptez-vous en organiser d’autres pour cette édition ?
Des ateliers de formation ont été animés par la Fédération des ciné-clubs tunisiens en direction de six jeunes d’Annaba. Suite à cet encadrement, six courts métrages ont été réalisés, ils seront projetés dans la section “Annaba Cinéma”. Pour cette édition, nous allons encore organiser des ateliers de formation pour les jeunes, mais aussi deux ateliers pour les professionnels, qui seront animés par de grosses pointures du cinéma belge. Le premier s’articulera sur le duo réalisateur-directeur photo, et le deuxième sur le documentaire. Ce sont des ateliers à ne pas rater, car c’est l’occasion rêvée de rencontrer des encadreurs de ce niveau qui viennent le faire bénévolement. Par ailleurs, nous allons organiser une deuxième session des mêmes ateliers à Tizi Ouzou, s’il y a un accord de partenariat avec le Festival du film amazigh.

Quelles sont les nouveautés de cette année ?
Nous allons faire quelque chose d’unique et qui n’a jamais été fait auparavant. Ahmed Zir, l’un des pionniers du cinéma amateur, a trouvé des images d’Annaba datant des années 30, et il a réalisé un court métrage de 12 minutes, que nous allons projeter sur un mur peint en blanc, dans un quartier de la ville en restauration. Cette projection sauvage mais organisée, aura lieu le soir. Aussi, à la clôture, tous les films primés seront rediffusés le lendemain. Autre nouveauté, le festival se prolongera à Alger, avec le CADC. Nous allons organiser le cycle Alger accueille Annaba, où sera présentée une sélection de films.

L’année dernière, il y a eu une polémique sur les réseaux sociaux et dans la presse à propos d’un film déprogrammé. Avez-vous pris des dispositions pour éviter les problèmes de communication ?
Les réseaux sociaux, pour moi, ce n’est pas de l’information mais du commentaire. Je ne peux empêcher un commentaire. Si une personne pratique du journalisme sur les réseaux sociaux ce n’est pas à moi de lui apprendre qu’on doit vérifier sa source. On peut expliquer aux journalistes les raisons de l’annulation. On ne peut pas dire que tel réalisateur n’est pas venu parce qu’il a imposé telles exigences, on peut en parler et donner l’information et non pas en faire un événement car le festival doit continuer. C’est au journaliste de faire son travail, de vérifier, de poser la question et ensuite d’en tirer des conclusions. Personne ne sait que nous payons 90% des films que nous rapportons des pays. Les négociations commencent à 1 200 euros pour une projection, nous n’avons jamais eu à prendre des films à ce prix, mais nous perdons du temps à négocier.   
Pour moi, aucun film n’est indispensable et les meilleurs films doivent être à Annaba, il n’y a pas qu’un meilleur film mais plusieurs “meilleurs films”. Mon souci est de trouver le moyen de payer ces films à un prix abordable. Il faut que les gens sachent que les films ne sont pas gratuits. Ce phénomène date depuis l’apparition des vendeurs internationaux.

Le FAFM est à sa troisième édition. Comment se positionne-t-il par rapport aux autres festivals dédiés au cinéma ?
Nous ramenons les meilleurs films datant des deux dernières années. Car au niveau de la Fédération internationale du cinéma, il y a des critères et pour être un festival reconnu nous devons répondre à certains de ces critères. Un jury ne peut pas juger un film qui a plus de trois ans. Il est reconnu et cette reconnaissance me permet d’avoir une certaine crédibilité pour pouvoir demander des films. Cette année, 60% des films nous ont été proposés, cela ne veut pas dire que nous ne courons pas après les films, mais 60% c’est déjà bien. Nous sommes à trois ans d’âge et le public répond toujours présent. Quand dans une salle de 680 places il y a 650 personnes, on se dit que la partie est gagnée.

L’entrée sera-t-elle payante cette année ?
Oui. L’année dernière, nous avons fait une billetterie payante à 50 DA,. Je pense que c’est important que le spectateur se sente impliqué. Cette année aussi ce sera payant, je n’ai aucune idée du prix, ce n’est pas moi qui décide de cela. Mais ce sera un prix symbolique, il y aura des abonnements pour dix entrées.

Entretien réalisé par : Hana Menasria


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