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Culture / Culture

Projection de “Héros invisibles” et “Soy Nero” à la salle El-Mougar

Un engagement pour “le rêve américain”

Affiche du film Héros invisibles. © D.R.

Dans le cadre du 7e Fica, la salle El-Mougar a abrité, lundi, la projection de deux films : Soy Nero, de Rafi Pitts, et Héros invisibles, d’Alfonso Domingo et Jordi Torrent. Le premier est une fiction, et le deuxième un documentaire, mais ces deux œuvres partagent les mêmes thématiques : celles de l’immigration clandestine et de la ségrégation raciale. Le doc Héros invisibles (Espagne /USA, 2014), d’Alfonso Domingo et Jordi Torrent, revient sur le parcours des Afro-Américains durant la guerre civile en Espagne. À travers les témoignages d’historiens et des extraits d’interviews (images d’archives) d’anciens protagonistes ayant participé à cette guerre, les documentaristes ont mis en lumière un sujet longtemps resté méconnu du grand public. En fait, durant cette période, exactement en 1936, pas moins de 50 000 volontaires d’une cinquantaine de pays ont défendu, par solidarité, le pays contre le régime de Franco. Mais, dans ce film, les réalisateurs ont mis en exergue la participation des soldats américains, notamment la communauté noire, qui a combattu contre le fascisme. “Sur les 2 500 volontaires américains, il y avait entre 80-90 d’origine africaine. La majorité de ces soldats ne savaient pas magner une arme. Ces hommes étaient des fermiers ou des ouvriers”, a indiqué l’un des protagonistes du film. Parmi ces gens, on peut citer James Yates, dans une interview (datant des années 1980), il explique qu’une grande partie de la communauté noire s’est révoltée en voyant ses “frères” tués dans des bombardements en Éthiopie par l’armée italienne. Outre la solidarité, ces Afro-Américains ont décidé de rejoindre le front, car aux États-Unis, il subsistait toujours un climat de racisme, et les gens de couleur étaient méprisés par les Blancs. “Nous avions l’impression de ne pas être à notre place”, a-t-il confié dans le doc. À cet effet, ils ont décidé de rejoindre la “brigade internationale” pour défendre la République espagnole.  Héros invisibles raconte les épreuves endurées par ces gens longtemps dénigrés, mais il démontre aussi que l’homme est capable d’humanisme. “Dans la brigade Lincoln, où se mêlaient tous les gens de couleur, il n’y avait pas de distinction raciale. Ils étaient tous mélangés et ils se battaient pour la même cause. Et c’était rare à cette époque de voir un blanc prendre une photo avec un noir…”, a expliqué un historien. Malgré leur engagement dans cette guerre, une fois rentrés aux USA, les Afro-Américains étaient toujours victimes de racisme et de dénigrement.  
Quant au long-métrage mexicain Soy Nero (2016, sorti en Europe en septembre dernier), du réalisateur iranien Rafi Pitts, il revient sur Nero, un mexicain qui a vécu sa jeunesse aux États-Unis, avant de se faire expulser au pays d’origine de ses parents. De retour au Mexique, il se sent comme un étranger, alors il décide de franchir la frontière clandestinement pour retrouver sa vie d’avant. Durant son périple, il rencontre des personnages farfelus, et finit par rejoindre son frère à Los Angeles. Suite à cette traversée, ce jeune de 17 ans se rend compte que la vie de clandestin rime avec misère et angoisse. Pour avoir une vie décente, il s’engage dans l’armée, afin d’obtenir la nationalité américaine (les Green Cards Soldiers, régiment de l’armée américaine qui permet à un immigrant clandestin de s’installer légalement aux USA). Dans cette fiction, le réalisateur dédie son œuvre à ces immigrants contraints de se battre pour une guerre qui n’est pas la leur, et ce, dans le seul but de devenir américain. Ces deux films aux sujets si différents dressent un tableau noir sur l’humanité. Des communautés qui, pour la couleur de leur peau, sont contraintes de quitter leur pays, d’abandonner leurs racines pour s’engager dans des guerres afin de se faire une place au paradis, et gagner l’estime des Blancs.


H. M.

 


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