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Culture / Culture

Auteurs, historiens et acteurs culturels se confient

Un confinement sur fond de questionnements

Karima Berger, auteure algérienne © D. R.

Cette crise sanitaire planétaire, qui sévit en s’attaquant férocement au corps humain où qu’il soit, indifférent aux origines, non soucieux de savoir s’il est riche ou pauvre, travailleur ou chômeur, logé ou sans abri, malade ou sain de corps et d’esprit…, a complètement bouleversé l’humanité et constitue une sorte d’arrêt sur images.

Des images violentes et tragiques de milliers de personnes qui perdent la vie, laissant leurs familles endeuillées, traumatisées et obligées de taire cette souffrance dans un confinement douloureux, surtout lorsqu’elles ne peuvent même pas leur dire adieu.

Cette situation est vécue différemment, et ce confinement, cet isolement forcé a donné à beaucoup le temps de réfléchir, un temps de questionnement de soi, comme nous le confie Karima Berger, auteure algérienne vivant en France, qui devait animer une conférence à Alger sur le vivre-ensemble fin mars, mais qui a été annulée.

“C’est un confinement  aux  confins  de  soi-même, enfin  silence, inactivité, absence d’agitation ; en moi s’est ouvert dans une sorte de recueillement silencieux un espace où je me sens orientée vers ceux qui souffrent ou qui en meurent. Ce n’est pas une volonté morale, ou de bienséance, ou de bonne éducation, je n’ai rien voulu ; s’est imposée cette pensée pour cette humanité abîmée”, a-t-elle confié.

Et d’ajouter : “Certes, cette maladie atteint la chose la plus vitale en nous, les poumons, mais c’est surtout le souffle qui est menacé, un souffle qui depuis longtemps n’a plus de place. Et c’est ce souffle qu’il nous faut retrouver dans ce recueillement silencieux. Cela arrive au printemps où le souffle renaît dans la sève de chaque créature, arbres, fleurs, terre et... humains.”

Hacène Metref, organisateur du festival Racont’Arts, souligne : “J’ai vécu le confinement au départ difficilement car j’angoissais, moi qui reste très peu à la maison. Mais  on  finit  toujours par s’habituer à toutes les situations en s’adonnant à d’autres activités comme  la lecture, l’écriture  et  regarder des films.” 

Quant  à  Malika  Chaâlal, directrice  des éditions  Media Index  d’Alger, elle précise aussi à ce propos : “Je passe mes journées entre la cuisine, la lecture et la télévision.  Je sors très peu. Pour ce qui est du travail d’éditeur, l’année 2020 est et sera catastrophique à plus d’un titre (…)”  

Pour Ouarda Baziz Cherifi, auteure et poète dans l’âme, on retient cela : “Je n’oserai pas dire que ma vie d’avant-corona me manque car elle est toujours debout (…) Mais demain, quand aujourd’hui ne sera plus là (demain) nous irons puiser dans nos âmes narcissiques notre dernière chance de devenir des humains angéliques (...)”

De son côté, Abderrahmane Khelifa, historien et auteur, nous précise : “Vous savez, le confinement est un moyen de protection qui vient du Moyen-Âge. Dès qu’on sait qu’il y a  un  virus  qui circule, on reste chez soi  pour s’en protéger et laisser  passer. Maintenant  tout  dépend  de comment et  dans quelles conditions est vécu ce confinement.

Ceux  qui  n’ont  pas  d’occupation  le  vivront  très  mal  et  des  actes  de violence peuvent en découler dans les couples ou les foyers en cas de mal-vie ou d’exiguïté par exemple. Moi, je travaille à écrire mes textes, à ranger mes archives et à continuer mes recherches sur l’archéologie, ce domaine qui me passionne toujours autant.”

Et  pour  beaucoup  de  gens,  au-delà  de  la  peur,  du  stress  et  des changements d’habitudes que cette crise sanitaire a engendrés, ce sont aussi des moments de retrouvailles en famille où parfois ce sont trois générations qui se rassemblent sous un même toit, à devoir occuper le temps avec du partage et de la transmission. Partage du savoir-vivre et transmission de plats culinaires, de contes populaires et d’histoires millénaires…
 

Samira BENDRIS-OULEBSIR

 


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