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Culture / Culture

Projection des films “Corps étrangers” et “Demain dès l’aube” au Fifog

Tunisie : entre révolution, harga, et désillusion

© D.R.

Le 12e Festival international du film oriental de Genève a programmé deux longs-métrages tunisiens, mardi, à la Maison des arts du Grütli.  Ces œuvres de Raja Amari et Lotfi Achour abordent différentes thématiques, notamment la période post-révolution et la migration clandestine en Europe.

La Tunisie était à l’honneur lors de la deuxième soirée des fictions en compétition officielle au Fifog. À travers deux longs-métrages, le public genevois a pu découvrir une société avide d’espoir, où sa jeunesse essaye d’avancer et de surmonter les obstacles malgré les difficultés qu’encourt le pays avant et après l’ère Ben Ali. Ces œuvres projetées, mardi, lors de ce 12e Festival international du film oriental de Genève sont Corps étranger de Raja Amari, et Demain dès l’aube de Lotfi Achour. Pour le premier long-métrage, d’une durée de 92 mn, (sorti en 2016), la trame du film aborde un sujet d’actualité, notamment “el-harga”, dans les pays du Maghreb. Samia (campée par l’excellente comédienne Sarra Hannachi), une jeune Tunisienne, décide de quitter son pays pour rejoindre l’Europe. Arrivée à Paris, elle se réfugie chez Imed (Salim Kechiouche), un ancien voisin de son village, qui bosse dans un bistrot. Ambitieuse et déterminée à obtenir ses papiers, Samia trouve un travail au noir chez Leïla (Hiam Abbas), une bourgeoise dont le mari vient de décéder. À partir de ce moment-là, le spectateur se retrouve dans un méli-mélo entre ces trois personnages. Imed l’amoureux en transit, Leïla la veuve en manque d’affection, et Samia la femme fatale, prête à tout sacrifier pour arriver à ses fins. La magie de ce film réside dans le personnage de Sarra Hannachi, qui a magnifiquement joué son rôle, tantôt sincère, d’autres fois manipulatrice… le spectateur est partagé entre la tendresse et le dégout pour cette fille qui profite de la gentillesse et de la vulnérabilité de sa patronne. La réalisatrice a également offert de très beaux plans et a su ficeler avec brillance la narration de son film. Corps étranger peut sembler une histoire banale : une jeune femme qui fuit son pays à cause de son frère radicalisé ; Imed, l’ancien extrémiste qui se convertit en barman, et la petite bourgeoise en manque de distraction… mais ce n’est nullement le cas, ce film est une belle fresque poétique qui remet en cause le système “pourri” des pays en conflits et dont la misère pousse ces jeunes à se surpasser et dès fois à les détruire.

“Demain dès l’aube” : une Tunisie hantée par ses démons
Suite à la révolution tunisienne de 2011, de nombreux réalisateurs se sont inspirés de cette période pour raconter les enjeux de ce printemps arabe ; parmi eux, on peut citer Lotfi Achour avec son film Demain dès l’aube, à travers lequel sont mêlés enquête policière, combat pour la liberté, et solidarité. Tout commence le jour de la fuite de Ben Ali.  Trois jeunes incendient un commissariat ; alors pour ne pas se faire arrêter, ils se planquent sur une terrasse. Suite à cet évènement, leur vie va complètement basculer.
Entre flash-back et présent, le réalisateur nous plonge entre deux périodes, celle du “commencement” un certain 11 janvier 2011, et dans une Tunisie en post-révolution. D’une forte amitié, les trois acolytes sont liés d’un grand secret, qui, d’ailleurs, empiète sur leur quotidien. À travers ces personnages brisés et désillusionnés, le réalisateur raconte avec violence et humour cette Tunisie hantée par ses démons : ces jeunes qui, des années plus tard, se voient rattraper par leur passé ; ce flic paralysé lors des émeutes (n’était en fait qu’un violeur dont le boulot principal était de frapper au fer les gamins), la montée de l’extrémisme… et ce, sans tomber dans les stéréotypes. En somme, dans Demain dès l’aube, Lotfi Achour pousse à la réflexion, au questionnement sur ces sociétés en construction.
Après cette soirée tunisienne, le Fifog devait dédier, dans la journée d’hier, sa programmation à l’Algérie avec la projection du film d’animation Tales of Africa de Djilali Beskri, et les fictions Chroniques de mon village de Karim Traïdia, et Timgad de Fabrice Benchaouch. À noter que le festival se déroule jusqu’au 9 avril dans différentes régions suisses.  


H. M.

 


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